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7 fois plus à l’ouest est la Re Lecture d’une expérience in situe réalisée cet été sur 7 sites Bretons, 7 curiosités 7 nuits d’Armorique que notre Breton Ré expose en installations Vidéo/Lumineuses. Un phare solitaire, une grève battue par les vents, les ombres des monolithes de Carnac, des algues flottant au grés des courants, une roche respirante, toutes les images du monde en radomes et une Chrysalide de Pierre, pendant 7 nuits, Yann Kersalé sculpte 7 contes contemporains sur SA Bretagne. Il les filme in situe et nous en offre 7 mise en abîme, 7 propositions de nous immerger dans une nature à laquelle il redonne sa magie ancestrale. Que c’est beau la Bretagne la nuit ! ITW

- Qui êtes vous Yann Kersalé ? - Je suis Breton par le sensible et c’est profondément ancré au fond de moi. Je suis un breton de Douarnenez, donc très au bord de l’atlantique ouest. J’ai beaucoup été en mer et en parallèle aux beaux arts. Je ne sais pas si l’association des deux a joué !… Je crois faire de la sculpture. Même s’il me semble que ce terme un peu usé n’appartienne qu’à Rodin ou éventuellement au dernier grand qu’était César. Mais je pense que je suis aussi sculpteur que peut l’être Christo ou que veut l’être Walter De Maria ou d’autre contemporain plus multimédias.

- On a l’impression que vous vous situez entre l’architecture et la sorcellerie, comme une sorte de magicien ? - La magie vient probablement de ma recherche fondamentale qui est le coté face de ma posture artistique, le côté pile restant la recherche appliquée au service des architectes et paysagistes. Cette magie vient des années 70 où cette idée basique qui consiste à garder une notion de fragilité à une œuvre… c’est à dire d’en faire quelque chose de pas forcément définitif ! Tout ça rejoignait les pensées de l’époque des premiers taggeurs, des premières interventions urbaines. Il y avait même d’autres artistes qui étaient sortis des leur atelier, comme Ernest Pignon Ernest que j’admire profondément pour sa façon de travailler sur une œuvre qui n’est pas forcément définitive. Surtout que lorsque l’on pense sculpture, on pense Bronzes sur Socles. Et il y avait quelque chose à inventer !

- Pas forcément il y a eu des œuvres virtuelles avec de la lumières comme (entre autre) Michel Verjux ! - Oui, Verjux est un bon exemple de travail d’une forme radicalement conceptuelle. Verjux je l’ai vu dans des musées, il laisse des traces lumineuses dans des lieux clos, un peu comme moi ici à la fondation EDF. Mais il utilise la lumière, à la différence de ceux qui, comme moi, utilisent la nuit ! J’ai toujours cherché à prendre la nuit comme matière première, comme fond de base de mon travail… et donc accessoirement la lumière artificielle pour repartir à la découverte des formes visibles telles que le soleil veut bien nous les faire apparaître de l’aube au crépuscule de façon obligatoire et automatique. Et finalement quand ce soleil disparaît ça me donne un support, une matière de travail qui est là, disponible, juste le temps de son absence.

- Comment peut-on expliquer que 99% des gens voient en vous un artiste de la lumière et non de la nuit ? - Je ne sais pas, ça fait parti des clichés, surtout que l’on pourrait beaucoup disserter sur l’éclairage urbain tel qu’il prolifère aujourd’hui avec une espèce de violence et d’augmentation insupportable de sources (caméras de surveillance obligent). Avec une banalisation lumineuse des monuments historiques que je dis être « sodiumisés ». Parce qu’ils sont tous mis en valeur avec une espèce de lumière jaune qui prétend faire riche et sacré. Cette sorte avec de dorure lumineuse est insupportable car il n’y a pas de lumière historique. Cette mode vient des expériences tentées à la fin des années 80 à Lyon sur certain monuments. Elle est devenue la règle. Et cette lumière formatée est le fait de gens qui travaillent la lumière et surtout pas la nuit. Moi, je travaille bien du crépuscule à l’aube. Et plusieurs de mes installations le démontrent très très clairement. Il y a toujours du sens dedans et du tempo. Et même du rythme, des lumières apparaissent et disparaissent au cours du temps de la nuit avec des respirations et des pulsions de certain objets en fonction de ma narration.

- Alors comment expliquez vous cet amalgame ? En fait, s’il y a erreur d’analyse c’est parce que ce sont des camarades de jeux architectes et paysagistes qui ont été mes commanditaires en lieu et place des acteurs du monde de l’art. Car je n’ai jamais cherché à avoir cette reconnaissance du monde de l’art tel qu’il se déploie entre le Palais de Tokyo et Beaubourg, et donc j’ai eu peu de possibilité de montrer mon travail sur la nuit dans les lieux consacrés à l’art. Par contre des complices et des comparses comme jean nouvel, Helmut Jahn, Rudy Ricciotti, Anne Laccaton et Jean Philippe Vassal ou Jakob & MacFaralane et j’en oublie… des architectes ou des paysagistes comme Michel Desvigne ont été mes mécènes mes commissaires et mes musées.

- Donc vous n’êtes pas représenté dans les Musées ? - On ne m’y a jamais invité ! Mais ce n’est pas grave ! De toute façon même jeune je n’ai jamais eu envie de courir la rue de Seine (puisqu’il n’existait que ça à l’époque comme rue de galeries) avec mon carton sous le bras pour expliquer que j’étais un artiste contemporain qui allait faire des étincelles dans son futur ! je n’ai pas cherché à passer dans le marché, surtout au prix, où je vois les œuvres aujourd’hui. Et je ne le cherche surtout pas aujourd’hui !

- Vous vous êtes mis au service d’autres créateurs ? - Je me suis mis (en tous les cas) dans une situation peut-être de danger artistique. Mais d’un autre côté de confort et de liberté (par rapport à ce milieu de l’art). Car les personnes à qui j’ai à faire, même si ce n’a pas toujours été facile, ont accepté le protocole que je proposais (comme une espèce de chercheur ou de scientifique). Protocole de créer une œuvre sur la leur. C’est en tout les cas ce qu’a accepté Jean Nouvel comme les autres. Même si de temps en temps Jean me répète : « n’oublies pas que c’est moi le commanditaire ! ». Et moi je lui répond sans cesse : « je ne crois pas qu’aucune des œuvres que j’ai créé sur les tiennes étaient en contrariété avec tes idées ! ». Donc c’est un peu comme si l’on composait un tableau à plusieurs. Il y a eu des expérimentations d’assemblages à l’époque des surréalistes. Cette posture sonne comme ça, c’est un assemblage.

- Le Bauhaus prônait d’ailleurs cette association d’arts et cet assemblage de compétences ! - Exactement ! mais moi je ne veux pas faire que ça !

- Vous ne rentrez pas sur le 1% architectural, vous êtes dans le projet architectural dès le départ ? - Je suis directement appelé par l’architecte pour un travail qui fait partie de l’architecture globale. Parfois on est même 2. Avec Gilles Clément on est cosignataires du Musée du quai Branly avec Jean Nouvel. Bien entendu c’est l’architecte qui a la part la plus importante de la chose parce que c’est sur son architecture. Mais là, Gilles a fait la totalité du parc et moi j’ai réalisé le lac virtuel dans le parc de Gilles en sous face du bâtiment de Jean. Donc au départ on s’est bien mis tous les trois autour d’une table pour créer cette œuvre. Et c’est cette œuvre qui a été lauréate du concours. On l’a gagné tous les 3. Et ni Gilles, ni moi ne sommes associés à l’œuvre de Jean comme simples consultants.

-  Vous pensez être un des premiers artistes à travailler sur la nuit ? Comment avez vous découvert le médium nuit ?

- Ce n’est pas mon caractère de prétendre être le premier. J’ai tout simplement été de mon époque… j’en suis arrivé à travailler la « nuit » par un subterfuge étrange. J’avais fait de la gravure et je m’étais attaqué à la manière noire . La manière noire est une forme inversée de la gravure où l’on fait d’abord sa plaque en noir pour ensuite enlever les barbes qui accrochent l’encre avec un brunissoir et redonner du blanc. Un petit peu comme la Carte à gratter de notre enfance. Donc c’est bien de l’ombre dont on parle, on ne peut pas dire de la nuit interstellaire ou interatmosphérique… Car le vrai noir n’existe pas sur notre planète. Il y a toujours des lueurs, particulièrement lors de la pleine lune. On a des nuits plus sombres que d’autres, mais le noir absolu n’existe pas et surtout pas dans les villes où on ne peut plus voir les étoiles, parce qu’on a une espèce de calotte lumineuse qui est provoquée par la trois choses : la démultiplication des réseaux autoroutiers éclairées. A ceci s’ajoutent les façades qui sont éclairées par les luminaires des urbains souvent jusqu’au 3e étage des immeubles. Et puis les grandes enseignes et vitrines commerçantes. Mais jamais à cause de mes œuvres ! KERSALAlgues1.jpgKERSALalgues2.jpg

- Vous parliez de gravure, on pourrait même parler de litho. - La litho, oui ! peut-être ! Mais la manière noire c’est vraiment physique.

- Vous vous imaginez comme graveur de la nuit ? - On peut le dire, sauf que la gravure reste plane comme la peinture, et moi c’est plutôt dans la sculpture que ça m’intéresse d’intervenir. Parce que si on reste sur le travail technique, effectivement on fait juste un parallèle parce que ma manière noire à moi est l’ombre. C’est à dire le moment où le soleil s’en va et ça jusqu’à l’aube, jusqu’au retour de ce soleil qui va redonner à voir des tas de formes et d’objets. Et ce qui m’intéresse aussi à provoquer chez le spectateur c’est un déplacement. C’est à dire que le spectateur devient aussi l’acteur de l’œuvre. Sinon j’aurai fait du cinéma ou du théâtre et je convoquerai mes spectateurs à un seul point de vue assis. Mais ce qui m’intéresse c’est qu’il y ait des déplacements presque cinématographiques et surtout que ce cinéma soit fait par les spectateurs. Car je suis de la génération cinéma, en plein dans le monde de l’image en mouvement, et du début de la Télé. J’ai l’âge de tout ça et du coup je peux facilement me projeter comme n’importe quel autre téléspectateur qui connait le B,A Ba des techniques du cinéma ou du cadrage. Donc, ce qui est intéressant à faire si on veut apprécier mon boulot, c’est de s’y déplacer dedans (comme moi je peux le faire en le réalisant). Il faut aller prendre des cadres, car il n’y a pas d’interdits, il faut se déplacer et c’est aussi pour ça que je ne fige personne avec du son.

- C’est une immersion physique totale ? - Oui, on bouge dans un univers ! on cadre, on se fait des zones, on se fait ses propres travelling, on fait zoom et des close up.

- Vous parliez de couchers et de levers de soleils, ces moments là sont les génériques qui encadrent vos œuvres, le rideau de votre petit théâtre ? - C’est ça la fragilité de l’œuvre. En tous les cas quand j’avais 20 ans je trouvais que c’était une forme de provocation ultime, c’était assez situe, assez virtuel, et on ne pouvait pas l’avoir dans son salon, même si je suis intervenu dans le salon ou le parc de certain collectionneurs… et même dans ce cas, l’œuvre ne peut fonctionner que le soir.

- En fait c’est une œuvre virtuelle qui utilise les technologies nouvelles ? - Virtuelle, car dans tous les cas elle est active qu’un seul laps de temps ! Et les nouvelles technologies sont nouvelles jusqu’à être rattrapées par d’autres. Mais ça aussi c’est un grand débat. Des discussions qui m’ont toujours fait rire entre la « matière noble » et la « matière non noble ». Et si aujourd’hui ce débat est un peu dépassé il faut se rappeler que dans les Ecoles des Beaux Arts dans les années 71/72, même après 68 il y avait encore des grandes discussions sur le sujet. KERSALkarnak2.jpgKERSALkarnac1.jpg

- La « nuit » c’est bien beau ! mais qu’est-ce qui vous inspire ? Comment commencez vous une œuvre ? Quels sont vos exemples ? - Cette exposition est une boite noire, qui est peut-être la 8ième nuit crée pour les 7 installations éphémères et nocturnes qui peuvent alors fonctionner toute la journée. Je voulais faire 7 installations pour 7 jours de la semaine. La Bretagne est une terre qui est en mouvement perpétuel. Sans être autonomiste, ce qui m’intéresse, c’est le fondement même de ces tributs qui sont arrivées sur cette pointe qu’elles ont appelé Penn ar Bed (le début du monde) - qui est aussi le nom du Finistère, ndlr. Mais je me suis aperçu que ces Celtes, comptaient les semaines en 8 nuits et leur hiver commençait en janvier. Ce qui m’a permis de boucler la boucle ; et ça me plait bien de me retrouver dans mes racines bretonnes où tout est inversé. J’adore ça ! ça veut dire qu’on n’est pas obligé de compter tous pareil et qu’il y a toujours ce jeu sur le rapport de l’inversion. Ce qui m’amène à mes grands exemples, qui sont entre Deleuze et Baudrillard avec un peu de Deborde. Il y a tout ce jeu de travail sur ces choses qui sont de l’évidence, mais qu’on ne voit pas forcément comme une évidence, sur Le rapport miroir, le rapport inversé. Et donc mes inspirations sont plutôt dans les détournements situationnistes. Plus exactement des détournements de situation, pour ne pas faire l’amalgame.

- Ce sont des situations qu’on vous propose ? - Oui, et que souvent je détourne. C’est à dire que les expérimentations que vous voyez dans l’exposition de l’espace EDF j’en ai de nombreuses qui n’ont pas été présenté sous cette forme et qui sont resté à l’état d’embryons, d’esquisses ou de maquettes. Et parfois sont très loin, et/ou en pourparlers comme mon travail sur le radio télescope de Puerto Ricco ou sur la base désaffectée de Cap Canaveral. Des projets qui n’ont pas toujours été à terme mais qui ont toujours été des expérimentations dans lesquelles je peux tout de même m’y retrouver comme à travers des commandes pour des architectures, des paysages des villes. Je recycle alors mes expérimentations et je les mets en application.

- On pense souvent que votre travail est inspiré de la nature ou du paysage comme ici à EDF, mais en fait c’est l’Histoire, l’histoire des choses et des gens qui vous intéresse ? - Plus exactement l’histoire des choses. Mais qui peut aussi bien être dans la nature que dans une nature fabriquées par l’homme. On le voit ici chez EDF, cette exposition présente au sous sol de la construction pure (le Radome et des ruines) jusqu’à des installations très lointaines comme les alignements de Carnac. Et après des trucs qui sont totalement de la nature (végétale, Minérale, aquatique).

- Mais dans cette exposition c’est une RE construction, une Re constitution d’œuvres en installation vidéo ? - Oui, mais si on regarde le petit film qui accompagne l’expo et qui relate la mise en place de ces œuvres in situe le jour, afin que la nuit change ce lieu, on verra que je montre des images du site le jour, pour souligner ce que ça devient la nuit grâce à cette manipulation de lumières. Et donc ce qui est dans cette exposition n’est que la « mise en abîme » de cette capture que j’ai faite in situe de mon expérimentation des nuits bretonnes. C’est à partir de cette base filmée en vidéo de 5 heures de matière capté des lumières, que l’on a réalisé ces installations à Paris. C’est à dire que cette mise en abîme de ce travail, de la vision de ce travail, est une fois de plus le miroir du miroir. KERSALphar2.jpgKERSALphar1.jpg

- Donc le travail des 7 œuvres qui sont à l’origine de cette exposition parisienne est un vieux rêve de revenir éclairer la Bretagne ? - En fait c’est totalement pratique. J’aurai pu trouver d’autres œuvres. J’aurai pu en faire 7 à travers le Monde mais ça aurait été beaucoup plus couteux et difficile. Là, l’intérêt c’était d’avoir un point de vue géographique suffisamment étroit. Parce que cette pointe de Bretagne est un territoire que l’on parcourt de long en large en relativement peu de temps. Et Puis surtout c’est mon pays et j’avais depuis longtemps focussé sur certain espaces. Mais si j’en ai pris 7, j’aurai pu en prendre 100 au moins là, et plus de 1000 à l’échelle de la France. Mais comme tout ça a été guidé par cette idée d’inversions dont je parle et reparle, c’est à dire cette inversion permanente que les Bretons font sur tout il était logique de le faire en Bretagne.

- Architecture éphémère et nocturne, vous sentez-vous proches des artificiers ou d’autres créateurs événementiels et nocturnes ? - Les artificiers sont mes cousins germains… et, mes pères et mes sources d’inspiration vont des miniaturistes de la Renaissance, mais aussi ceux de la miniature hollandaise des 17e et 18e siècles à tout un tas de travaux de Rodin. Je me sens très proche de Calder pour le mouvement et la dynamique dans la notion de volume. Il y a Tinguely, bien sur, avec la récup et les machines, mais César que j’ai bien connu. Et puis Henri Alekan, ce fabuleux directeur de la photographie (de Cocteau à Wenders) avec qui j’ai fait un film de 9mn en scope et qui, avec une tendresse infinie, est venu se mettre au service d’un artiste comme moi qui à l’époque avait 26/27 ans. J’ai aussi tout un tas de références contemporaines des land artistes forcements et surtout de plus jeunes et anonymes frères qui travaillent eux aussi la nuit. A vrai dire je me sens très proche de ces tagueurs qui sont de vrais artistes urbains.

- Vous sentez vous aussi marginal que les tagueurs ? Et les Hackers ça vous parle ? - Mais moi, en quelque sorte, je suis autorisé ! En fait c’est pas la peur de la prison qui m’a dérangé mais j’avais envie que la « situation » (je reprends ce terme) soit vraiment perceptible de tous, et donc soit donc du coup vue par tous sans courir le risque d’être démonté ou interdit. Parce que contrairement aux tagueurs, il ne me suffit pas d’avoir une collection de bombes. Mais si me sens proche de ce genre d’interventions virtuelles et événementielles, il me faut du jus.

- J’ai l’impression qu’en travaillant sur le mouvement et sur la nuit et la lumière pendant presque 40 ans vous avez fait un genre nouveau de vidéo en 3 Dimensions ?! - Peut-être, car je n’ai jamais rejeté cette image vidéo. J’ai même fait des installations vidéos. Mais ce n’est pas de la vidéo de vidéastes. Et je ne sors pas de la Fémis ou du Fresnoy (où par ailleurs j’ai adoré enseigner). Le cinéma m’a toujours passionné. Mon film culte est Blade Runner. Mais je ne veux pas me disperser, même si je m’empare assez volontiers de toutes les techniques existantes qui me permettent de transmettre de la lumière, particulièrement en projetant des images de matières, de la lumière re-captée comme pour cette exposition et là je fais de la vidéo qui devient ma matière. J’ai commencé cette pratique il y a 10 ans pour une fondation nippone où j’avais projeté avec 6 VP des fragments d’enseignes lumineuses de Ginza sur un rocher de jardin Zen. Et du coup ça faisait des gros sushis très colorés que les mômes ont adoré et moi j’ai adoré Ginza. Au japon il peut y avoir des villes fortement éclairées qui ont des côtés d’ombres intéressantes. L’éloge de l’ombre de Junichirô Tanizaki, on le retrouve au quotidien au Japon. Si vous prenez la troisième rue à droite sur l’avenue Ginza. Vous faites 30 mètres. Et là vous êtes dans Tanizaki. Vous avez un candélabre urbain tous les 60 mètres qui projette une lumière extrêmement faible. Ca c’est une chose qui n’existe plus ici !

- Qu’est-ce que vous rêveriez d’éclairer ? - J’aimerai avoir une autre nuit possible pour trouver un objet insolite que je pourrai remettre en lumière. J’ai fait des testes avec un Iceberg. Mais je n’ai rien arrêté !

Propos recueillis le 14 novembre 2011. KERSALRadome1.jpgKERSALradome2.jpg

LA MANIERE NOIRE. Là encore, il s'agit d'une méthode de gravure en creux directe sans intervention de produits mordants pour marquer le métal. ...