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Fondation Cartier jusqu’au 27 mai à la Fondation Cartier, boulevard Raspail à Paris. www.fondation.cartier.com

David Lynch existe… je l’ai rencontré ! Et je me suis entré dans un Eraserhead en trois dimensions, un univers de tableaux en relief, de photos truquées, de décors sans échelle, de gribouillages de bidouillage de tous ce qui fabrique et nourrit le monde de Lynch. Outre la conférence de presse organisée par la Fondation Cartier où le réalisateur protéiforme américain brilla par sa patience, sa sincérité et son art. The Air Is On Fire est une vraie expo Lynch : étrange et foisonnante, spectaculaire et angoissante. Dès que l’on entre boulevard Raspail, c’est un son qui nous pénètre. Un son rauque et profond, grave et lancinant. Et puis d’immenses cimaises en poutres d’acier et rideaux colorés nous « gulliverrise ». Ici plus d’échelles, plus de réel, nous pénétrons dans le monde de lynch comme dans celui de Narnia, par enchantement. Mais le créateur nous révèle des surprises. Totalement impliqué dans cette exposition et sa scénographie, le sorcier de Twin Peaks occupe aussi le sous-sol de la Fondation Cartier avec un décor onirique et une mini-salle de cinéma. Instalations entourées de photographies volées, retouchées, truquées, imaginées au gré de la filmographie de Lynch. Alors est-ce dire que ce réalisateur hollywoodien est-il un vrai artiste ? Oui ! car il ne faut pas oublier que bien avant d’être réalisateur, Lynch peignait, Lynch dessinait, Lynch avait fait une école des Beaux-Arts… Alors, comme le dit la légende, que ça soit le vent, ou pas, qui animant un élément d’une de ses toiles en chantier, ait plongé David Lynch dans le mouvement, l’expérimental et le cinéma, peut nous importe… Car The Air Is On Fire est une vraie exposition. On y trouve des toiles monumentales (on retrouve certaines similitudes avec Julian Schnabel) en relief, des photos, des dessins et ,chose rare, les premiers courts métrages (entre 67 et 77) du maîtres de l’étrange né en 1946 à Missoula dans le Montana. Après il ne vous restera plus qu’à déguster son nouveau film INLAND EMPIRE, pour imaginer un autre cinéma, celui de Lynch.

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