Alors que la visite de Kill the Past Hello (a traduire « fais table rase du passé » ou littéralement « dit bonjour au passé ») aurait dû être pour ces jeunes gens la découverte d’un vrai regard d’artiste exposé dans un contexte muséal, avec le format, la lumière et la scénographie d’une exposition. Ils zieuteront les images de Clark dans un livre, en cachette, et c’est bien dommage que monsieur Christophe Girard (adjoint à la culture de la mairie de Paris) et nos hommes politiques (en général et de tous bords) se prémunissent d’une préservation sécuritaire outrancière et ne se souviennent pas de leur jeunesse, ou alors trop expressément, à vouloir à tout prix rejouer les années De Gaule et/ou Pompidou. OLYMPUS DIGITAL CAMERA Mais il est temps de parler de Larry Clark et non de ceux qui ont peur des images et de leurs conséquences sur leur mandat électif. Il faut aller voir Kiss the Past Hello, cette rétrospective où Clark, fils de photographes (il expose en introduction de cette rétrospective des travaux de sa mère) de l’Oklahoma cartographie le mal être de sa génération dans sa petite ville de Tulsa alors qu’il a à peine 20 ans. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Artiste phare de la contre culture US, publié très jeune, il est passionné de cinéma et de cinéastes jusqu’à diriger ses modèles photographiques comme le cinéaste qu’il devient dès 1995 avec Kids, puis Bully, plus récemment Wassup Rockers et bien sur le très connu Ken Park. C’est l’ensemble de ce parcourt que cette exposition nous fait découvrir à travers la richesse d’une œuvre et d’un regard photographique sans précédent : plus cru que Nan Golding, aussi écorché que Sophie Calle, et moins esthétique que Richard Kern, une œuvre qui semble sortie de la fiction… en différents « Stills » photogrammes démultipliés… comme ce mur de simulation du suicide. Une œuvre vécus au plus près… comme ce pubis féminins dont les poils repoussés cachent à peine un tatouage intitulé Larry. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Cette exposition monographique de Larry Clark propose une vision « enfantine » et crue (sans faux semblants) de nos tabous sociétaires : le sexe, le nu, la mort, la drogue et la déchéance. Un monde que nos peter pan de moins de 18 ans ont du mal à quitter pour aborder notre wonderful-world d’adultes blasés, caparaçonnés et indifférents à leur souffrance. Un monde dont Clack nous entre-ouvre une porte que la Mairie de Paris claque au nez de nos ados… Dommage, c’était une expo pour eux ! OLYMPUS DIGITAL CAMERA