Figure de la démarche Duchampienne d'un art plus conceptuelle que
plastique, Maurice Benayoun nous offre THE DUMP : une décharge qu'il
allimente au quotidien depuis un an. L'intéret pour la pédagogie et la
facécie amène cet artiste français touche à tout, à orienter ses recherches et
son travail ,sur les réseaux et les flux de pensée, à développer un outil
internet ouvert sur la création au sens large. Décharge à projets artistiques
the Dump permet à la fois de déposer et de prendre, de consulter et de juger
des concepts courts déposé sur le site. Ainsi tout ces projets qui passent par
la tête de l'artiste sans que celui ci (dans l'immédiat) éprouve le besoin de
les réaliser… Rejoignant en celà un pan des travaux d'Edouard Levé (qui nous a
malheureusement trop tôt quitté) Maurice Benayoun, entre virtuel et factuel,
nourit aujourd'hui le web d'une véritable action artistique en ligne.
Mais observons en détail The Dump avec Frédéric Sintes étudiant à
l'EESI.
La décharge, telle est la traduction du titre évocateur de ce blog mis en
oeuvre par Maurice Benayoun depuis octobre 2006. En effet, l'artiste de
reconnaissance internationale estampillé « numérique » dépose dans
cette mine une quantité ébouriffante d'idées, de projets artistiques voués à ne
pas être réalisées, du moins de sa main, car le « Dump » est ouvert à
tous et propose à qui le veut de réaliser les œuvres potentielles ainsi
reléguées ou de proposer les siennes.
La plupart de ces idées n'ont pas été réalisées car jugées trop coûteuses,
trop mauvaises ou tout simplement peu en phase avec l'artiste. Elles sont
parfois présentées sous forme d'articles, parfois accompagnées d'une image.
Petit à petit, les projets sont notés par les visiteurs du blog et finissent
quelquefois par être réalisés ou tombent dans l'oubli.
De nombreuses propositions d'un cynisme assumé confinent au règlement de
compte avec les médias, la société de consommation ou avec le monde de
« l'art officiel ». Il n'hésite aucunement à jouer avec toutes formes de
subversion.
De la farce au pamphlet, on y trouve des pièces où le kitsch devient une
évidence de duperie, méprisant les superficialités « bobo » du monde
de l'art, se gaussant d'une forme d'art moyen dont les Fiac sont les vecteurs
les plus fervents. 
Dans Art Trap, il suggère une pièce
d'exposition dans laquelle les murs se couvrent de logos publicitaires au fil
des investissements du public. Quand les murs sont pleins, il n'y a plus qu'à
empiéter sur la hauteur de l'entrée qui se ferme progressivement...