En pénétrant la nef du grand Palais, Le " white cube " (la galerie, le musée neutre où chaque œuvre est sacralisée) est là. La possibilité d’une île artistiquement contemporaine au sein de l’architecture de verre et d’acier du vénérable cristal palace des expositions universelles des temps jadis. Une enveloppe blanche signée par l'architecte Philippe Rahm et qui sacralise même le visiteur qui se retrouve en terre artistique, œuvre parmi les œuvres.  Et puis pour habiter cette planète trois commissaires Jean Yves Jouannais l’iconoclaste, Didier Ottinger l’institutionnel (Centre Pompidou) et le provincial du monde (il a créé le CAPC musée de Bordeaux) et pour épauler ces noms peu connus du grand publique : des parrains appelés visiteurs (sic ??) vocable assez bizard quand on sait qu’ils évoluent en dehors de la nef du Grand Palais. Ainsi Lavier, Buren Orlan Collin-thiébaut, Messager et Pierre & Gilles s’égaient dans les grands lieux de la capitale : qui le Musée Grévin, qui la tour Eiffel, qui l’église Saint-Eustache, qui le Palais de la Découverte ou le Musée du Louves. Mais revenons aux jeunes artistes (appelé résidents) qui habitent le White Cube éclaté de Philippe Rahm.  Là c’est près de 40 artistes qui se disputent la vedette. Nous pourrions tous les citer : mais entre l’obsession proustienne de Véronique Aubouy, le puit de connaissance de Julien Prévieux, le pointillisme numérique de James Colman, la sculpture sonore de Nicolas Fenouillat, le bric à braque du monde enchanté de Fabrice Hyber, l’œuvre que tout le monde piétine de Stéphane Mangin, le spectaculaire Kebab d’images de Wang Du ou les surprenants écorchés mécaniques de Philippe Mayaux qui apportent un peu de mouvement dans ce jardin ; mais lequel choisir ?  Alors bien sûr, la star incontestée de cette Force de l’Art 02 reste le ballon miroir de Bruno Peinado. Il reflète et bouge selon l’ambiance (humaine et lumineuse) qui l’entoure sans autre artifice que sa forme, sa matière et sa densité. Un concept de vie simple qui entre en osmose totale avec l’architecture de Rahm.  Pourtant, l’œuvre la plus étonnante est le cadre géant de Gilles Barbier. Sculpture qui nous plonge dans un gullivérisme à double sens lorsque l’on se rend compte que les photos noir et blanc (renouvelées chaque jour de la Force de l’Art) de ce cadre minimaliste sont en fait des dessins hyperréalistes.

Autre mise en abîme, le vivarium verdâtre de Michel Blazy ou le flocon igloo signé Le Gentil Garçon.

 Alors que certaines de ces « jeunes pousses » citent directement leurs racines : Gordon Matta Clark pour la maison découpée de Grout et Mazéas, le monochrome déchiré de Fontana pour la griffe ancestrale de Virginie Yassef, d’autres flirtent avec l’étrange. Ainsi la galerie érotico-banale de Butz&Fouque, le trombinoscope d’Olivier Bardin ou les sculptures new age, moulages d’arbres et bas-relief de sillons de labour, de Didier Marcel.

Mais qu’elle conclusion tirer de cette Force de l’art 02 ? Une très belle surprise… de très belles choses, des artistes dans la force de leur art et ne scénographie qui aurait pu être encore encore mieux, car on nous avait promis un écrin dynamique et organique tout en rondeurs près à accueillir les œuvres comme une seconde peau et nous avons eu simplement droit à un "white cube" éclaté, un espace de flactales post numériques… Problèmes de budget, de faisabilité, de conception, de temps… nul ne le sait !!!!. En tout cas, les visiteurs-pingouins qui abordent cet iceberg à la dérive regrettera ne pouvoir venir et revenir assister encore et encore aux performances et événements que proposent jours après jours artistes et médiateurs au gré de ce jardin extraordinaire de l’art contemporain en marche.