Comme Jonas, on peut habiter le ventre de la baleine, faire de sa peau notre peau, de son monde notre univers. Un monde par lequel une seconde vue du Grand Palais nous est offerte. inte1aurelV.jpg Et nous voilà au cœur de Leviathan Nous sommes dans son ventre, au sein du saint, au coeur de l’oeuvre. Ici tout reste humain, le monumental comme le spectaculaire. Dans le monde d’Anish Kapoor où la couleur est pure, elle est à l’essence de l’oeuvre. Nous sommes dans un monochrome rouge à l’intérieur la lumière donne l’univers de la couleur la profondeur et la fragilité. Sensation originelle d’une naissance. Première image du monde d’un nouveau né expulsé vers la lumière. Premier temps d’une naissance. Ultime moment de sérénité fœtale.

Ext.jpg Anish Kapoor s’adresse à notre corps. Notre corps d’avant, et celui corps d’aujourd’hui. Car la concavité des ses sculptures lumineuses nous attire dans son monde à la recherchée du Corps Originaire. Dedans Leviathan nous sommes bien, et ailleurs, dehors nous sommes petits mais rassuré par le monumental que l’Art de notre société peut mettre en scène. Entre une une société du spectacle administrée par ministère de la mise en scène orchestrée par un “Ministre artiste” (c’est ainsi que ses fan qualifie le ministre Mitterrand) et sculpture novatrice et sincère de Kapoor, l’expérience est unique. Nous voici transportés dans le temps. Celui de notre naissance au monde, celui de l’art nouveau et des géants gonflables (Comment ne pas penser aux Zeppelins et à leur légende), celui d’un art monumental et sensible. OLYMPUS DIGITAL CAMERA A l’intérieur de Leviathan, trois puits de lumière nous amènent à faire glisser notre regard sur cette peau organique rouge d’un espace vivant et mystérieux. A l’intérieur du Grand Palais, les structures architecturales rebondissent sur une peau sombre (aux reflets rougeâtres) de l’objet Leviathan et nous montre une structure impressionnante qui répond à son décors et nous plonge dans un “gulliversisme” qui nous renvoie à l’état de fourmis. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Mais au nom du commissaire et des organisateurs je m’excuse auprès de chaque visiteurs que personne n’ait eu l’audace de vous faire naitre à Leviathan par l’art de Kapoor et non par le spectaculaire de Monumenta. Bien sur, tous ont des bonnes raisons. Une histoire de flux de visiteurs, de sécurité, de gestion du succès de l’événement … Mais comme il vous reste encore quelques jours. Deux solutions : soit vous grugez les nombreux Médiateurs et l’impressionnante Sécurité, et vous entrez directement par la porte à tambour (structure gonflable oblige) qui est au centre du hall d’entrée du Grand Palais. Là, Trouvez une excuse: RDV avec l’artiste, avec le commissaire (Jean De Loisy) à l’intérieur, ou alors vous venez de la part du Ministre (il s’appelle Frédéric Mitterrand). Soit vous entrez dans Monumenta les yeux fermées (vous vous faites accompagner par un guide tout de même qui vous conduit directement à l’entrée officielle du ventre de Leviathan. Là, il vous propulse directement dans le ventre du montre. Après vous pourrez profiter toute la journée de la vue extérieure. Mais vous aurez digéré l’œuvre de Kapoor et vous en savourerez l’intérieur de l’extérieur, profitant des Ors de la République et de la Gloire de la Culture française. OLYMPUS DIGITAL CAMERA Car Léviathan est une parabole. Pas celle du borgne conduisant les aveugles, laissons la à Jérôme Bosch. Un parabole de l’art contemporain son intérieur est Art, à vivre avec sois même, et son extérieur industrie culturelle à consommer en public. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Ext2.jpg Ainsi est la vanité de notre monde contemporain. Ainsi est Monumenta 2011. Ainsi est le grand Art d’Anish Kapoor : savoir parler au plus grand nombre en nous projetant au Cœur de chacune de ses œuvres avec : “un seul objet, une seule forme, une seule couleur !”