Paris parie sur la photographie
Par Jean-Jacques Gay le jeudi 10 novembre 2011, 14:07 - Derniers jours - Lien permanent
Photoquai, Exposition de photos à ciel ouvert, jusqu’au 11 novembre, Quai Branly 75007
Massimo Berruti jusqu’au 03 Décembre, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Chapelle des Petits Augustins 14, rue Bonaparte 75006
Topographies de Guerre jusqu’au 18 décembre au BAL 75018
Paris Photo jusqu’au 13 novembre au Grand Palais 75008
4 expositions, 4 images au milieu de la multitude d’événements
photographiques qui fleurissent l’automne à Paris. Chaque année avec Paris
Photo, tous les 2 ans avec Le mois de la photo ou
Photoquai… mais avec toujours plus de photographes, d’amateurs et de
collectionneurs de clichés en ébullition. 


Depuis un mois le Musée du Quai Branly propose aux promeneurs des
quais de seine une biennale à ciel ouvert. Une exposition en plein air qui est
en train de devenir une véritable institution c'est Photoquai. Il est
italien et lauréat de la seconde édition du Prix Carmignac Gestion du
Photojournalisme. Son terrain de jeu le Pakistan et ses montagnes et une
vallée abandonnée de tous, la vallée de SWAT c'est le jeune Massimo Berruti.
Topographies de guerre est une exposition étrange et comme un
manifeste à la Jouannais observe les séquelles de la folie des hommes :
c'est beau la guerre. Et si vous avez du mal à choisir… il reste Paris
Photo !
Développements (en 1000 mots) en IMAGES
- Pour cette troisième édition Photoquai invite la photographe Françoise
Huguier comme directrice artistique. Avec Son compère Christian Caujolle elle
va nous faire parcourir le monde pour y découvrir les photographes de demain.
United color of photography, Photoquai nous emmène d’Afrique du Sud au Japon,
du Brésil au Cambodge, de la nouvelle Zélande à la Biélorussie et du Brésil en
Inde, c’est 46 photographes de près de 30 nationalités qui exposent plus de 400
photos. Il y en a pour tous les goûts et pour le plaisir de tous les yeux, tous
les styles de photographies. Une promenade inédite pour écouter le « bruit
du monde » 










- Le bruit d’un monde, mais d’un monde en guerre c’est aussi ce que propose
Massimo Berruti, jeune reporter photographe qui s’est attelé depuis 2008 à un
vaste travail documentaire sur les peuples pakistanais. Il est italien et
lauréat de la seconde édition du Prix Carmignac Gestion du
Photojournalisme. Son terrain de jeu le Pakistan et ses montagnes et une
vallée abandonnée de tous, la vallée de SWAT. Ce jeune reporter va (avec son
fixeur) vivre et partager la vie des gens qu’il photographie y aller
et y revenir. Observer et écouter et nous rendre non seulement des images
fortes. Mais les instantanées d’un quotidien oublié des dieux, un paysage de
guerre duquel Massimo tire d’humain au dessus de l’anecdote, l’art au dessus
d’une actu. Dans cette exposition somptueuse au sein de la chapelle des Beaux
arts de Paris, ce photographe est plus qu’un reporter, car ces panoramiques
abstraites sont autant de fresques dédiées à la mémoire des lieux qu’à la
poésie de ses habitants ; d’étonnantes images de guerre. 
- L’abstraction des panoramiques de guerre de
Massimo Berruti est à l’image des Topographies de guerre que présente
la "Plate-forme d’exposition d’édition et de réflexion et de pédagogie dédiée à
l’image-document" de l’impasse de la défense (75018) : le BAL. Cette
exposition signée Diane Dufour (directrice du BAL) et Jean-Yves Jouannais
(historien d’art et écrivain artiste) pose 2 questions : Comment
imaginer qu’autre chose que la bataille puisse représenter la guerre ?
Le territoire de la guerre est-il en train de devenir une donnée abstraite,
une construction idéologique, une donnée irreprésentable ?
Entre ces deux interrogations un panorama de vidéo et de photo produites par des artistes fascinées par la guerre et ses séquelles. Alors en cette veille de 11/11/11, à 3 ans du centenaire de la Grande Guerre, on ne peut penser aux paysages de la Somme et du Nord de la France dévastés par la folie des hommes, creusés de tranchées et de bunkers, terres brûlées, têtes brulées et gueules cassées pour… souvent pas grand chose.
Entre ces deux interrogations des photographies : les paysages nus de
Pola de Pietri, les déserts de Jo Ractliffe, les vues aériennes de Jananne
Al-ani, et les Miradors de Donovan Wylie (entre autres) sans oublier les vidéo
de Harun Farocki et le fameux Collateral Murder de Wikileaks. La
guerre c’est toujours jouée sur la géographie : remodelage des frontières,
étude du terrain pour les opérations guerrière et propagande nationaliste
passant par des relectures géographiques. Et cette exposition en est une
démonstration qui aurait pu être poussée plus loin. 

Alors si vous avez du mal à choisir il reste
Paris Photo. Vous y trouverez tout et vous pourrez acheter. - Car
cette année « Paris Photo grandit encore » dans la dynamique d’un
marché tiré par la Fiac et autres spéculations artistique. Nouveau
lieu (le Grand Palais), 177 galeries d’une vingtaine de pays, la photographie
africaine (du nord au sud) à l’honneur avec un focus sur les Rencontres de
Bamako, un point sur les collections privées (avec JP Morgan… ça spécule)
et les acquisitions récentes de 3 institutions majeures (La Tate
(Londres), le Musée de l’Elysée (Lausanne) et l’International
Center of Photography (NYC)) avec Giorgio Armani… ça mécénise un max. Et
puis n’oublions pas chaque jour la plateforme Paris Photo. Chaque
jour : entretiens, conférences, rencontres, tables rondes, performances
sur une thématique différentes. Dimanche : le Corps, Samedi : la
société et les médias, vendredi : la technologie, et aujourd’hui : la
géographie.
Alors RDV pour voir et acheter, et vis versa, de la photographie, mais attention outre son accessibilités esthétique et financière la photographie a souvent tendance à multiplier les images et les « O ». Et comme disait Walter Benjamin à l’heure de la « reproductibilité technique » de l’art : la masse accrue des intéressés a généré un type d’intérêt bien différent.
Commentaires
On such exhibits photographers presented a lot of unusual pictures. They people can see a lot of interesting works.