Naked Lucian
Par Jean-Jacques Gay le lundi 29 mars 2010, 19:34 - Artiste - Lien permanent
Lucian Freud, L’atelier, Centre Pompidou, jusqu’au 19 juillet 2010.
L’homme, la femme, nu est au centre de l’œuvre de Lucian Freud. Le petit
fils anglais, né à Berlin, de Sigmund Freud, le père autrichien de la
Psychanalyse, nous livre une œuvre d’un autre temps.
Première exposition
à Paris depuis 25 ans et devant sa peinture, ses autoportraits à nu, ses
grandes toiles pour la bourgeoisie et la matière vivante de ses corps, on pense
à Rembrandt, Saudek, Dubuffet, Witkin et, bien sur, son grand ami Francis
Bacon. Une impression de confraternité avec ces écorchés vifs qui va et vient
tout au long de cette exposition unique, où les paysages urbains réalistes puis
des végétaux grouillant laissent place à la peinture du maitre : les nus.
Les femmes sont rondes et puissantes, les compositions ardues, les portraits
songeurs, la peinture organique. Lucian se met à nu encore et encore…
Alors, on entre dans « l’atelier » comme dans une église, tout
petit devant une gigantesque eau forte du maître par le maître. Puis on saute
d’image en images sur cette suite de grandes peintures qui imposent le respect
d’un artiste qui se met à nu avec simplicité, avec rigueur et avec
constance.
Devant Painting Working Reflexion (1993) on se
retrouve face à face avec le maître nu au travail, ou tout du moins dans la
réflexion du peintre. « J’ai toujours eu le sentiment que mon
travail n’avait pas grand chose à voir avec l’art… » écrit Lucian sur
les cimaises.
Alors on
imagine ce grand nu, autoportrait figé du maitre en pied, avec juste ses
pantoufles, le couteau en l’air et sa palette dans l’autre main. Palette d’où
les couleurs grouillent dans une matière virulente qui se propage au grand
corps nu en lui disant « tu est né de la peinture… et tu redeviendra
peinture. »
Commentaires
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