Paris, le 9 Juin 2007 Poitiers, départ à 6h pour Paris et la folle journée d’expositions qui m’attend. Non, ne vous méprenez pas, malgré le fait que j’ai eu du mal à ouvrir cet œil tout pâteux de sommeil, j’ai déjà hâte d’y être, hâte de voir… Après quelques heures de trajet, arrivée en milieu de matinée … Je file à la Maison Rouge (www.lamaisonrouge.org) … mrouge

J’y arrive, quartier Bastille, ici quartier Bastille, cinq minutes d’arrêt et un quart d’art…d’heure de marche… Découverte d’un artiste au nom imprononçable…Philippe Van Caeckenbergh. trousouris Son exposition est constituée d’une vingtaine de pièces ayant pour thématique l’architecture. Enfin, thématique, je ne sais pas si c’est le mot, car, à première vue, il semblerait que cet artiste belge s’octroie une grande liberté quant à l’interprétation d’une pensée architecturale… Rien de trop carré ou froid, rien de standard. Mais un monde, un univers, somme toute très personnel, en proie au rêve et à l’allégorie… D’un fragment de peau à la rondeur d’une roulotte-coquillage, on se prendrait presque à voyager dans une fantasmagorie atypique… Si l’est un thème à ses œuvres, ce serait sans doute la métaphore de l’architecture, un appel ouvert à l’invention, le farfelu, ou peut-être l’insolite habitat de nos pensées secrètes… Quoiqu’il en soit, c’est un voyage qu’il nous propose et que je vous convie vivement à aller visiter… cheval poele

Architectures sous diverses formes, osées, rêvées, irréalisables d’ambitions… folles. Folles comme le furent les créations d’un certain André Bloch qui renie tout conformisme architectural : A quoi bon, les immeubles carrés, les cases à lapins et les cages à poules. Un rêveur, un révolutionnaire sans aucun doute, avec ses idées folles et son envie de changer les choses. Un artiste, évidemment…

Jeux d’espaces, jeux dans un espace, on joue là à transformer, modifier. On réinvente les choses établies. On se les approprie. Sans doute y a-t-il en Felice Varini un grand joueur, qui analyse finement l’espace qui lui est donné avant d’y intervenir par de gigantesques lignes de peinture issues d’un même point de fuite, créant ainsi une perturbation totale de l’espace, une impression d’infini dans un lieu lui-même support pictural. archi1

Me rend ensuite à Beaubourg. Haut fief de l’art contemporain, pas mal de touristes, pour ne pas dire une véritable invasion agglutinée autour d’une petite troupe d’artistes de rue … Et puis ça et là de jeunes gens circulant pour distribuer les programmation du festival Pocket Film… Oh ! Ils sont nombreux les films, trop nombreux pour tous les voir : Cette manifestation me semble être un énorme succès, d’autant plus que les dispositifs mis en place sont nombreux et accessibles à tout public : La diffusion des films en compétition, des courts, des longs, des moyens, des verts , des bleus… Des initiations à la vidéo et au montage de films réalisés avec la téléphonie mobile et une ouverture sur les nouvelles pratiques artistiques liées à ce médium émergeant … Une belle organisation derrière tout ça, vraiment, et la forte mobilisation de toute l’équipe du festival à saluer… Au-delà de cela malgré tout – tout n’est pas toujours rose- l’exposition récemment ouverte de l’œuvre d’ Annette Messager. annette

Et là- ce n’est que mon point de vue- je me suis trouvée un peu déçue de ne voir au final qu’une énorme partouze de peluches dans tous les coins, presque dans chaque pièce, des peluches, des peluches qui se torturent, qui s’emmêlent, des peluches qui se mutilent, blessées mortellement au point d’en vomir tout le coton de leurs tripes… Trop de nounours vidés et décharnées, de poupons aux viscères qui s’étalent sur des longueurs incommensurables, trop de poupées qui pleurent encore la perte d’un bras, ou qui ne la pleurent même plus, à défaut d’avoir encore une tête pour se laisser aller au chagrin… Et puis les peluches volent, les peluches s’amoncellent comme des tas au sol, les peluches, les peluches, les peluches…

Non, trop de peluches en mal de vivre et de nounours incompris… Je reconnais que je connaissais pas l’œuvre d’Annette Messager sous le joug d’une telle dominance enfantine : Voire même d’une redondance assez pesante au final de cette rétrospective pourtant riche et originale. Pesante car en réalité très sombre. Une ambiance malsaine s’en dégage.

L'univers d'Annette Messager, qui emprunte à l'imagerie populaire, à l'art brut comme à l'art savant, repose sur une dualité subtile, suscitant chez le visiteur des sensations contradictoires, entre attraction et répulsion. annette proverbe Quant à moi, ni l’une ni l’autre, peut-être juste un grand sentiment d’être restée sur ma faim, et une grosse satiété « peluchale »… Une overdose de bestioles molletonnées au destin tragique… messager n et b