Installations insitu, œuvres virtuelle, Néguentropie joue avec l’histoire de Maubuisson, joue avec la force de son architecture, en nous livrant son sable comme autant de restes d’une histoire d’un lieu érrodé par l’Histoire. LamouEx1.jpg LamouEx6sable.jpgLamouEx3visit.jpgLamouEx2.jpg Comme une gigantesque sablier, l’abbaye distille ainsi son art précieux. Car cette manipulation structurelle qui se déploie sous les pas du visiteur, cette métamorphose du lieu, Lamouroux l’a déjà expérimenté tout au long d’une jeune carrière explosive (Sol06, Sédiment, par exemple). C’est le Pentacycle qui a lancé Lamouroux. Cette machine destinée à pédaler le long de la structure abandonnée du Monorail Bertin, prototype d’aérotrain qui «vola» à 470 km/h dans les années 70 et fut tué par le TGV. Imaginé avec Rafael Zarka (injustement oublié) le Pentacycle à propulsé Vincent Lamouroux dans le monde de l’art. Filmé par Arte, coqueluche des groupies de l’art, choyé par les institutions, Lamouroux travaille avec des structures de bois, de l’acier et des néons. A intérieur comme à extérieur il déploie un travail insitu qui dialogue avec les lieux qu’il phagocyte. Un travail qu’on pourrait qualifier de land art inversé. Car si Lamouroux observe la nature, il la nie. LamouEx5art.jpg A Maubuisson, on imagine Vincent Lamouroux en dialogue avec le lieu et dans une refonte des rapports architecture/sculpture… Et s’il est vrai que Néguentropie dialogue avec l’esprit du lieu. C’est l’histoire de Maubuisson qui nous explose au visage. L’abbaye offre son histoire à Lamouroux qui le lui rend bien. Car c'est l'Histoire qu’il sculpte à travers ce gigantesque sablier.  On avait trop associé Lamouroux à ses maîtres : Venet, Flavin, Kawamata, Buren… et à certains de ses contemporains (Vaillant, Ultralab…) sans trouver un vrai sens à un plasticien qui nous avait habitué à une sculpture du vide. Ce mois de septembre 2012, par exemple, annonce encore une sculpture réalisée dans les airs à l’aide d’un petit avion de touriste. Annonce qui est apparue comme la dernière bonne blague. Seuls les heureux promeneurs présents lors de cette performance aérienne (sans doute filmée) pourront (peut-être) admirer la nouvelle prouesse virtuelle de Vincent Lamouroux pilote (il n’est pas le premier… mais on pensait la chose entendue). Après le sable, Lamouroux sculpte du vent ; attention au vide dangereux des abysses ! LamouEscagot5.jpg Pourtant Néguentropie reste la bonne surprise du moment. Ici, notre apprenti sorcier de la sculpture contemporaine, petit prince du monde de l’Art des salons et des collectionneurs, dépasse son statut de funambule des arts plastiques pour aller au bout de ses rêves… celui d’être notre marchand de sable. Bonne nuit les petits !