Mais que fait la Fondation Cartier dans cette galère ?… Cette institution qui nous a toujours surpris par sa rigueur et son avant-gardisme, par ses choix et des points de vues artistiques jamais attendus, nous déçoit ici, avec une exposition qui est paradoxalement un grand succès médiatique et populaire, mais qui ne peut faire date dans le catalogue au combien glorieux du boulevard Raspail. Que fait ici la Fondation Cartier en produisant cette exposition de gosse de riche. Un Sacré gosse qui pour nous européen est un génie du cinématographe, mais qui pour ses compatriotes est Beat Takeshi, un amuseur publique télévisuel, une star du petit écran, un Coluche matinée de Nuls et de Lagaffe. Et si Cartier nous montre les meilleures émissions de Beat Takeshi Kitano, sous la forme de cirques ou de défis, ça en reste affligeant de bêtise et de blagues de potaches. C’est d’ailleurs ces blagues de sous sol qui nous ramènent au rez-de-chaussée et aux installations les plus inintéressantes comme Hideyoshi (machine à coudre modèle Kitano), ou le dernier modèle présenté en avant première du « siège automobile le plus sûr du monde ». Alors bien sur il reste « les raisons de l’extinction des dinosaures mises au jour par de nouvelles découvertes scientifiques » qui nous fait sourire ou l’installation Probabilité du hasard… mais tout ça pour ça ! On en est à se demander si tout ça en vaut vraiment la peine.

Bien sur oui ! Dira Cartier, qui valorise ses expositions selon l’impact médiatiques de ses expositions. Ceci en fonction de la page de pub par rapport à un article dans la presse. Gros succès diront-ils en regardant aussi la billetterie, peut-être même plus en regardant le coefficient de pénétration du marché Asiatique de Cartier et de Richemont (sa maison mère, 2ième mondiale dans le luxe). Car "la Fondation…" n’est pas qu’une « danseuse », c’est aussi un vecteur de pénétration des marchés et des médias internationaux pour Cartier et à ce titre, un rang et sa pertinence à tenir dans le monde de l’art contemporain.. Entre aura médiatique et reconnaissance du monde de l’art, la fondation entretient depuis plus de 20 ans un équilibre qui fait beaucoup d’envieux. Avec Gosse de peintre forte de son succès populaire elle devrait tout de même faire attention de ne pas entamer son prestige. Car n’est pas Kitano qui veut, et cette exposition décrite comme une « série de rêves » apparaît comme une expos de « gosse de riche », une exposition bling bling, un cirque artistique, une fête foraine obscène où le spectaculaire mouton à 5 pattes passe avant la sensation pure de l’art qui est juste… « de nous montrer ce que nous n’avons pas vu ! ». Et même si Kitano sait être un grand artiste, il ne s'en contente pas ! et là, des fois ça coince ! :)