La peinture de Marc Desgrandchamps est inimitable, au même titre qu’un Baselitz ou un Richter. Certain diront que ses figures sont « évanescentes, fragmentées ou indéfinies », mais l’expérience visuelle que propose cet artiste français est ultra contemporaine, elle entre dans l’histoire visuelle de son temps, celle de l’image multi-supports, du transgenres, des fondus enchaînés qui habitent notre imaginaire cinématographique et interactif et participe à nous faire voir ce que nous n’avons pas vu : les confrontations d’ondes qui hantent chacune de nos secondes de vie. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Bien sur, cette image mixte pourrait peut-être subodorer une absence de choix ou d’affirmation du sujet. Mais ces palimpsestes racontent le contraire. Chaque image de Desgrandchamps construit un espace magique, où la narration nait de l’assemblage, où le mouvement fonctionne par comparaisons de vus. Et c’est pour cette raison que les collages de l’artiste que proposent cette exposition enchantent notre point de vue sur cette œuvre. OLYMPUS DIGITAL CAMERA Une œuvre où les sujets sont on ne peut plus banals, où les spectres qui hantent des paysages mornes. Mais une œuvre qui nous propulsent dans un monde de nostalgie et de souvenirs, à travers un monde littéraire qui pourrait se situer entre Duras et Houellebecq, à travers une peinture évanescente qui évoque une errance infinie, une langueur monotone, un souvenir enfoui, une aventure fantasmée, une histoire inachevée… Mais une œuvre où le spectateur est mis en abîme, où il contemple souvent des hommes et des femmes à son images qui de dos comme lui contemple une paysage et des bribes d’images. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA On se souvient de la peinture de Desgrandchamps au centre Pompidou dans une grande exposition personnelle sur des sujets de plages et de vacances à la mer. Grandes images dégoulinantes comme autant d’impressions d’enfances. On se souvient de l’exposition de groupe que Desgrandchamps réalisa avec Pierre Moignard et Vincent Corpet au même Centre Pompidou. Événement monté par le jeune conservateur Fabrice Hergott qui après un passage par le Musée des Sables-D’Olonne et à la MC de Saint-Etienne, arrivait à Beaubourg avec ses artistes fétiches. C’est certainement une des dernières expositions contemporaines qui draina de telles passions. Le vernissage fut une série d’engueulades et de cris d’orfraies. C’était l’époque des personnages en pied, posant face au spectateur, l’époque d’une ligne claire d’une peinture posée, l’époque de la provocation de trois jeunes peintres de l’extrême. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Aujourd’hui, 20 ans après, la recherche de Desgrandchamps est là, sa peinture aboutit. Nous somme devant un temps arrêté, une image qui est au carrefour d’histoires et de sentiments, où l’artiste image après images, collage après collage nous propulse à travers l’idée que toute seconde de vie reste le carrefour de rencontres de forces et d’objets, de spectres, de réalités et de souvenirs, de nostalgies et de désirs. Et par sa peinture, Marc Desgrandchamps nous montre ces rencontres à travers une phrase pictutale, une composition sensible, qui, invisible à tous, est ancrée en chacun de nous, et nous raconte la vie d’aujourd’hui. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA