fiac1 Je n’hésiterais pas réitérer cette expérience « fiacqueuse »l’année prochaine, car sachez bien que pour une nature curieuse comme la mienne, c’est sans doute l’endroit idéal… Riche, diversifié, labyrinthique : on en ressort avec un grand mal aux pieds, mais je crois que toute cette profusion d’œuvres et de créations vaut largement deux trois pauvres ampoules… Pour info : il y a plusieurs fiacs dans la Fiac… La première, c’est peut-être pour moi la plus intéressante, car la plus foisonnante en jeunes talents que l’on ne connaît pas forcément. On découvre, on s’indigne, on s’émerveille devant un Art contemporain en effervescence, une ébullition de créateurs émerge devant nous, c’est un vrai bonheur… et ça sent le frais. N’oublions pas l’annonce du convoité Prix Marcel Duchamp, et une gagnante cette fois, succédant à Philippe Mayaux, Tatiana Trouvé.

www.adiaf.com/interface.swf (Pour voir les oeuvres concourant au Prix et plus d’infos sur les lauréats antécédents…) fiac2 Après avoir pu apprécier le travail de chacun des artistes nommés, le jury a choisi d’attribuer le Prix Marcel Duchamp 2007 à Tatiana Trouvé. A mon grand regret je l’avoue sans honte, car mon attention se tournait plutôt vers l’œuvre -et le travail en général- de Richard Fauguet… Utilisant tous les objets les plus anodins ou les plus inattendus pour ses créations, dessinant sur des lasagnes, réutilisant le sourire de M. Propre, les mannequins des pages des Trois Suisses ou les tubes de cheminée our les détourner de leur utilité première,tout est bon à en faire une œuvre. J’aime son humour et son sens de la dérision autour de la vie, et le fait que toute sa démarche puisse donner à penser.

Penser que la vie pourrait être autrement.

Son œuvre présentée pour le Prix Marcel Duchamp cette année est une formidable installation, avec une simple table de ping-pong, et des balles retranscrivant le mouvement décomposé d’un jeu sans joueur, d’une partie sans adversaire…mais où la vie semble s’imposer par le simple parcours d’une balle… fauguet pingpong Pour ma part donc, petite amertume personnelle qui n’enlève néanmoins rien à la qualité du travail de Tatiana Trouvé, la gagnante, laquelle a su séduire par un processus de travail abouti et l’affirmation d’ un univers très personnel. Le rapport qu’elle entretient aux matériaux et aux espaces, ainsi que la consistance de son projet artistique ont convaincu le jury qui a également apprécié le caractère visionnaire de sa démarche trouve1

Jeux de miroirs, décomposition réfléchie de l’espace, le spectateur semble intégré une installation déroutante, et pourtant mise en scène très simplement… trouvé 2 Trop peut-être ? J’avoue que « cette œuvre ne paye pas de mine », j’ai failli passer à côté sans m’y arrêter… C’est pour dire… Je pense vraiment que Trouvé a tout misé sur un concept, une pensée, et a mis de côté tout le sens esthétique et sensible de son œuvre. A Vrai dire, je ne suis pas du tout emballée, le discours est trop imposant, il n’y a sans doute plus beaucoup de place pour l’œuvre en elle-même… Question de goût: j’assume, moi, fan de Fauguet !!

Par ailleurs, notons-le, Tatiana Trouvé est invitée à créer une œuvre originale pour le Centre Pompidou qui sera présentée au printemps 2008 dans l’espace 315.

Née en Calabre, Tatiana Trouvé grandit à Dakar, au Sénégal. Après des études artistiques à la Villa Arson de Nice et aux Pays-Bas, l’artiste se consacre à partir de 1997 à une seule œuvre, le Bureau d'activités implicites ou BAI, qui, au départ, est une structure d’archivage destiné à conserver des projets inaboutis. Cet ensemble ne cesse de croître et de se modifier au gré de « Modules » : Le Module d’attente, le Module de grève, le Module administratif, etc.

Petit à petit au BAI se sont adjointes des constructions miniatures, maquettes de lieux, d’ « activités implicites », nommés Polders, en référence aux structures hollandaises qui permettent de gagner de la terre sur la mer. Le BAI acquiert ainsi le statut d’univers autonome en rhizomes, «géré par un temps hors du temps, dans l’idée d’éther», qui classifie, inventorie et garde la mémoire des idées et activités de l’artiste.

Pour justifier sa démarche, Tatiana Trouvé déclare : « Pendant des années, mon travail a été inexistant : ce n’était que projets, titres et idées pas incarnées. (…) Le Bureau est venu comme une carapace, un lieu de stockage et de visibilité de ces choses. Un cerveau ».

« Je parle un peu du Bureau des activités implicites comme si

c'était lui le cerveau et moi l'ouvrier.

Ou l'employée. J'ai sans cesse des réglages à opérer sur lui, pour que son mécanisme fonctionne. Peut-être qu'un jour il y aura une panne centrale ou un accident et alors le BAI sera fini. » money

Grand Palais, Grand Palais, pourquoi es-tu si grand ?

Si grand, j’entends huppé, démesurément mondain … Parce que, nous ne jouons plus dans la même cour mes petits : C’est le Grand Monde de l’Art Contemporain, l’Elite, le gratin… Outre l’abondance d’œuvres ultra connues d’artistes internationaux, mondialement reconnus venus exposer leurs talents par le biais d’une impressionnante diversité de galeries réputées, ça sent le Fric, le vrai, le puant : N’importe quelle personne lambda comme moi se sent un peu miséreuse aux côtés d’une vieille Baronne qui négocie à grand coups de centaines de milliers d’euros l’acquisition d’un Renoir à mettre dans son salon, ou, pourquoi pas, une petite statue de Louise Bourgeois… 385000€ , Pas cher, pour décorer la véranda … Pff … 160000€ le tirage photographique de Diane Arbus ?! "Pas assez cher, mon fils…"

Quant aux Wim Delvoye, Combas, Duchamp, Basquiat ou Warhol, n’en parlons pas, on friserait l’indécence… Et bien oui : c’est regrettable, mais la Fiac au Grand Palais, c’est un peu le business des galeries de luxe, on s’y sent vraiment tout petit quand on trime pour toucher le Smic à la fin du mois… Bah, ne soyons pas si dur : Au moins, c’est une des rares occasions de se confronter à des œuvres magistrales autrement que dans des livres…