La Documenta XII se termine le 23 septembre 2007 et les avis sont mitigés, les opinions controversées. Ouverte sur la Chine et vers les pays émergents, la grande fête estivale annuelle de l’art contemporain surprend et lasse, agace et séduit comme un passage obligé. docu2 Élodie Lécuiller nous propose un face à face avec les oeuvres exposées cette année en Allemagne : correspondance… regard d’artiste ?

Heureux qui comme Ulysse… se trouvait à Kassel pour la Documenta ! Même si la statue, emblème de la ville, est en restauration, le poids de la mémoire surplombait toujours la Kassel. Ai WeiWei, évènement de cette douzième édition, avait bien sûr donné le ton avec fairy tale. Le parcours de cette Documenta 2007 se trouva donc parsemé des restes de sa performance : il nous faut nous asseoir aux pays des mille et une chaises chinoises, œuvre en totale concordance avec le choix sensible des œuvres présentent cette année. docu1 Car, malgré la rigidité apparente, un grand anticonformisme s’émane de ce rassemblement où les créations paraissent moins accessibles, mais très fraîches par leur sincérité : la prise de risque est bien plus présente par le simple rapport affectif. Particulièrement dans la Neue galerie grâce aux dessins contrastés d’Annie Pootoogook, les photos reprise de Louise Lawler, les collages de C.K Rajan, ou encore les dessins d’enfants de Peter Friedl. Certes les rapprochements sont parfois trop formels, et la trop grande attention vers l’Est peut elle aussi nous déconcerter, mais le rapport à l’affect nous rend cette sélection indiscutable. Car la confrontation aux différentes époques des trois questions que pose cette Documenta 12, la première sur l’Antiquité, nous offrent une réflexion par réminiscence. Ça sent le vieux, et ça sent bon ! Laissez-vous aller à la complaisance de l’attachement même si c’est un i-pod rouge coquelicot,(audioguide en accord avec l’installation de Sanja Ivekovic sur la Friedrichsplatz,) et non les frères Grimm qui vous content, bien mieux et en anglais, les motivations de cette sélection 2007. Ainsi votre perception ne perdra rien en finesse, car c’est intelligence de se risquer à dire : « que l’on sent et que l’on aime ! » EL