Si comme moi, l’on parcourt à l’envers ces 50 ans de photographie de l’américain Lee Friedlander, cette exposition très didactique laisse tout d’un coup apparaître la magie du photographe. Car Friedlander, ami de Robert Frank et de Walker Evan, poursuit comme eux non pas une obsession pour américanisme, que veut promouvoir cet accrochage de 483 photographies, mais une véritable passion pour l’Amérique. Comme elle, l’œuvre de Lee Friedlander est immense dans sa production comme dans son humanité. Amour des gens et des paysages, amour de la photographie et des tirages en noir et blanc où le gris est le roi. Un gris qui détaille ses images urbaines. Une orchestration des gris qui révèle ses paysages presque déserts, cadre ses architectures incroyables, et habite ses déserts plein de vie. Et enfin la gamme de gris qui apporte la vraie dimension à ses improbables portraits. Seule sa série de nus aurait pu être passée sous silence… Mais le vrai tour de force de Friedlander reste dans le cadrage et dans son passage du Leica au Hasselblad. Deux marques renommées et deux formats de négatif, deux cadrages (le dernier est carré) dont Friedlander s’affranchit pour capturer et construire une véritable légende photographique aux paysages, aux architectures et aux gens vrais… de l’Amérique. C'est au Jeu de Paume à Paris jusqu'en janvier 2007

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