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mercredi 23 mai 2007

14 Cadrages et Débordements ???

Rien n’est plus ingrat que de juger une telle exposition, pourtant il s’avère que le cru 2006 des diplômés avec « félicitations du jury » de l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris est de très grande qualité. Ils sont 14, 14 artistes en devenir à accrocher sur deux étages leur premier travail hors de l’école (qu’ils ont quitté il y a un an) le temps de l'exposition Cadrage, Débordement. Ils sont 14 à livrer des travaux divers, allant de l’exposition lumineuse à la sculpture, de la gravure à la photo, de l’animation à l’installation, de la vidéo au dessin. Premières œuvres accrochées dans les salles d’exposition du Quai Malaquais (www.ensba.fr) sous la direction de Thierry Raspail (présent dans les 5 images) le directeur du Musée d’art contemporain de Lyon, et président de leur jury de diplôme.

Ils sont 14 à faire venir le tout paris de l’art à la recherche d’on ne sait quoi ! 14 à chercher un contact avec un collectionneur, un galeriste, un institutionnel ou même un amateur. Ils sont 14 à entrer aujourd’hui sur le marché de l’art avec leurs illusions, 14 producteurs d’art, dont les pièces sont certainement très loin des urgences de leur temps mais dont l’art attend pourtant les débordements… Débordements hélas apparemment déjà cadrés par le formatage d’une industrie. !!!!

Nicolas Dion, Julie Genelin, Aurélie Gérard, Nicolas Giraud, Pierre Guy, Julien Laforge, Estefania Penafiel Loaiza, Farid Mekbel, Astrid Méry Sinivassin, Marlène Mocquet, Julien Pastor, Marie Preston, Samuel Richardot et Corinne Van…14 artistes à suivre !

Cadrage Débordement jusqu’au 13 juillet à l’école nationale supérieure des beaux arts de Paris.

mardi 22 mai 2007

L’air de rien !

Voici une exposition-spectacle intéressante et ambitieuse, jardin extraordinaire qui réunit : arts plastiques, architecture, design, et paysage mais si tout le monde en parle, on sort déçu (si ce n’est perdu) d’Airs de Paris, décu des arts-plastiques comptemporains, au profit du design (architectures, objets et paysages). untitled Pour preuve, la magnifique installation de Louise Bourgeois qui clos ce grand catalogage, pièce qui relève plus de l’installation environnementale que d’un pur travail artistique. Dommage pour l’art et bravo pour les ambiances aux noms alambiqués et interminables (cf.www.centrepompidou.fr/airsdeParis). untitled Car cette exposition pluridisciplinaire, qui se donne l’enjeu « de traiter de la ville (Paris) et des grandes mutations qui la touchent » : Aujourd’hui, 50% de la population mondiale est urbanisée, un phénomène qui touche le bâti autant que les hommes qui en use, et les flux invisibles qui constituent les trames visibles et invisibles du tissu social, urbanistique, architectural de toute mégapole, ne relève pas clairement son défit. untitled untitled untitled untitled untitled untitled untitled Alors pourquoi Airs de Paris ? un hommage à Duchamp (un de plus) sient certain ! Et surtout pourquoi mettre en perspectives 60 plasticiens (photographes, sculpteurs, peintres et vidéastes) avec 30 architectes, designers et paysagistes sur Paris ? On peut effectivement regarder cet exercice comme une interrogation prospective d’un futur multiculturel fort. Comme une nouvelle monstration, organisée en débats participatifs (Airs de Paris est né d’un forum de discussions mené par un philosophe et un sociologue (Elie During et Laurent Jeanpierre)) dont il ne reste qu’un vaste fourre-tout offert à la branchitude. untitled À ce titre il est à remarquer quelques incohérences. Valérie Jouve et Djamel Tatah s’affrontent de façon irraisonnée. Nan Golding et Ange Leccia rivalisent vainement. Les frères Bouroullec font continuité (sic) avec Patrick Blanc. Et la secrète Zaha Hadid ne rencontre jamais une trop jeune Tatiana Trouvé ou un Gordon Matta Clark ressorti des réserves et à jamais irrévérencieux. untitled untitled En deux mots, AIRS DE PARIS est un beau catalogue qui ne manque pas d’air, mais d’où l’on sort en cherchant sa respiration, avec cette grande incertitude : celle de la réalité de la pluridisciplinarité de ce 21ième siècle.

Airs de Paris jusqu’au 15 août au Centre Pompidou et à Paris !!!!!!!

mardi 20 mars 2007

Biennale internationale design 2006 Saint Étienne

De cette biennale du design, je retiendrais principalement, deux sites. Celui de Fabrique 5000 et celui du Musée de la Mine ; autrement dit deux expositions, Cohabitations, un parti pris de Matali Crasset et It Depends Between… Art and Design, curaté par Lóránd Hegyi et Marc Partouche. L’enjeu de la première se situait autour de l’habitation et des "limites du design avec une invitation à les dépasser"1, celui de la seconde était de "troubler les repères, de produire des glissements, des indéterminations"2 entre art et design.
En visitant l’exposition It Depends Between… Art and Design, le doute m’a envahi. L’adéquation entre ce que l’on a voulu nous dire et ce que l’on nous a montré, ou plutôt ce qu’on a voulu faire dire aux pièces présentées, manquait de pertinence. On y retrouvait entre autres Pierre Huyghe et Philippe Parreno, Pedro Cabrita Reis, Berdaguer & Péjus, une majorité d’œuvres sélectionnées pour leurs similitudes formelles avec des produits manufacturés. Certes, à travers leurs formes, ces pièces faisaient références aux objets design, mais non à ce « qu’est le design ». La similitude se situait sur la première strate de la définition du design, celle galvaudée et fourre-tout qui nous fait dire que tel objet est design ou non. Mais s’arrêter sur une comparaison formelle c’est réduire le design à une histoire de formes d’objets, alors que c’est aussi largement une mise en forme des rapports humains à travers l’objet. En ce sens nous étions loin des indéterminations et du trouble annoncé. Matali Crasset, à travers son approche a su créer un no man’s land, un dépassement, là où ses deux confrères du Musée de la Mine se sont arrêtés à la frontière. En explorant l’habitation et en jouant les limites du design, elle tisse des liens vers des préoccupations parfois proches du champ de l’art contemporain, notamment vers tous ces artistes dont le travail est centré sur les rapports humains et leurs espaces de développements à travers le lieu ou l’objet. Peut-être la limite se situait-elle entre penser un objet ou un lieu de manière fonctionnelle, et penser la fonctionnalité à travers un lieu ou un objet. Même si elles étaient parfois timides et mal assumées du côté de leurs auteurs, des ouvertures se sont créées et le doute a pu s’installer, c’est en cela que les choix de Matali Crasset ont été faits avec justesse. L’exposition est restée accessible, elle nous a amené à voir un autre pan du design et surtout elle nous a laissé douter sur ce qu’est le design.

Florian Houssais

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1 & 2 cf brochure de la biennale

mercredi 14 mars 2007

Jan Fabre / Templon

Une exposition étrange vient de se terminer à la Galerie Templon. Son nom : Les Messagers De La Mort Décapités. Étrange car elle sort de tout ce que l’on pourrait voir aujourd’hui, étrange car on n’imagine pas les pièces exposées, 30, rue Beaubourg, comme des produits à collectionneurs. Étrange aussi et courageux, car ce show semble le fait d’une institution et non d’une des galeries les plus célèbres de Paris celle de Daniel Templon. La grande installation de fin de fête de chiens où des dépouilles de clépbars empaillés dans un décor apocalyptique de fin de Party… nous plonge dans un univers provocateur et atypique. Et nous voilà immergé dans le monde du : sculpteur, dessinateur, vidéaste, chorégraphe et metteur en scène de théâtre, Jan Fabre. Cet artiste Flamand, qui su si bien enflammer le festival d’Avignon, nous présente ici une scénographie en trois tableaux : un, la fête des chiens, deux, les mannequins blancs criblés d’armes blanches, et trois, des masques de rapaces nocturnes sorties tout droit du dernier film de Kubrick. Têtes d’oiseaux, mi-hommes, mi-animales, dont les yeux grands ouverts surgissent d’un capuchon de plumes. Têtes décapitées, posées sur leur socle comme autant d’offrandes à la provocation d’un « art limite » ou d’un nouvel « art total », celui de Jan Fabre.

The Air is on Fire / David Lynch / Fondation Cartier

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Fondation Cartier jusqu’au 27 mai à la Fondation Cartier, boulevard Raspail à Paris. www.fondation.cartier.com

David Lynch existe… je l’ai rencontré ! Et je me suis entré dans un Eraserhead en trois dimensions, un univers de tableaux en relief, de photos truquées, de décors sans échelle, de gribouillages de bidouillage de tous ce qui fabrique et nourrit le monde de Lynch. Outre la conférence de presse organisée par la Fondation Cartier où le réalisateur protéiforme américain brilla par sa patience, sa sincérité et son art. The Air Is On Fire est une vraie expo Lynch : étrange et foisonnante, spectaculaire et angoissante. Dès que l’on entre boulevard Raspail, c’est un son qui nous pénètre. Un son rauque et profond, grave et lancinant. Et puis d’immenses cimaises en poutres d’acier et rideaux colorés nous « gulliverrise ». Ici plus d’échelles, plus de réel, nous pénétrons dans le monde de lynch comme dans celui de Narnia, par enchantement. Mais le créateur nous révèle des surprises. Totalement impliqué dans cette exposition et sa scénographie, le sorcier de Twin Peaks occupe aussi le sous-sol de la Fondation Cartier avec un décor onirique et une mini-salle de cinéma. Instalations entourées de photographies volées, retouchées, truquées, imaginées au gré de la filmographie de Lynch. Alors est-ce dire que ce réalisateur hollywoodien est-il un vrai artiste ? Oui ! car il ne faut pas oublier que bien avant d’être réalisateur, Lynch peignait, Lynch dessinait, Lynch avait fait une école des Beaux-Arts… Alors, comme le dit la légende, que ça soit le vent, ou pas, qui animant un élément d’une de ses toiles en chantier, ait plongé David Lynch dans le mouvement, l’expérimental et le cinéma, peut nous importe… Car The Air Is On Fire est une vraie exposition. On y trouve des toiles monumentales (on retrouve certaines similitudes avec Julian Schnabel) en relief, des photos, des dessins et ,chose rare, les premiers courts métrages (entre 67 et 77) du maîtres de l’étrange né en 1946 à Missoula dans le Montana. Après il ne vous restera plus qu’à déguster son nouveau film INLAND EMPIRE, pour imaginer un autre cinéma, celui de Lynch.

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vendredi 13 octobre 2006

Yves Klein : Corps, Couleur, Immatériel

Voici une exposition que tout le monde attendait sans jamais l’espérer, celle de « l’étoile Filante de l’art moderne Français », le père du monochrome et peut-être aussi de la médiatisation outrancière de l’artiste dans la société du spectacle et… aussi peut-être, précurseur de la fameuse : Nuit Blanche… parisienne. « Un peintre doit peindre un seul chef d’œuvre : lui-même, éternellement !» a écrit Klein. Et il s’y est tenu jusqu’à l’infarctus qui en 1962 fixa ses 34 ans à la postérité. En Bleu, en feu, à l’éponge ou par jeunes femmes interposées, en feuille d’or ou au chalumeau, Klein a su convoquer la société gaulliste dans son atelier que devenait la rue, la galerie, le festival de Cannes, une église, une conférence de presse, un cimetière, un mariage ou une destruction… avec cette constante du maître (avec ses disciples), face à la presse, stigmatisant la France des « trente glorieuses ». Aujourd’hui le petit monde de cette icône de l’art conceptuel Français, ceinture noire de judo, est enfin exposé au Centre Pompidou à travers une exposition catalogue où il y a presque autant à lire qu’à voir, à méditer qu’à s’instruire. À la décharge de ses commissaires, l’univers de Klein fut si explosif, si précurseur et tellement médiatique que lettres, films, croquis, notes, poèmes et documentaires sont nécessaires pour remettre en perspective la "vie performance" que se peignit ce pape de l’événement artistique où l’air et le feu, la provocation et le bleu dessinaient, il y a plus de quarante ans, l’art du troisième millénaire.

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Les peintres de la vie Moderne… photo fraîche !

Les Peintres de la vie Moderne s’exposent à Beaubourg ! Courez y vite ! Parce que voici une exposition photos à la fois spectaculaire et incontournable. Spectaculaire, car c’est plus de 700 œuvres photographiques qui s’exposent en même temps. Incontournable, car c’est l’ensemble de la création photographique internationale de ces 15 dernières années qui s’affiche avec les images de près de 200 photographes. Résultat, un événement qui va faire grincer les dents des peintres contemporains rien que par son titre « Les peintres de la vie Moderne ». Mais cette exposition testament (elle couronne 15 ans de commandes et d’achats de la Caisse des Dépôts et Consignation aux photographes de son temps) annonce la fin d’un cycle de mécénat indépendant en faveur d’accords avec des grandes institutions muséales (Louvre, Orsay, etc…). Pourtant le travail accompli par les conseillés artistiques de cette fondation d’entreprise est remarquable tant par sa qualité que par sa justesse et son éclectisme. Une question se pose tout de même dans ce genre de donation. Quand reverrons-nous l’ensemble de ces pièces données à un musée déjà en mal d’espaces d’expositions et aux réserves surchargées ?? Sans parler des problèmes de conservation que pose un tel afflux d’œuvres !!! Alors, comme les images de ses peintres de la vie moderne ne seront visibles dans leur ensemble que jusqu’à fin novembre… Courrez-y vite !!

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vendredi 22 septembre 2006

Lee Friedlander, la grandeur du gris, la magie de la photographie.

Si comme moi, l’on parcourt à l’envers ces 50 ans de photographie de l’américain Lee Friedlander, cette exposition très didactique laisse tout d’un coup apparaître la magie du photographe. Car Friedlander, ami de Robert Frank et de Walker Evan, poursuit comme eux non pas une obsession pour américanisme, que veut promouvoir cet accrochage de 483 photographies, mais une véritable passion pour l’Amérique. Comme elle, l’œuvre de Lee Friedlander est immense dans sa production comme dans son humanité. Amour des gens et des paysages, amour de la photographie et des tirages en noir et blanc où le gris est le roi. Un gris qui détaille ses images urbaines. Une orchestration des gris qui révèle ses paysages presque déserts, cadre ses architectures incroyables, et habite ses déserts plein de vie. Et enfin la gamme de gris qui apporte la vraie dimension à ses improbables portraits. Seule sa série de nus aurait pu être passée sous silence… Mais le vrai tour de force de Friedlander reste dans le cadrage et dans son passage du Leica au Hasselblad. Deux marques renommées et deux formats de négatif, deux cadrages (le dernier est carré) dont Friedlander s’affranchit pour capturer et construire une véritable légende photographique aux paysages, aux architectures et aux gens vrais… de l’Amérique. C'est au Jeu de Paume à Paris jusqu'en janvier 2007

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jeudi 6 juillet 2006

Le mouvement des images

« Vous qui rentrez dans l’enfer des images, considérez-vous comme perdu ! » que ça soit Fritz Lang ou Abel Gance qui eut prononcé ces quelques mots, c’est à un Maître des images en mouvement que l’on doit cet avertissement dont les mots nous hantent alors qu’on explore les espaces du Musée National d’Art Moderne du Centre Georges Pompidou. Le nouvel accrochage des collections du MNAM de Beaubourg, après Big Bang, propose "Le mouvement des images", une exposition qui replace l’image animée au cœur de la recherche plastique du Xxième siècle. Heureuse surprise, car même si ce concept assombrit forcément le quatrième étage du Centre Pompidou, le transformant en caverne, il semble étrange que les images qui bougent (outre l’Op Art d’Agam et Soto) soient pour la première fois mélangées à la sculpture, la peinture, enfin, à l’art d’aujourd’hui.

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jeudi 11 mai 2006

La force de l’art « ? » Point d’interrogation !

Malgré la polémique, La force de l’art est un grand jardin extraordinaire où l’on peut admirer quelques perles.

Le grand chapiteau de Gérard Garouste, une des dernières productions de Vincent Corpet, les photographies de masques de Valérie Belin, un espace Philippe Ramette, une salle Alain Jacquet, une fresque d’Alberola et des Morellet en folie (mille excuses à tous les autres). Pourtant, cette FIAC Franco-Française déguisée, pêche par bien des égards. D’abord par le bric à brac des sculptures mises en exergue, puis par le copinage à outrance et pour finir par un manque crucial de ligne éditoriale. Il manque assurément quelques incontournables, sacrifiés pour leurs idées (Ben, Fromanger) ou le concept « place aux jeunes » qui prévaut à toute autre idée (Soto, Nemours, etc). La force de l’art s’écrit cette année avec un grand « ? » celui de la force des artistes Français face à leurs concurrents européens et l’ogre américain. Reste la question du culot ou de l’opportunisme de Ming qui brosse un grand portrait de Dominique de Villepin, comme si l’art français et son premier ministre avaient besoin de ça !???

JJG

La force de l’art jusqu’au 10 juin au Grand Palais à Paris bien sûr.

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