Il a fait couler beaucoup d’encre ce Musée des Arts Premiers. Un terrain qui s’écoule le long de la seine dans un des arrondissements les plus prisé de la Capitale, sous la tour Eiffel, ça excite les convoitises. Un Architecte de renom, polémique et talentueux, un prince sans trop d’éclat qui s’imagine consacré par ce fait muséal, et les collections de trois musées et de réserves oubliées, qui ouvrent la polémique sur le pillage des civilisations anciennes et autres colonies oubliées. Tous les ingrédients étaient réunis pour qu’en ce beau mois de juin, le musée des arts premiers, pardon ! le musée du quai Branly fasse la UNE. Pourtant lors de cette première découverte, on découvre un chef d’œuvre, un vrai musée qui nous oblige à choisir notre chemin, qui nous offre une visite à travers le temps des civilisations d’avant. Et le secret de ce musée intelligent, c’est une pente. Une pente, qui, le long de la seine, nous oblige gentiment à monter le courant (le musée longe la seine) à contre-courant et à défricher des espaces nouveaux, des vitrines improbables qui comme des projections sorties d’on ne sait quelles malédictions indigènes offrent ou soustraient à notre regard ces arts d’un autre temps. Inversement, lorsque l’on prend cette pente dans l’autre sens, le musée nous guide sans effort vers une autre lecture… descente de l’Orénoc ???! Musée obscur et coloré, musée végétal et minéral, lorsque le musée du quai Branly nous rend à la lumière et aux jardins, on crois avoir rêvé, avoir musé. C’est peut-être ça l’art (dixit Paul Valéry) « nous faire voir ce que nous n’avons pas vu ! » et là, Nouvel, c’est du grand art !

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