L'été se termine avec son cortège d’expositions… Tous les deux ans la citée des doges dresse un panorama de l’art contemporain, cette année plus que jamais, ce fut la fête et alors que tous les médias parlent de cette biennale, et aussi habituellement de son vainqueur (surtout s’il est Français, européen ou américain), aujourd’hui, impossible de savoir qui a été couronné grand prix de cette 52ième édition. Quid ? cherchons ! et oui ! ce n’est pas un hasard si cette année ce grand prix est passé sous silence, car qui voudrait parlé d’un simple photographe Malien ? Oui, « MALICK SIBIDÉ est le grand prix de cette 52ième biennale de Venise… » et qu’on se le dise ! Malick234 Mais parcourons aussi avec Élodie Lécuiller les autres noms remarquables qui font encore vibrer Venise jusqu’au 21 novembre.

« Sept intellectuels dans une forêt de bambou »

On ne pouvait pas se réunir confortablement, une fois encore, pour la 52ième biennale de Venise sans penser à la misère du monde… En effet, c’est tendance ! Et ça tombe plutôt bien, car c’est un art fortement engagé que nous présente cette année, la manifestation vénitienne. Et s’Il paraît naturel de devoir se positionner politiquement et socialement lorsque tant de pays se réunissent pour fêter la création contemporaine, ça en devient lourd, lorsque cela se passe dans l’un des plus beaux endroits du monde ! Sincèrement, artistes, professionnels de l’art et visiteurs fidèles, vous êtes-vous à ce point sentis concernés par cette ouverture, au point que ça ait dérangé votre psychisme ou votre création ? En deux mots votre face à face avec toutes ces œuvres nouvelles à t’il changé votre vie ?? Pour cette dernière édition, il s’agit de se prendre au jeu (encore !). Tel un pion au milieu des pavillons de l’Arsenal, micro géographie mondiale estivale, il faut tracer son chemin. Pour cela quelques règles : ne pas manquer les héliographies de l’argentin Léon Ferrari. Rester ouvert à l’accès ludique de la miniature qui est utilisé dans beaucoup de pièces faites de maquettes, d’animations ou de plans. Et, lorsque vous chercherez la sortie de ce petit monde de l’art vénitien, petit soldat de jeu vidéo (récemment adoubé par l’art contemporain,) Adel Abdessemed ne manquera pas de vous dire « EXIL : » une sortie de secours bien préparée par une tendre et exotique fascination du bidonville (que c’est touchant !). venise107 Mais ne soyons pas cyniques ; parmi la multitude de propositions certaines restent excellentes et très pertinentes. Telle, la salle consacrée à Francis Alÿs et son boléro. Ou Make America Strong de Francesco Vezzoli qui est bien sûr une des pièces qui capte le plus, et fonctionne par sa facilité certes, mais aussi avec le décalage des acteurs. (Il faut bien avouer que Sharon Stone porte divinement le col Courrège…) venise307 Mais la participation la plus fraîche et la plus honnête nous vient du pavillon Roumain. Car la légèreté des dessins de Dan Perjovschi nous ramène à une vérité sans fards. Les autres stands apparaissant alors perclus d’artifices et d’anecdotes sans objets…à l’image de cette exposition, qui reste la trop propre carte artistique contemporaine… vue de Venise. EL