Une exposition étrange vient de se terminer à la Galerie Templon. Son nom : Les Messagers De La Mort Décapités. Étrange car elle sort de tout ce que l’on pourrait voir aujourd’hui, étrange car on n’imagine pas les pièces exposées, 30, rue Beaubourg, comme des produits à collectionneurs. Étrange aussi et courageux, car ce show semble le fait d’une institution et non d’une des galeries les plus célèbres de Paris celle de Daniel Templon. La grande installation de fin de fête de chiens où des dépouilles de clépbars empaillés dans un décor apocalyptique de fin de Party… nous plonge dans un univers provocateur et atypique. Et nous voilà immergé dans le monde du : sculpteur, dessinateur, vidéaste, chorégraphe et metteur en scène de théâtre, Jan Fabre. Cet artiste Flamand, qui su si bien enflammer le festival d’Avignon, nous présente ici une scénographie en trois tableaux : un, la fête des chiens, deux, les mannequins blancs criblés d’armes blanches, et trois, des masques de rapaces nocturnes sorties tout droit du dernier film de Kubrick. Têtes d’oiseaux, mi-hommes, mi-animales, dont les yeux grands ouverts surgissent d’un capuchon de plumes. Têtes décapitées, posées sur leur socle comme autant d’offrandes à la provocation d’un « art limite » ou d’un nouvel « art total », celui de Jan Fabre.