Anthropologue devenue photographe, Valérie Jouve nous a toujours habitué à des photos « Vérités » des images fortes, des instantanés poignants - elle revendique le fait de marcher sur les traces du grand Walker Evans. Images mises en scènes ? Images documentaires ?, entre fiction et réalité, Valérie nous livre sa vision du décors (souvent urbain) par le corps de ses modèles, quidam dont le corps encense le décor, dont l'énergie transfigure les territoires. Et là rien ne se passe… et même si l’immobilisme est certainement de rigueur dans les territoires qu’elle cartographie… rien nous le signifie ! OLYMPUS DIGITAL CAMERA Enfin, le geste esquissé par son modèle aux seins arrogant et au regard baissé sur sa terrasse pourrait être le seul signe à ce désespoir et à cette Palestine persécutée, mais cette Bethsabée ou cette Alma perd toute force dans un accrochage erratique.

Pourtant la Palestine avec tout ce qu’elle transporte de difficulté et d’originalités politiques face à la ville et à ses codes aurait dû scotcher notre anthropologue. Cette singularité méditerranéenne et anarchique où pauvreté et séquelles historico-archéologiques s’agrègent autour de l’urgence de la vie aurait dû éblouir les visiteurs de cette exposition. Mais rien ne se passe… on attends comme le titre nous le demande, mais rien n'arrive ! OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA Alors peut-être que si on laisse tomber l’accrochage fragmentaire qui joue (maladroitement) sur l’échelle Image/spectateur, ces images prendront un autre jour… Concentrons nous sur son catalogue, En attente – On Hold et savourons ses images de Valérie avec ses anciens ouvrages, comparons et collectionnons, car un jour En attente prendra sens. Gageons que la Palestine ait perturbé la part anthropologue de Valérie Jouve jusqu’à déstabiliser sa part photographe, et attendons la prochaine livraison de cette photographe pleine de surprises.OLYMPUS DIGITAL CAMERA