Mais les grandes désillusions de cette biennale sont des accrochages et scénographies spectaculaires d’où il ne surgit aucun spectacle. Peut-être que celui ci était réservé au vernissage et aux journées professionnelles !!? Il en résulte des espaces d’exposition en déshérence, où une pièce comme celle de Sarkis (L’Ouverture 2009 ) fait un grand flop et où (par exemple) l’œuvre de Jimmy Durham (représentée par Regarde 2009 et Thinking of you 2008 ) passe pour un accessoire technique sans cartel, éclairage où espace pensé… On a peine à reconnaître le grand savoir faire de Hou HANRU qui reste dans cette biennale comme une extension de son carnet d’adresse. Mais de ce X surgit tout de même des grands bonheurs comme … Shilpa Gupta (inde) ressussée Duchampienne, ready made moderne, la sculpture de cet indien va encore plus loin en marquant le dérèglement contemporain d’un simple ready made : volet de portail électrique automatique dont la force d’ouverture ou de fermeture attaque la cimaise sur laquelle il est fixé.  Cerise sur le gâteau, ce portail en fer forgé joue avec son ombre portée et crée une œuvre cinétique. Une œuvre originale qui va vivre tout au long de la biennale en attaquant chaque jour un peu plus la cimaise qui se fend, s’écaille et va tomber en morceau. Gageons que le portail ne s’effondre à trop attaquer son support. Lin Yilin (chine) présente le film d’une performance et navigue lui aussi dans une réadaptation de performance fluxo militante.  Un homme menotté Poignet/Cheville, évolue dans des lieux publiques. Proposant une dénonciation d'une libertée d'expression muselé par un pouvoir politique. Avec cette question : le chinois est-il un citoyen du monde comme les autres ?

Dan Perjovschi (Roumanie) nous offre des murals de graphismes à la craie blanche tracés sur des cimaises recouvertes de peintures ardoise. Des dessins qui ne manque ni d'ironie ni de fraîcheur et animent cette terne biennale.   Bien sur entre les stars comme Sarah Sze (USA) qui nous revient avec un planètarium new age de de bric et de brac, on retrouve les ethniques officiels comme la marocaine Latifa Echakhch et ses gravures sur linoléum. La grande salle des jonglages du japonais Michael Lin , est impressionnante. Ce jongleur fou s'amuse avec n'importe quel objet et présente une suite de vidéo où, et c'est dommage, cirque et performance annihilent leur pertinence. Contrairement à Pedro Retes (Mexique) dont le concept décliné en performance dont le résultat présente un ready made minimal très cohérent.     Cette pièce qui se présente comment une collecte d'arme dont les matériaux métal et bois ont été transformés en pelles qui vont servire à planter des arbre. Si cette pièce fait le tour des grandes expositions, sa présence à Lyon apporte tellement de boheur à cette biennale qu'on en redemande. Entre le funérarium du chinois Yang Jiechang (encore) tel un ossuaire de céramique, monument d'un hypothétique génocide.  l'armée mécanique de l'indonésien Jompet Kuswidananto, les grands dessins du turque Ceren Oykut ou les néons du portugais Pedro Cabrita Reis sur la sucrière et aux entrepôts Bichat.

Les Pièces les plus surprenantes de toute cette biennale furent sans doute les fragiles structures du japonais Takahiro Iwasaki dont les sculptures, grues ou poteaux électriques, venaient phagocyter des objets usuels, respectivement structures de livres ou vallons de foulards. Un travail qui nous entraîne dans un gullivérisme et une réflexion propre à nous replonger dans nos rêves d'enfant.

Cette pièce et celle du chinois Tsang Kinwah, douche de typographies vidéographiques rouges furent à même de nous faire imaginer une nouvelle façon de voir le monde, de vivre l'art de notre temps. On a eu chaud… car c'était pas gagné.