Touchez-moi !!!
Par Julien Celle le vendredi 28 mai 2010, 23:08 - Maintenance/Bianchini - Lien permanent
Maintenance, jusqu'au 4 juin à l'EESI Poitiers, renseignements sur
le site de l'EESI.
Outre l'importance de l'échelle 1, ce qui nous semble caractériser d'un point
de vue technique la présente exposition est le recours aux écrans tactiles.
Parmi les cinq pièces exposées, quatre font appel à ce type d'interface et
l'une d'elles a nécessité un développement spécifique de la part des ingénieurs
de l'éesi : il s'agit de Contretemps développée en 2004 par et pour un
environnement informatique classique (écran et souris) et aujourd'hui
implémenté sur une interface tactile.

Revenons à ce qui
intéresse au premier chef, à savoir les façons dont nous appréhendons cette
oeuvre et dont nous nous l'approprions. La parfaite intégration au mur de même
que la grande réactivité du dispositif rendent saisissantes nos impressions :
quelque soit l'endroit où nous posons notre main -pour reprendre la position du
personnage- ou l'un de nos doigts, la silhouette rejoint notre position, tant
que nous maintenons appuyer sur la surface et celle-ci suit nos
mouvements. Si nous pouvons nous amuser de cet analogon numérique, il convient
d'approfondir quelque peu le rapport que nous entretenons avec lui car non
seulement nous désignons du doigt les mêmes points mais plus encore nous avons
tendance à faire les mêmes gestes ; autrement dit, nous ne nous contentons
pas de déléguer une action -remplir la surface de "|"- à ce personnage mais nous l'accomplissons directement.
Ainsi, la conjugaison de l'échelle 1 et du tactile n'accuse pas uniquement de
la portée déictique de Contretemps, elle rend également compte d'une
dimension performative au sens où ce dispositif appellent une implication
physique certaine de notre part pour le faire fonctionner et le
modifier. À noter : un certain nombre de mises à l'épreuve de la part des spectateurs à l'endroit du tactile : certains, sans doute ému de tant facilité à moins qu'ils ne se soient épris de leur double numérique, n'ont pas hésité à plaquer leur visage ainsi qu'une partie de leur corps sur l'écran comme le font les enfants à la fenêtre d'un véhicule pour mieux voir défiler le paysage ; plus singulier encore, les personnes -peu nombreuses-qui ont douté du dispositif technique lui-même laissant entendre qu'une personne en chair et en os se trouvait de l'autre côté de l'écran avec pour seule tâche de reproduire les mouvements des spectateurs. Quelques remarques finales sur cette interface : si son fonctionnement et son appropriation est des plus aisés au point que certains n'hésitent pas à la qualifier de sensible, cela ne signifie pas pour autant qu'elle soit dénuée de tout codes informatiques, bien au contraire, ni même d'arrangements matériels ; voir ici une vidéo sur le fonctionnement du mur tactile.
Contretemps
Installation interactive depuis 2004
Samuel Bianchini, avec la participation de Reynaud Olry
Développement informatique : Emmanuelle Méhois
Développement du mur tactile pour l'exposition "Maintenance" : Gilles Bollaert et Jérome Grellier, ingénieurs éesi-Poitiers
Photographies Samuel Bianchini