Esther « Ton image me regarde » mais je ne comprends rien !
Par Jean-Jacques Gay le samedi 15 mai 2010, 15:56 - Artiste - Lien permanent
« Ton image me regarde » Esther Shalev-Gerz Musée du Jeu de paume jusqu’au 6 juin 2010 Renseignements : www.jeudepaume.org
On est déçu de la prestation de Ester Shalev-Gerz, cette artiste née en
Lituanie, élevée en Israël et vivant à Paris depuis 25 ans. On est déçu par une
exposition complexe et un travail éparpillé qui nous effleure d'autant plus que
son sujet est fort. Une exposition qui nous laisse à la porte des obsessions
d’une artistes généreuse qui semble avoir du mal à se faire un nom (celui de
Jochen Gerz lui colle à la peau) et à révéler un axe de travail clair; un peu à
l'image de sa sculpture "Les inséparables" des deux pendules jumelles qui font
l'identification visuelle et on été produite pour cette exposition. 
Bien sur, il y a tout le travail sur la shoah, sur le temps qui passe, sur
les femmes, sur le souvenir… la mémoire. Des oeuvres comme White-Out :
entre l'écoute et la parole, 2002 ou L'aspect humain des choses,
2004-2006, D'eux, 2009 ou Echoes in Memory, 2007 le
confirment. Bien sur il y a la photo, la vidéo, les effets, les ITW, la
sculpture, le film, le concept. Mais le résultat de cette débauche de moyen et
de projets à travers le monde reste une suite de fausse bonnes idées qui
mettent le spectateur en porte à faux, l’obligeant à chercher une explication à
tout ça. 

Alors pourquoi tant
de mal, tant de travail, tant d’énergie… pour ces flops ? Une pièce comme
Entre l'écoute et la parole : derniers témoins, Auschwitz
1945-2005 réalisée entre 2004 et 2005 en est une preuve. Cette grande
installation qui montre une suite de réflexions muettes de rescapés des camps
de la mort, face à des questions que l’on ne connaitra jamais, et avant des
réponses dont on est privé… en est un bon exemple. Bonne idée… mais pour quel
résultat si le public reste dehors ?? 


Pourtant les mises en scène son séduisantes, les
rencontres pimentées, la générosité de l’artiste incontestable… dommage.