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lundi 5 mai 2008

Greenaway le Nightwatcher

Le 27 février dernier sortait en France, le tant attendu Nightwatching la Ronde de Nuit aujourd’hui dans deux salles parisiennes. Ce dernier opus de Greenaway sur son maître Rembrandt Harmenszoon Van Rijn promettait une nouvelle aventure entre cinéma et peinture. rondedenuit22.jpg rondedenuit11.jpg Or, Greenaway qui est sans doute le plus plasticien des cinéastes contemporains nous plonge dans un univers théâtral qui désoriente et laisse le spectateur sur sa fin. Un film qui tombe a côté de la plaque, exalté et cabot, égoïste et inconscient comme un premier film. Dommage !Nightwatching

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dimanche 20 janvier 2008

Voyage into a trop "American" Nature...

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vendredi 18 janvier 2008

Lust, Caution- Amour, Luxure, Trahison... Chef d'oeuvre.

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Genre: Thriller Durée: 2h36Pays: USA, Chine Réalisé par: Ang Lee Avec: Tony Leung Chiu Wai, Tang Wei, Joan Chen, Leehom Wang, Chu Chih-ying, Anupam Kher, Yuen Johnson, Chung Hua Tou, Kao Ying Hsuan, Yue-Lin Ko, Kar Lok Chin, Su Yan, ...

Dans les années 1940, alors que le Japon occupe une partie de la Chine, la jeune étudiante Wong est chargée d'approcher et de séduire Mr Yee, un des chefs de la collaboration avec les japonais, homme redoutable et méfiant que la Résistance veut supprimer. Très vite, la relation entre Wong et Mr Yee devient bien plus complexe que ne l'avait imaginé la jeune femme.

Bouleversant. Voire même au-delà.Une magistrale mise en exergue des complexités de la nature humaine et des luttes conflictuelles de cette époque. "Lust, Caution" révèle une intensité damatique hors du commun qui ne peut laisser le spectateur insensible et qui surmonte sans conteste la face érotique du film que bon nombre de spectateurs risquent peut-être de condamner, ce qui serait dommage.

Un film poignant, une intrigue sentimentale fouillée, un parfum de mensonge tout le long du film, jusqu'au moment où l'on ne peut plus cacher le vérité: La passion est trop forte , on ne joue plus. Ambiguité, passions, inexorabilité du drame à venir...Causant, en tout et pour tout, la naissance d'un véritable chef d'oeuvre.

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vendredi 15 juin 2007

''Tulse Luper Suitcases'' ou Le MÉTA cinéma de Peter Greenaway.

En passe de terminer une nouvelle œuvre de fiction cinématographique sur Rembrandt*, Peter Greenaway continue son travail entrepris depuis plusieurs années sur une grande œuvre multimédia. De son titre provisoire devenu définitif, cette « fiction » se nomme Tulse Luper Suitcases et existe à l’heure d’aujourd’hui en deux versions : une premère de 6 heures et une seconde de … 21 heures. Ce « work in progress » se poursuit autour du monde et revient par le truchement des valises de son héros éponyme sur les joies et les peines du 20ième siècle. TL3 1 Entre Corto Maltess et Tintin, Tulse Lupper journaliste belge, candide, et héros malgré lui, se retrouve ballotté de prisons en cellules entre les guerres et les tragédies, les découvertes et les idéologies de son époque : de la découverte de l’uranium à… la chute du mur de Berlin. Alors, s’il est vrai que cette fresque historique permet à Peter Greenaway de dépeindre un monde où se croisent et s’entrechoquent archives photographiques et cinématographiques, peintures, effets, écritures et scènes très théâtrales, sa mise en scène formelle et artistique d’une l’image numérique contemporaine permet au réalisateur britannique de composer un visuel moderne et riche, plus proche du jeu vidéo que du cinématographe. Cela donne un objet filmique où l’interactivité de la narration et des esthétiques (qui va d’un hypper texte scénaristique à une hyper image) compose un média cinéma futuriste à l’écoute des dernières évolutions technologique de l’image. TL4 TL8 En deux mots Tulse Luper Suitcases rassemble la somme des recherches et des expressions de Greenaway dans un art total qui, s’il pallie aux insuffisances techniques et autres frilosités théoriques 7ième art, se retrouve à vouloir repousser les limites du cinéma, des arts plastiques, et des média télévisuel et virtuel. Car, si selon Peter Grenaway l’espace est maltraité par le cinéma, Tulse Luper Suitcases n’est pas fait pour le cinéma, mais pour un méta-cinéma dont une édition DVD permettra au spectateur d’imaginer une autre façon de regarder ce méta-film : une façon peut-être plus littéraire. Un comble pour un plasticien pour qui le cinéma et l’audiovisuel ne semble-t’être aujourd’hui plus encore qu’une étape.

  • La Ronde De Nuit présenté à la Mostra de Venise 2007

dimanche 1 avril 2007

Inland Empire

Inland Empire est une traversée. On s’y laisse à la fois flotter et transpercer, à l’image des acteurs, ceux du film dans leur rôle ; pris au jeu de leur projection. C’est un film sur un film, avec des acteurs qui jouent les acteurs. Comme souvent chez Lynch on les voit prendre un chemin, puis rebrousser chemin, pour se trouver autre part, inutile d’ailleurs d’être un spectateur qui joue les spectateurs pour trouver son chemin. Car un spectateur est assis dans son siège et le dernier film de lynch est une traversée. Un trajet d’une extrémité à l’autre de la salle de projection. Et une traversée cela s’éprouve, ici personne pour vous porter il va falloir marcher, même dans le noir, jusqu’à la scène. De la scène vous apercevrez une lumière, celle du projectionniste, qui justement à la vue de votre position, projettera votre ombre. Continuez alors vers lui, vous vous rapprochez de la pellicule et faites grandir votre ombre. Une fois le nez sur la vitre, retournez vous, votre ombre masque quasiment tout l’écran. Retournez vous une seconde fois, l’image est projetée sur votre ventre. Re-bienvenue chez lynch, tant est si bien qu’on puisse y avoir été une seule fois.

lundi 26 février 2007

Le Papier Ne Peut Pas Envelopper La Braise.

Sortie en salles le 31 mars

Le réalisateur Cambodgien Rithy Panh a fait la une des programmes télé avec son documentaire S21, la machine de mort Khmère Rouges. Aujourd’hui, toujours une écriture documentaire, mais en salles, Le Papier Ne Peut Pas Envelopper La Braise (FIPA d’OR 2007) se penche sur l’avenir du Cambodge avec un seul slogan ; NO FUTUR. Tel est le crédo des 5 prostitués que cadre au plus près la caméra de Rithy Panh. À l’écran c’est le off - nous ne verrons jamais le travail des putes de Phnom Penh, jamais leurs clients - nous restons tout au long du film dans l’intimité des ces jeunes cambodgiennes (entre 19 et 23 ans). Seuls quelques proches : enfant-accident, mère traumatisée par les Kmères, sœur mourante du SIDA, jeune rabatteur paumé, assurent les seconds rôles. Nous suivrons donc le quotidien sordide et inhumain de ces 5 filles : paysannes vendues, femmes abandonnées, enfants violés, déchets drogués et leurs conversations à bâton rompu. Mais de quoi parlent 5 filles perdues : de leurs peurs des clients blancs et violents, de leur amertume vis-à-vis des ONG, de leur passé dans des campagnes dépourvue ou des camps d’assistés. De leur futur sans avenir dans leur famille qui les renie, après les avoir vendu, ou dans leur pays qui vit de leur labeur mais qui les cache. Quant à savoir pourquoi elles sont devenues ce qu’elles sont : incapables de faire autre chose que de vendre leur corps dans la rue ou leur force dans les usines pour pouvoir survivre ! C’est la faute de l’Histoire, la faute de la vie, de l’occident, du tourisme, de cette culture ancestrale perdue et broyé et qui les laisse nues comme des choses dont personne ne fait plus cas. Alors autant les accompagner un bout de chemin pour ne pas oublier.

Destricted

Sortie en salle le 25 avril

Il est un exercice toujours périlleux, c’est celui des « films à sketch ». Entre les montres et les nouveaux monstres, les Paris vus par… (Nouvelle vague, années 80 et contemporains), les bluettes érotiques des années 70, et le pitoyable « Eros» qui réunissait quand même Steven Soderbergh, Wong kar waï et Michelangelo Antonioni, Destricted rate lui aussi la marche et se prend les pied dans le tapis du sexe. Pourtant, l’affiche était belle et le pari ambitieux : « dynamiter les frontières entre le cinéma et la pornographie ». À la barre 7 artistes contemporains, 7 créateurs venant de la vidéo, du cinéma, de la photographie, de la sculpture de l’installation, des effets spéciaux et surtout de la provocation. Dans l’ordre d’apparition Matthew Barney, Marina Abramovic, Richard Prince, Larry Clark, Marco Brambilla, Sam Taylor-Wood, Gaspar Noé, réalisateurs de 7 courts-métrages qui créent un monstre hybride sans éclat ni saveur. Car Destricted présente 7 expérimentations hétéroclites qui échouent à nous plonger dans des œuvres. Dès le départ, pourtant, le long plan séquence de la bandaison du héros de Matthey Barney qui se frotte à la mécanique dans Hoist nous immerge dans un monde parallèle. Mais par la suite, les fantasmes s’entrechoquent sans combler notre désir. Tout est lieu commun, rien ne surprend, rien n’existe, rien n’émeut le spectateur. Seul Larry Clark et son Impaled, apporte un réel angle de vision novateur sur la pornographie… Sinon, il y a de quoi se demander si cet exercice (mes excuses à Marina) a ne serait-ce qu’une seconde fait bander nos artistes ?!

vendredi 22 septembre 2006

Sarajevo Mon Amour (?)

(paru dans Zeuxis N°25 septembre 2006)

Par son titre, Sarajvo Mon Amour se place dans l’Histoire, celle du cinéma… la grande comme la petite, celle des livres comme celle de la haine. À Sarajevo comme à Hiroshima on a vécu l’horreur, et la folie meurtrière des hommes a laissé une trace indélébile qui meurtrira les corps et les esprits jusqu’à la fin des temps. Nous sommes donc à Sarajevo, ville martyre aux portes de l’Europe, aujourd’hui dans son antichambre (on parle en euro) où il faut vivre et survivre à un quotidien qui n’a de réalité que dans les souvenirs d’horreurs, de haine et de douleur de ses habitants et de ses ruines. On se retrouve ainsi face à deux générations perdues, une mère-célibataire (la superbe Mirjana Karanovic) et sa fille de 11 ans (l’incroyable Luna Mijovic), face à des mensonges, des non dits, des légendes que l’on se forge et une amnésie collective obligatoire pour le bon fonctionnement de la vie qui suit son cours. À l’instar de son générique (plan-séquence qui revient à la fin du film) la caméra survole une assemblée de femmes parfaitement immobile, tableau en relief, tas de femmes, qui tel un charnier improbable pose la question de savoir si ces femmes sont mortes, endormies, recueillies, comateuses ou/et encore de ce monde. À l’image de ce plan Sarajevo Mon Amour est un film de femmes, sur les femmes, par une femme. Mais sans tomber dans le film ghetto, avec ce premier long-métrage (ours d’or à Berlin 2006), la Bosniaque Jasmila Zbanic signe un film d’urgence sur les horreurs de l’après-guerre. Si nos actualités occidentales ont beaucoup « traité » le martyre des femmes de l’ex-Yougoslavie, 10 ans après la fin de cette sale guerre, qu’en est-il des séquelles de cette purification ethnique dont le viol collectif était devenu une parfaite arme « de destruction massive » d’identité ? Et, si chacun dans ce film se dit à la recherche d’un proche disparu pendant la guerre, c’est surtout après un reste d’humanité que courent tous les personnages de Sarajevo Mon Amour pour… continuer à croire en la vie. Car, à Sarajevo comme à Hiroshima longtemps après la guerre, après la mort des corps « ce sont les cœurs qui meurent… »

lundi 15 mai 2006

Voyage(s) en utopie.

JLG, qui en 1985 plaisantait déjà sur son avenir « la télé ne lui laisserait qu’une place de balayeur » et sur celui plutôt morose d’un cinématographe léthargique, installe aujourd’hui ses images au musée.
Au musée !???
Et une question nous brûle les lèvres : cette entrée du cinéma à la pinacothèque n’en sonne t'elle pas le glas !!?? Oui ! Non !!! Pas vraiment ! dirait JLG.
Enfin ! avec Voyage(s) en utopie, JLG,1946-2006 à la recherche d’un théorème perdu, (on souffle un peu !) le professeurGodard investit les galeries contemporaines du Centre Georges Pompidou jusqu’au 14 août et attention les yeux. Lui qui en 1946, Jean Luc Godard commençait son cinéma dans les revues de cinéphiles, interroge encore et toujours les images avec ses mots mais au musée. Et là, sur les traces de son Histoire Du Cinéma, de ses documentaires, ses fictions, ses vidéos et surtout ses engagements politiques et autres utopies… JLG présente une foultitude d’écrans plats et de mises en scènes façon « expo en cours d’installation » sans comparaison avec l’exposition pédagogique initiale dont on ne peut qu’admirer les maquettes : Machines utopiques qu’on espère un jour admirer. Reste une programmation sensationnelle de toute la filmographique de l’Oracle du lac Léman, réservez vos places, c’est cet été et (encore) à Paris !

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