Dans le ventre de l'art…
Par Jean-Jacques Gay le lundi 23 mai 2011, 07:24 - Evénement - Lien permanent
Leviathan, Anish Kapoor, Monumenta 2011, jusqu'au 23 juin 2011, c’est à
Paris et au Grand Palais. 
Monumenta vous connaissez ? C’est un événement artistique
contemporain, Parisien et Français qui utilise l’écrin de verre et d’acier du
Grand Palais et auquel le Ministère donne tous les moyens pour un rayonnement
maximum. Anish Kapoor vous connaissez ? C’est un artiste
international Anglo-Indien (Turner Prize 1991). Cinquantenaire, Kapoor a une
oeuvre qui fonctionne sur trois concepts : 1) la couleur et le monochrome,
2) le corps originaire, 3) la peau de l’objet. Anish Kapoor va prochainement
travailler sur l'oeuvre phare des prochains Jeux Olympiques de Londres.

Maintenant, entrons dans Monumenta
2011. Pénétrons Leviathan, l’oeuvre monumentale de Kapoor qui
épouse le Grand Palais. Tout d’abord un seul regret : ne pas entrer DANS
l’oeuvre avant d’entrer dans Monumenta ! Je m’explique :
Leviathan est une gigantesque “chaussette”, baleine échouée qui rentre
en totale résonance avec la structure des trois halls du Grand Palais. Or, le
visiteur est dirigé directement dans le grand palais afin qu’il mesure sa
misérable carcasse à la monumentale sculpture caoutchoutée qui fait écho avec
les 35m de haut et les 13000 m2 de cette architecture Art Nouveau.
Alors c’est beau, c’est grand, c’est
majestueux, c’est époustouflant, c’est grandiose, c’est lumineux, c’est
monumental. On fait le tour de l’animal, on se confronte à sa carcasse qui
absorbe et renvois admirablement la lumière de la nef et du dôme de ce fleuron
de l’architecture française. Et tout ça est très beau, une belle structure dont
les reflets de la structure sphérique n’est pas sans faire penser (le kitch en
moins) les ballons baudruches pop de Jeff Koons, jusqu’à ce qu’on remarque que
cette “chaussette” gonflée à un ventre pénétrable, visitable et accessible (en
faisant une queue plus ou moins longue). Et là, un autre voyage
commence…
Comme Jonas, on peut habiter le ventre de la baleine, faire de sa peau notre
peau, de son monde notre univers. Un monde par lequel une seconde vue du Grand
Palais nous est offerte.
Et nous voilà au cœur de Leviathan Nous sommes
dans son ventre, au sein du saint, au coeur de l’oeuvre. Ici tout reste humain,
le monumental comme le spectaculaire. Dans le monde d’Anish Kapoor où la
couleur est pure, elle est à l’essence de l’oeuvre. Nous sommes dans un
monochrome rouge à l’intérieur la lumière donne l’univers de la couleur la
profondeur et la fragilité. Sensation originelle d’une naissance. Première
image du monde d’un nouveau né expulsé vers la lumière. Premier temps d’une
naissance. Ultime moment de sérénité fœtale.
Anish Kapoor
s’adresse à notre corps. Notre corps d’avant, et celui corps d’aujourd’hui. Car
la concavité des ses sculptures lumineuses nous attire dans son monde à la
recherchée du Corps Originaire. Dedans Leviathan nous sommes bien, et
ailleurs, dehors nous sommes petits mais rassuré par le monumental que l’Art de
notre société peut mettre en scène. Entre une une société du spectacle
administrée par ministère de la mise en scène orchestrée par un “Ministre
artiste” (c’est ainsi que ses fan qualifie le ministre Mitterrand) et sculpture
novatrice et sincère de Kapoor, l’expérience est unique. Nous voici transportés
dans le temps. Celui de notre naissance au monde, celui de l’art nouveau et des
géants gonflables (Comment ne pas penser aux Zeppelins et à leur
légende), celui d’un art monumental et sensible.
A l’intérieur de Leviathan,
trois puits de lumière nous amènent à faire glisser notre regard sur cette peau
organique rouge d’un espace vivant et mystérieux. A l’intérieur du Grand
Palais, les structures architecturales rebondissent sur une peau sombre (aux
reflets rougeâtres) de l’objet Leviathan et nous montre une structure
impressionnante qui répond à son décors et nous plonge dans un “gulliversisme”
qui nous renvoie à l’état de fourmis. 
Mais au nom du commissaire et des
organisateurs je m’excuse auprès de chaque visiteurs que personne n’ait eu
l’audace de vous faire naitre à Leviathan par l’art de Kapoor et non
par le spectaculaire de Monumenta. Bien sur, tous ont des bonnes
raisons. Une histoire de flux de visiteurs, de sécurité, de gestion du succès
de l’événement … Mais comme il vous reste encore quelques jours. Deux
solutions : soit vous grugez les nombreux Médiateurs et l’impressionnante
Sécurité, et vous entrez directement par la porte à tambour (structure
gonflable oblige) qui est au centre du hall d’entrée du Grand Palais. Là,
Trouvez une excuse: RDV avec l’artiste, avec le commissaire (Jean De Loisy) à
l’intérieur, ou alors vous venez de la part du Ministre (il s’appelle Frédéric
Mitterrand). Soit vous entrez dans Monumenta les yeux fermées (vous
vous faites accompagner par un guide tout de même qui vous conduit directement
à l’entrée officielle du ventre de Leviathan. Là, il vous propulse
directement dans le ventre du montre. Après vous pourrez profiter toute la
journée de la vue extérieure. Mais vous aurez digéré l’œuvre de Kapoor et vous
en savourerez l’intérieur de l’extérieur, profitant des Ors de la République et
de la Gloire de la Culture française.
Car Léviathan est une parabole. Pas
celle du borgne conduisant les aveugles, laissons la à Jérôme Bosch. Un
parabole de l’art contemporain son intérieur est Art, à vivre avec sois même,
et son extérieur industrie culturelle à consommer en public. 

Ainsi est la vanité de notre monde contemporain. Ainsi
est Monumenta 2011. Ainsi est le grand Art d’Anish Kapoor :
savoir parler au plus grand nombre en nous projetant au Cœur de chacune
de ses œuvres avec : “un seul objet, une seule forme, une seule couleur
!”
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The first season of the American animated television series South Park initially ran for 13 episodes on the US network Comedy Central, from August 13, 1997 to February 25, 1998. The creators of the series, Trey Parker and Matt Stone, wrote and directed most of the season's episodes, while Dan Sterling, Philip Stark, Pam Brady, and David A. Goodman served as writers for some episodes as well. The narrative of the show revolves around four children—Stan Marsh, Kyle Broflovski, Eric Cartman and Kenny McCormick—and their bizarre experiences in the titular mountain town.