Si ce travail de récup, porté comme un des beaux-arts par cette exposition n’est pas nouveau : depuis les débuts de l’histoire de l’art l’homme dessine et sculpte d’abord avec les restes de sa consommation. Le 20ième siècle a vu les grands anciens (comme Kurt Schwiters, ou Man Ray) des mouvements (comme l’Arte Povera, le Land Art, le Nouveau Réalisme et bien sur l’Art Brut) ou des travaux singuliers comme ceux de Charles Simonds ou même d’Anne et Patrick Poiriers qui sculptent avec les déchets de leurs sculptures… et ainsi de suite… jusqu’à plus soif, et j’en oublie des tas !… travailler avec les déchets et tous matériaux de récupération à leur disposition. En deux mots l’écologie du matériau est le fond de commerce de tout artiste . Les artistes sont eco-sensibles par nature et les inclure dans une exposition intitulée REHAB est, si ce n’est un non sens esthétique, tout du moins un coup marketing. Car l’empreinte écologique des œuvres de Douglas Whites (ces restes de pneus dont sont fait ses arbres viennent par avions du monde entier) ou de Tue Greenfort (son kilo de P.E.T : matière non réductible du plastique - nécessite 17 kilo de bouteilles en plastique - et une grande dépenses d’énergie et d’eau) est certainement disproportionnée. REHABpalmier3.jpgREHABpalmierGP2.jpgREHABpalmierGP3.jpgREHABpalmierGP1.jpg Rehab ? Rehab ! Rehabitation ? Rehabilitation ? Rehabiller ! ? Que veux dire cette exposition avec ce sous-titre « l’art de re-faire » ??? Faut-il imiter, re-copier, re-produire la nature ? Eve Jospin s’y emploie avec raffinement à travers Foret un bas relief en emballages de carton. Mais, là aussi l’Artiste est dans toute ses RE : re-faire, ré-utiliser, re-voir ! REHABjospin2.jpgREHABchaumont1.jpg Heureusement REHAB est remarquable par la rencontre qu’il met en scène de deux artistes qui ne se croiseront jamais : Gordon Matta-Clark et Steve Lyons. Le premier est sans doute celui qui a le plus apporté à la sculpture de cette fin du 20ième siècle. Gordon Matta-Clark fils du Surréaliste Matta, disparu à 35 ans en 1978 a laissé un travail de Géant. Ces sculptures d’immeubles, de maisons ou de friches en déshérences, sont les plus extraordinaires jamais imaginées. Car ce jeune américain n’a eu de cesse d’y creuser entres murs, planchers et galandages des figures géométriques pénétrantes, qu’il a su intégrer à la structure même du bâtiment. Il n’en reste malheureusement que des traces filmiques, vidéographiques et photographiques. Le second est canadien, il a 25 ans, c’est une découverte. Steve Lyons recompose des documents photographiques par le truchement d’une caméra reliée à un moniteur. La caméra surveille un tas de déchets. Son objectif cadre ces planches, ces papiers, ces cartons et rend une image en total mimétisme avec l’espace que montre la photo de référence. Espace vidéo rendu, en direct, par une captation vidéo d’un joyeux bazar si bien organisé (et éclairé) que ce tas d’immondices est à même de rendre la reconstitution d’une simple photo. REHABLyons1.jpgREHABlyons2b.jpgREHABlyons2.jpg Aujourd’hui, l’univers du canadien et de l’américain se télescopent à Paris et dans REHAB. Et c’est une magnifique surprise !