Takeshi Kitano est né en 1947 à dans une province de Tokyo. Après être sorti de l’université de Meiji pour des études d’ingénieur, il forme le duo de comique (manzaï en japonais) “ Two Beats “ qui durera jusqu’en 1980 (cf. Kids Return). Après avoir dissout le duo, il est engagé en tant qu’acteur dans Furyo de Nagisa Oshima où il joue le sadique et sympathique sergent Gengo Hara. Ses premiers pas en tant que réalisateurs débutent lorsqu’il est pris en tant qu’acteur pour le film Violent Cop qui devait être initialement réalisé par Kinji Fukasaku (Battle Royale, Combat sans code d’honneur). Suite à l’abandon du projet pour cause de maladie, c’est Takeshi qui en remanie considérablement le scénario et en fait un film, SON tout premier film.

Mais revenons à cette exposition est une démonstration de ses multiples talents. À la fois peintre, réalisateur, acteur, écrivain, animateur, télé, comique, il mêle les différents média entre eux pour former une installation autobiographique jouant avec les deux facettes kitanniennes. Dès l’entrée dans la salle d’exposition, on est tout de suite transporté dans ce monde coloré à la manière d’un film d’animation de Myasaki entre animaux machines et peintures hybrides d’animaux-fleurs. Tout cela sous le regard d’un Takeshi Kitano grandeur nature nous offrant son cerveau. Takeshi Kitano entretient un très fort rapport à l’hybride dans tout son travail. Les peintures figuratives voir narratives ne sont pas sans rappeler l’art naïf et sont ressenties par Kitano tantôt comme un amusement (un divertissement à la Japonaise), tantôt comme un exutoire (il a commencé à peindre après son accident de moto, dans l'ennuie de sa convalescence). Son travail de la peinture fonctionne comme des affiches, images qu’il insère certains de ses films (Hana-Bi, Achille et la Tortue) afin comme il dit : « d’avoir une plus grande main-mise sur son film ». L’hybride se retrouve ainsi dans ses pratiques plastiques, ses shows télévisuels, ses films… montrant l’ambivalence et la double personnalité de Kitano à savoir : le personnage satirico-comique de Beat Takeshi, loufoque et absurde mais aussi le personnage de Kitano à la fois acteur et réalisateur, d’une violence froide caractéristique de ses films et de ses jeux télévisés (le vrai travail de Beat Takeshi ou Takeshi Castle). Mais cette exposition est à mettre en rapport avec ses films (voir Takeshi l’Iconoclaste à Beaubourg), car on y retrouve tous les ingrédients du Takeshi réalisateur que ce soit des scènes satiriques et des gags surréalistes (Getting Any et Jugatsu ou Boilling Point), des scènes de violence d’une froideur déconcertante (Aniki Mon Frère, Violent Cop et Hana-Bi ) et enfin des plans calmes, sans dialogues comme une recherche itinérante de l’apaisement (Dolls, A Scene at the Sea). KT5.jpg KT6.jpg Pour finir nous dirons que cette exposition surprenante nous propulse dans un univers intemporel où l’esprit innocent de l’enfance resurgissent tout en confrontant japon traditionnel et moderne et en dénaturant et désacralisant les principes même de l’Exposition.