What about Frida
Par Jean-Jacques Gay le lundi 29 mars 2010, 19:34 - Evénement - Lien permanent
Frida Khalo, jusqu’au 18 avril 2010, Palais des Beaux Arts de
Bruxelles. 
Ironie de l’histoire, des 18 toiles exposées au Palais des Beaux
arts, la plus grande partie vient de la collection d’une rivale en amour de
Frida auprès de Diégo Rivéra. Celui ci séparé de la peintre mexicaine
convainquit sa maitresse d’acquérir des œuvres de celle… qu’il ré-épousera par
la suite. Vengeance de la vie, c’est aujourd’hui cette rivale qui nous propose
de découvrir l’immense œuvre de Frida. 
La voici pour nous sous la plume d’Alexandra, jeune créatrice qui poursuit des études d’art en Belgique : Rencontre !''__

"Nous dévalons docilement les méandres du musée, quelque part, Frida Kahlo se retrouve. Dans la vieille Europe aux antipodes d’une culture expressive, charnelle et hautement spirituelle. Ici, où le ciel ouvert donne gris bleu, et le froid hivernal nous porte, « tiens, pourquoi pas le musée où ils exposent cette artiste célèbrissime qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie ! ». Alors oui, pourquoi pas. Venir et se confronter à la différence.
Descendre, encore puis, derrière un rideau en velours rouge, silence et recueillement. Premiers pas intimidés dans un monde au souvenir clair obscur. Scénographie du gigantesque, symbolisme post modernisme. Toiles immenses, chevalets puissance trois mètres aux pieds lourds, entrecoupés des miroirs trompeurs où nous levons le visage pour contempler à notre tour ce qui fut, le temps d’une vie, l’espace restreint de Frida Kahlo…"
"…Entre lit et miroir, lieu de l’onirisme qui transcende le corps immobile. Vingt-six toiles, les premières aux traits simples, essentiels, puis les années filent et Frida prend de l’assurance, épouse Riviera, bonheur et de nouveau les drames, la vie s’échappe et se retrouve au mur. Coups de brosse, carnets à l’esthétique brutale. Pas de concession.
La maladie de l’enfance, à six ans, la destine à des études médicales mais c’est aux suites d’un accident de tram en 1925 que Frida Kahlo deviendra, par désespoir de cause, la peintre mexicaine reconnue aujourd’hui internationalement. C’est cependant aux dernières années qu’une telle reconnaissance lui sera octroyée. Musées, critiques, médiatisation s’enivrent pour le destin d’un être humain et sa création nous confrontant à ce que nous sommes, êtres de viandes pourvus de fantasmes.
Un jour parmi d’autres, disons, jeudi. Bruxelles et l’hiver emporte au sein du grenier pré fabriqué une myriade d’individus, venu contempler « pour de vrai » la fragilité d’une femme, qui sublime la douleur au regard de tous. Mexique ! Couleur ! Voilà davantage ce que l’on retient de la thématique hivernale consacrée à la culture d’un pays où la mort côtoie les danses et le sourire masqué, enflammés de lumière. Réchauffe le coeur de Frida Kahlo ! Parce qu’ici, on a souvent l’âme grise, même sans béquilles ni plâtre. Faire voir, juste comme ça, ce qu’il y a de beau et même, au pire, de vital. Sans complaisance, mais pour être encore avant les derniers jours.
Frida Kahlo est aussi l’artiste peintre d’un siècle d’idéaux, naïveté feinte dans la clairvoyance extrême d’une création capable d’enfreindre les règles de l’intellectualisme au profit d’un art viscéral, où elle progresse au fil du temps, précisant le réalisme, symbolisant l’image pour qu’il demeure en nos consciences l’au-delà spirituel. Malheur d’un être qui invite au spectacle hallucinant des renaissances, une femme au masque fragmenté nous offrant, l’espace d’un transfert transcontinental en vingt-six exemplaires, l’authentique rage de vivre. "
Alexandra Gaudechaux 
Commentaires
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