Mais revenons sur les œuvres phare de cette exposition. Bien sur la robe en viande rouge de la canadienne d'origine Tchèque Jana Sterbak sont sans nul doute avec les confiseries humaines de Philippe Mayaux les pièces les plus spectaculaires de cette démonstration d’une esthétique cannibale. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Mayaux a fabriqué des fausses confiseries a partir de parties du corps de son amie et de son corps propre. Ainsi façonnés dans des couleurs acidulées de pâtes d'amandes, ces "sculptures" trompeuses posées sur un emballage de pâtissier sont présentées dans une vitrine. Ainsi : sexe de femme, gland de verge, bout de sein sont offerts à notre convoitise sans forcément reconnaître l’humain en elles. Ou, si le subconscient y voit une analogie, c’est pour mieux en avoir le désire de la bouche. Le public est alléché, le cannibalisme est devenue gourmandise. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Pour Sterbak, c'est une autre histoire. La matière est vivante (30kg de rumsteck) et va former une robe de viande rouge, qui, salée jour après jours, pour la conserver, va se métamorphoser en carapace. La robe est montée selon un plan de l'artiste par un assistant assermenté. Elle est cousue sur un mannequin de couturière en acier. La robe est exposée, mais peut être portée par un modèle à travers une performance ou œuvre vivante. Mais sinon elle reste sur son présentoir et aura comme temps de vie, celui de l'exposition. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Et puis cette exposition se termine par une série de vierge à l'enfant en peinture puis en photographies, sans enfants, puis sans vierges… accrochage qui marque un point d'orgues juste après les tirages et les plaques des gravures sur les horreurs de la guerre de maître Goya.

Mais le mélange contemporain / art premiers de Tous Cannibales acquiert un effet tout a fait détonant. Cet accrochage nous plonge dans un mélange de genre enivrant. Vidéo asiatiques, dessins nippons, peintures allemandes, sculptures espagnoles.

Tous Cannibales nous propose de croquer l'art à pleines dents. Tiens ! Mais ne dit-on pas « croquer un tableau » L'artiste et le cannibale seraient-ils depuis si longtemps associés qu'on s'y tromperait !!!? Une exposition à dévorer sans modération.