Vieux bonhomme média, Fred Forest s’enorgueillit de posséder toutes les pièces de cette rétrospective et se moque complètement que l'on qualifie son Art d'art social (ou sociologique) proche d'une esthétique relationnelle souvent désuette. Cet artiste multimédias, ça c'est sur (il n'y a qu'à remarquer le nombre affolant de supports de travail) est aussi un artiste transmedias qui à travers une œuvre imposante a dessiné très tôt les contours de nos rapports contemporains avec non seulement les images de demain, mais avec les médias qui les manipulent. Père du Mètre Carré Artistique, premier artiste à vendre du virtuel en salle des ventes, hier il critiquait wall street ou la politique d’Acquisitions, obscure du Centre Pompidou, L'homme médias... est L'ennemi public numéro 1 des institutions. Car cet universitaire est avant tout un hacker, un hacktionniste, un activiste, un provocateur qui utilise les outils de ce qu'il critique en usant des mêmes canaux, des mêmes artifices jusqu'à faire exploser les limites des médias et de leurs insupportables leviers. Avec lui la performance est un cri, car Forest reste une vigie des temps modernes. ball-printFF.jpg Mais comme des médias (et de leur caractère éphémère) on peut se demander ce qui restera des œuvres de Forest après Fred Forest ? Cette exposition en est une trace mais les stigmates les plus importants sont cCee que toutes SES actions laissent dans notre vie. Quelqu'un a dit que la philosophie aidait à vivre au quotidien et bien l'art de Forest nous aide à vivre demain. Rencontres_Le_Monde_Jesus_copie_2.jpg Pourtant cet artiste vit en marge, sur second life et sur les réseaux, boudés par les institutions et un marché de l'art qu'il mets au pied du mur. car si "L'art est un marché pour vendre !" disait Andy Warhol l'artiste qui a su devenir Star. "Un artiste doit avoir un travail à côté... revendique Fred Forest, Artiste n'est pas un vrai métier !". Cette rétrospective vient le contredire car s'il ne s'est senti artiste car toute sa vie l'art a été le vrai métier de Fred Forest.