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mercredi 14 mai 2008

Le casse-tête chinois

E_stock est une des pièces produite en Chine à l’occasion de E-market à Shanghai. Durant les trois mois de montage d’exposition le doute a plané sur l’acheminement de cette pièce dans les délais. La question du rapatriement fait l’objet d’un nombre de mail incroyables à travers lesquels nous découvrons, au fur et à mesure, la complexité pour mettre en route les caissons de LED dont toutes les instructions sont en chinois.

Finalement avec l’aide de Chen, étudiante Chinoise de Poitiers, ils seront mis en marche à temps. Jean-Jacques se fera tout de même une petite frayeur électrique en découvrant par la même occasion les différences de norme de sécurité entre la Chine et la France.

Une fois installés, je suis satisfait d’avoir proposé à Maurice une séparation entre les caissons d’E-stock et la Vending Machine. En effet les LED dégagent une forte lumière rouge et la cloison permet de mettre en avant l’œuvre en l’isolant un peu du reste de l’exposition.

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mardi 13 mai 2008

Un petit bijou… d’émotion

Les Frozen feelings sont des volumes réalisés à l’origine à la fraiseuse numérique, cartographiant les émotions relevées sur le net par Maurice Benayoun. La précision industrielle, la matière très particulière de la résine donne à ces galettes une valeur quasi scientifique proche d’une représentation mais en volume qu’un sismographe fait d’un séisme.

Mais cette valeur scientifique ne se fait que formellement, et le spectateur est plongé dans une ambiguïté relative à la véracité des informations qu’il reçoit. C’est cette ambiguïté qui fais la force de cette œuvre, l’artiste est bien conscient qu’il n’établit pas une étude sociologique sur l’état émotionnel du monde, mais une mise en forme toute symbolique de la fragilité non pas des émotions mais des sources d’information mondialisé par le web.

Pour l’exposition sont présenté des Frozen feelings qui dérogent à la méthode de production des premières pièces, puisque celles-ci sont des volumes plus artisanaux à la manière de bijoux. On retrouve ainsi le Frozen plaqué or, l’argent massif, qui nous renvoient au fétichisme de l’objet. En jouant de cette façon sur la préciosité que peut représenter la cristallisation des émotions, l’artiste confirme qu’il ne s’agit pas d’un relevé scientifique mais bien d’une sculpture dans un espace d’art contemporain.

frozen feelings

mardi 12 février 2008

Faites le plein d’émotions

L’improbable distributeur automatique d’émotion fut co-produit par l’EESI en 2006. Inévitable pour cette rétrospective Benayoun, l’artiste décide de la disposer au bout du cheminement labyrinthique qui constitue la scénographie de l’exposition. Je lui suggère, là aussi, une cloison qui masque totalement l’objet à la vue du visiteur, seul le titre de l’œuvre reste visible. Mais la lumière dégagée par la machine titille notre curiosité à voir ce qui se cache derrière ce mur. Techniquement, cela permet également une isolation phonique nécessaire, étant donné le nombre de sources sonores présentent dans le même espace. La machine fonctionne comme les automates distributeurs de café et de confiserie inhérent à toutes institutions, vous tapez un code et vous obtenez un cocktail sonore d’émotion qui se joue devant vos yeux et dont vous pouvez récupérer la précieuse substance avec une clé USB. Tout comme le propose les Frozen feelings les sons de cette machine sont une cristallisation absolument arbitraire de données à caractère émotionnel provenant de la toile.

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samedi 9 février 2008

The-Dump.net, UNE décharge DE concepts

Figure de la démarche Duchampienne d'un art plus conceptuelle que plastique, Maurice Benayoun nous offre THE DUMP : une décharge qu'il allimente au quotidien depuis un an. L'intéret pour la pédagogie et la facécie amène cet artiste français touche à tout, à orienter ses recherches et son travail ,sur les réseaux et les flux de pensée, à développer un outil internet ouvert sur la création au sens large. Décharge à projets artistiques the Dump permet à la fois de déposer et de prendre, de consulter et de juger des concepts courts déposé sur le site. Ainsi tout ces projets qui passent par la tête de l'artiste sans que celui ci (dans l'immédiat) éprouve le besoin de les réaliser… Rejoignant en celà un pan des travaux d'Edouard Levé (qui nous a malheureusement trop tôt quitté) Maurice Benayoun, entre virtuel et factuel, nourit aujourd'hui le web d'une véritable action artistique en ligne.

Mais observons en détail The Dump avec Frédéric Sintes étudiant à l'EESI.

La décharge, telle est la traduction du titre évocateur de ce blog mis en oeuvre par Maurice Benayoun depuis octobre 2006. En effet, l'artiste de reconnaissance internationale estampillé « numérique » dépose dans cette mine une quantité ébouriffante d'idées, de projets artistiques voués à ne pas être réalisées, du moins de sa main, car le « Dump » est ouvert à tous et propose à qui le veut de réaliser les œuvres potentielles ainsi reléguées ou de proposer les siennes.

La plupart de ces idées n'ont pas été réalisées car jugées trop coûteuses, trop mauvaises ou tout simplement peu en phase avec l'artiste. Elles sont parfois présentées sous forme d'articles, parfois accompagnées d'une image. Petit à petit, les projets sont notés par les visiteurs du blog et finissent quelquefois par être réalisés ou tombent dans l'oubli.

De nombreuses propositions d'un cynisme assumé confinent au règlement de compte avec les médias, la société de consommation ou avec le monde de « l'art officiel ». Il n'hésite aucunement à jouer avec toutes formes de subversion.

De la farce au pamphlet, on y trouve des pièces où le kitsch devient une évidence de duperie, méprisant les superficialités « bobo » du monde de l'art, se gaussant d'une forme d'art moyen dont les Fiac sont les vecteurs les plus fervents. DumpByTheMetre.jpgDump Hab Dans Art Trap, il suggère une pièce d'exposition dans laquelle les murs se couvrent de logos publicitaires au fil des investissements du public. Quand les murs sont pleins, il n'y a plus qu'à empiéter sur la hauteur de l'entrée qui se ferme progressivement...

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vendredi 8 février 2008

Au bout du tunnel... un lecteur DVD

Je ne repartis pas de chez Maurice B qu’avec les éléments de blrm et du dump by the metre mais aussi avec un petit carton rempli avec 13 cassettes bêtacam des enregistrements inédits d’un documentaire automatique du Tunnel sous l’atlantique. De manière optimiste j’annonce à Maurice que la numérisation via un lecteur bêtacam ne sera qu’une formalité. En effet l’idée est de faire numériser les contenus de chaque cassette de façon à pouvoir les lire sans interruption depuis un ordinateur. Mon enthousiasme retombe rapidement après avoir essayé tous les systèmes d’acquisition possibles et inimaginables sans résultat. C’est en interrogeant Léonard F, enseignant à l’EESI, que celui-ci eut l’idée de génie d’utiliser un lecteur enregistreur de salon pour faire le boulot. Plus question de logiciel d’acquisition ni d’exportation en tout genre, je n’ai plus qu’a appuyer sur le bouton REC et c’est parti pour 90 minutes, en attendant je peux tranquillement travailler sur la mise en page du Dump by the metre.

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The dump by the metre, soixante quinze mètres de blog

Là aussi Maurice B m’a confié la réalisation de cette pièce. Il s’agit « tout simplement » de la transposition du blog the-dump.net, sous la forme de lés de papier peint. Le but initial est d’obtenir un rouleau avec lequel serait tapissé une partie de l’exposition, le reste devant être mis à la disposition du public … à la coupe. La mise en page, le choix de l’imprimeur me prendront presque un mois, du coup les délais sont très serrés, nous recevrons la commande trois jours avant le vernissage et quelle surprise en ouvrant le colis de ne pas voir un rouleau de 75m mais quinze panneaux de 5m! Tout le travail produit en amont avait été fait dans l’optique de réaliser un rouleau, et à trois jours du vernissage plus de recourt possible auprès du fournisseur… il faut faire avec. Finalement, les cimaises mesurant 2,50m de haut, ce format se révèle très pratique pour la pose de la tapisserie, et Jean-Jacques G « met la main à la pâte » pour me filer un coup de main salutaire la veille du jour J.

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mercredi 6 février 2008

Blind love ready made, un porno sans image, ou un porno sans son?

C’est lors de ma première visite chez Maurice B que celui-ci me confia la réalisation de Blind love ready made, pièce qui consiste en la diffusion sur un grand écran plasma des modulations du célèbre visualiser psychédélique du windows média player sous l’effet d’un extrait sonore de vidéo porno prélevé sur le net. C’est dans son atelier à domicile que Maurice me montre qu’il y a un souci avec sa version de média player qui ne module pas malgré les gémissements. Je suis un peu gêné lorsque Florence, son épouse, passe devant le bureau où nous constatons stoïquement le disfonctionnement des gémissements de plaisir… Peut-être est-ce la même gêne qui poussera Hubertus Von Amelunxen à faire baisser le volume de la pièce pour la venue du maire le soir du vernissage… Laissant seul l’écran bougeant toujours sous les coups de boutoir des cris saccadés devenus virtuels.

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lundi 4 février 2008

Du montage au vernissage...

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