Résumons l’opération. À l’heure où l’artiste britannique Damien Hirst vient de vendre sa dernière œuvre « For The Love If Gode » (un crâne de platine recouvert de 8601 diamants) à un consortium de collectionneurs dont il fait partie (ça ne s’invente pas). dhr.jpgdhr-2.jpg Alors que dans la foulée Hirst squeeze avec succès ses galiéristes pour vendre, lui-même, aux enchères 287 de ses œuvres.

De l'autre côté de la Manche un des deux grands collectionneurs Français, homme d’affaire proche du pouvoir, monte avec un ex-ministre de la culture (qu’il avait auparavant embauché pour diriger sa fondation) aujourd’hui devenu directeur du Domaine de Versailles, une exposition événement d’une autre star de l’art gens, le néo pop américain Jeff Koons. JKaff.jpg Ex trader (par les temps qui courent, il vaut mieux être artiste que trader !), star de la provocation et du kitch assumé, Koons est lui aussi un homme d’art gens.

De là à penser que cette exposition au château est un coup destiné à booster la côte de l'artiste… il n’y a qu’un pas. JK8.jpg JK5.jpg Néanmoins, certaines des œuvres de Koons entrent (notamment les rutilants Baloons) en heureux conflit avec le luxe de Versailles par une mise scène intelligente (un peu comme Sofia Copolla avait filmé Versailles). JK6.jpg Par contre les pièces Kitchissimes comme les statues Pink Panther ou Michael Jackson surjouent et pointe du doigt le mauvais goût versaillais jusqu’à plus soif. De ce fait l’ambiance du château du roi soleil devient irrespirable.

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Pourtant le coup est réussi et les égarements contemporains des nuits blanches versaillaises se trouvent ici concrétisées. La preuve ici encore que tout ce qui brille peut se transformer en or.

JK15.jpg Alors si la foule touristique ne vous rend pas claustrophobe, si l’ambiance métro château ne vous effraye pas, vous avez jusqu’au 4 janvier 2009 pour visiter le roi Jeff.