L’art de vivre avec l’Art, jusqu’au 22 Septembre dans les
salon d’Artcurial… une curiosité pour s’immerger dans la déco néo-baroque
contemporaine. 
« L’art c’est la vie ! » disait Fluxus, cet événement
mené par la Galerie de la maison de vente aux enchères Artcurial (Première
maison de vente aux enchères française qui appartient au Groupe Dassault) est
Exemplaire, elle nous montre comment vivre avec l’art, dans l’art le luxe et la
volupté. Mais elle est surtout symptomatique d’une généralisation de l’état
d’esprit des collectionneurs d’art contemporain de ces trente dernières années.
On achète moins pour collectionner que pour décorer son intérieur. 


Il faut en mettre plein la vue à ses
amis et relations, il faut se concocter un environnement à la hauteur d’une
œuvre d’art. Alors tels des décors de cinéma, 12 « décorateurs
stars » vont créer des univers oniriques, sortes de cabinets de curiosités
éphémères.
Dans la course conjoncturelle de la création contemporaine et d’un marché de
l’art mondialisé, une chose est certaine : ce sont les pas du créateur du
« ready made » et de l’art conceptuel, Marcel Duchamp, qui mènent le
monde de l’art d’aujourd’hui. Et lorsque l’on observe les jeunes artistes qui
scrutent les mutations de leurs temps et les technologies nouvelles qui les
engagent, on constate que le conceptuel reste le maître étalon. Qu’ils
travaillent sur les réalités virtuelles, l’interactivité, le web ou l’immersion
physique des spectateurs dans leurs univers, ou sur le dernier espace public
abordés par beaucoup d'artistes : celui des réseaux sociaux, les créateurs
de ce début de 21ième siècle se retrouvent tous face au problème du marché.
Comment vendre du virtuel ? Comment contraindre à son art le hard et le
soft dans le temps du collectionneur ? En deux mots, comment assurer la
maintenance de ces œuvres complexes car vivantes (en constante
transformation) ?

Maintenant, entrons dans Monumenta
2011. Pénétrons Leviathan, l’oeuvre monumentale de Kapoor qui
épouse le Grand Palais. Tout d’abord un seul regret : ne pas entrer DANS
l’oeuvre avant d’entrer dans Monumenta ! Je m’explique :
Leviathan est une gigantesque “chaussette”, baleine échouée qui rentre
en totale résonance avec la structure des trois halls du Grand Palais. Or, le
visiteur est dirigé directement dans le grand palais afin qu’il mesure sa
misérable carcasse à la monumentale sculpture caoutchoutée qui fait écho avec
les 35m de haut et les 13000 m2 de cette architecture Art Nouveau.
Alors c’est beau, c’est grand, c’est
majestueux, c’est époustouflant, c’est grandiose, c’est lumineux, c’est
monumental. On fait le tour de l’animal, on se confronte à sa carcasse qui
absorbe et renvois admirablement la lumière de la nef et du dôme de ce fleuron
de l’architecture française. Et tout ça est très beau, une belle structure dont
les reflets de la structure sphérique n’est pas sans faire penser (le kitch en
moins) les ballons baudruches pop de Jeff Koons, jusqu’à ce qu’on remarque que
cette “chaussette” gonflée à un ventre pénétrable, visitable et accessible (en
faisant une queue plus ou moins longue). Et là, un autre voyage
commence…
Art Orienté Objet travaille depuis 20 ans sur le bio-art en traçant
une œuvre singulière autour des sciences du vivant et autres écologies
scientifico-sociales. Entre ethnologie, ethnopsychiatrie et bio-technologies
ces deux artistes n’ont de cesse de questionner notre rapport à l’animalité ou
les manipulations génétiques qui transforment notre rapport au monde vivant.


Depuis longtemps
l’avenue du président Wilson présente deux lieux d’art institutionnel qui
s’ignorent magistralement. Les numéros 11 et 13 sont à la fois le même ensemble
architecturale (construit pour l’exposition universelle de 1937) dont les deux
ailes présentent : au 11, le vénérable Musée d’Art Moderne de la Ville de
Paris (créé en 1961), et au 13, le jeune et bouillonnant Palais de Tokyo (créé
en 1999). Mais il fallait compter avec le dynamisme volontaire de leurs deux
directeurs, respectivement Fabrice Hergott et Marc-Olivier Wahler, pour donner
corps à un projet commun appelé Dynasty. 

Bien sur nous ne citerons pas toutes ces œuvres à voir
et déguster longuement mais arrêtons nous sur des sculpteurs et des peintres
qui, entres autres, marquent cette Dynasty.



De la même génération que ses prédécesseurs, Boltanski
remporte ici une gageure d’importance pour un artiste qui travaille sur
l’intime, le souvenir et la disparition… « habiter » avec brio les
13000 m2 de verre et d’acier du Grand Palais. Pour relever ce défit, Christian
Boltanski nous propose plus qu’une mise en scène, mais une véritable réflexion
en 4 temps de cet espace monumental construit au cœur de Paris au début du
siècle dernier. Au départ, l’artiste bouche l’entrée visuelle de l’espace
d’exposition Personnes au visiteur. Un mur de classeurs métalliques
oxydés efface la perspective du Grand Palais. Puis, il nous accroche l’œil par
une sculpture monumentale « vivante » composée d’une grue et d’un tas
de vêtements abandonnées. Le grappin acéré de cette grue pioche aléatoirement
dans ces vêtements qu’il tire en haut des 45 mètres de la verrière, puis qu’il
laisse planer dans les airs. Le troisième moment de Personnes est un
jardin du souvenir dont on peut parcourir les allées. Stalag virtuel composé de
carrés de vêtements.
Mais, est-ce une
coïncidence, lors que l’on commémore les 65 ans de la libération des camps
nazis, de se retrouver dans ce parc de l’absence, dans ce jardin du souvenir
qu’est Personnes ? Ici planent les âmes des milliers de personnes
qui ont habités ces vêtements. Vêtements abandonnés qui sont la matière même du
travail de Boltanski. Ici et depuis toujours, il y a une absence, il n’y a
personne(s)… sinon qu'avec Personnes nous spectateurs vivons enfin ici
une impression absente depuis si longtemps : être réellement partie
prenante d’une œuvre d’art.








Un seul regret, c’est
que dans ce renouvellement, un passe (gratuit, ou en tous les cas permanent)
permette aux publics de venir quotidiennement se ressourcer dans ce jardin
extraordinaire. Serre de lumière qu’est, au centre de Paris, ce Grand Palais
transformé en couveuse de la jeune création en marche.
on
retiendra la leçon !…

Cette fin
d’année et de présidence Française de l’Union Européenne pourrait faire sienne
cette maxime vu le grandiose kaléidoscope que propose La nuit des
Images.

Monumenta 2008
à Paris au Grand Palais jusqu’au 15 juin www.monumenta.com
L’Art, ses amateurs, son
petit monde ou même l’institution Palais de Tokyo ne semblent pas se porter
mieux, ou moins bien, depuis !… Pourtant l’ensemble de la presse spécialisée y
ait allé de ses : notre point sur la polémique
Gréaud. Mais quelle polémique ?
Pourtant, cette
magicienne des langages se fourvoie dans les langues, celle de sa fiction. Car
même sous titré en anglais, Where is where qui met en scène une historienne
nordique dans sa recherche sur la guerre d’Algérie, peut désorienter des
puristes lorsque les algériens et les parachutistes français s’expriment
uniformément en finnois. Mais est-ce que ça gène réellement ?
Vous me direz l’artiste ne doit s’encombrer de ça ! Et je
répondrais : soit ! Car la magie des images de Eijà-Liisa Ahtila et
la pureté de son discours tant vidéographique (la vidéo sur la mort de son
chien) que sculptural (les maisons en modèle réduit), et photographique qui
relie tout ça, sont autant d’instants de sincérité et d’intimité qui nous sont
offerts sans le moindre mensonge. L’artiste est là, sa vie est à l’origine de
ses œuvres. Sa vie est son œuvre. Et cette histoire de finlandais universel
cache pourtant une maladresse, celle d’un pays où tout le monde parle anglais
et finnois et qui ne pense pas forcément à l’exotisme de l’exception culturelle
française.