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mardi 22 mars 2011

Graveur des antipodes

Dennis Nona Entre ciel, terre et mer ou le mythe revisité jusqu’au 20 mai 2011 Ambassade d’australie Paris. OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA En observant le travail de sculpture et de gravure de Dennis Nona, une seule question se pose : à partir de quel moment l'art ethnique est il une création contemporaine ? Bien sur tout art d'aujourd'hui qu'il soit artisanal, ethnique, urbain, brut ou institutionnel devrait porter cette appellation d'art contemporain. Pourtant de subtiles catégories sont tous les jours tracées pour faire de l'art traditionnel (qu'il soit ethnique ou artisanal) un sous art contemporain. C'est là que Dennis Nona transcende les frontières établies par le monde de l'art, donne un joyeux coup de pied dans les catégories établies et réussit le tour de force de porter ses racines aborigènes et maories du détroit de Torres au Panthéon des créations contemporaines de ce début de troisième millénaire. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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lundi 16 août 2010

La route

Jean Pierre Potiers, Au-delà du Noir Musée Sainte Croix de Poitiers, 86000, jusqu’au 29 Août 2010.

En ces temps de transhumance estivale, lorsque la France défile sous vos yeux il est indispensable de s’arrêter face aux grandes images que Jean Pierre Potier expose jusqu’à fin Août à Poitiers. Sur les chemins de cette France Tranquille d’où « la Force » du même nom explosa en 1981 avec son village dont le clocher restait le maître incontesté des campagnes, un nouveau PAP (Paysage Architectural Paysan) est fleurit aujourd’hui sur nos routes automobiles et ferroviaires hexagonales. Un paysage rythmé au grè de majestueuses et muettes silhouettes qui accompagnent nos voyages : les Silos.

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Car, ce ne sont pas les éoliennes que Jean Pierre Potier peint avec obstination. Mais les bâtiments industriels qui hantent nos paysages campagnards, telle la maison sur la colline du Psychose d’Alfred Hitchcock (inspiré d’Edward Hopper) ou les granges inquiétantes de La Mort Aux Trousses. Qu’ils soient Usines, Entrepôts, Coopératives, ou simples Bâtiments agricoles, ces « Silos » veillent sur notre route et Jean Pierre Potier les croque dans les paysages lunaires d’un monde qui semble n’appartenir qu’à eux. En effet, les dessins grands formats presque carrés 1,5X2m, de ces architectures de béton et d’acier, réalisés au fusain sur Drop Paper (papier contemporain en fibres synthétiques) sont isolés de leur contexte paysager tant est si bien qu’ils en deviennent eux même le paysage au gré du trait de Jean Pierre Potier.

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Cet artiste nantais, qui vit et travaille à Poitiers, est présent sur la scène internationale et nationale à travers différentes institutions et collections renommées. Jean Pierre Potier revient aujourd’hui avec Au-Dela du Noir, une série figurative propre à relancer le paysage français contemporain.

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samedi 15 mai 2010

Esther « Ton image me regarde » mais je ne comprends rien !

« Ton image me regarde » Esther Shalev-Gerz Musée du Jeu de paume jusqu’au 6 juin 2010 Renseignements : www.jeudepaume.org

On est déçu de la prestation de Ester Shalev-Gerz, cette artiste née en Lituanie, élevée en Israël et vivant à Paris depuis 25 ans. On est déçu par une exposition complexe et un travail éparpillé qui nous effleure d'autant plus que son sujet est fort. Une exposition qui nous laisse à la porte des obsessions d’une artistes généreuse qui semble avoir du mal à se faire un nom (celui de Jochen Gerz lui colle à la peau) et à révéler un axe de travail clair; un peu à l'image de sa sculpture "Les inséparables" des deux pendules jumelles qui font l'identification visuelle et on été produite pour cette exposition.

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lundi 29 mars 2010

Naked Lucian

Lucian Freud, L’atelier, Centre Pompidou, jusqu’au 19 juillet 2010.

L’homme, la femme, nu est au centre de l’œuvre de Lucian Freud. Le petit fils anglais, né à Berlin, de Sigmund Freud, le père autrichien de la Psychanalyse, nous livre une œuvre d’un autre temps.   Première exposition à Paris depuis 25 ans et devant sa peinture, ses autoportraits à nu, ses grandes toiles pour la bourgeoisie et la matière vivante de ses corps, on pense à Rembrandt, Saudek, Dubuffet, Witkin et, bien sur, son grand ami Francis Bacon. Une impression de confraternité avec ces écorchés vifs qui va et vient tout au long de cette exposition unique, où les paysages urbains réalistes puis des végétaux grouillant laissent place à la peinture du maitre : les nus. Les femmes sont rondes et puissantes, les compositions ardues, les portraits songeurs, la peinture organique. Lucian se met à nu encore et encore…

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dimanche 31 janvier 2010

"J’aime l’autorité du noir…"

Rétrospective Soulages, Paris, Centre Pompidou jusqu’au 8 mars 2010  J’aime l’autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Son puissant pouvoir de contraste donne une présence intense à toutes les couleurs lorsqu’il illumine les plus obscures, il leur confère une grandeur sombre. Le noir a des possibilités insoupçonnées et, attentif à ce que j’ignore, je vais à leur rencontre. Cette profession de foi de Pierre Soulages au noir, est peut-être plus que tout autre image ce qui ressort de cette rétrospective. Image d'une peinture qui a totalement écrasé son créateur en même temps qu'elle le portait sous les feux de l'actualité. Car regarder "un Soulages" est aussi profond qu'un trou noir, ça absorbe tout de nous… c'est voir toutes les lumières de la création face à notre fatuité humaine et en même nier qu'un homme ai pu approcher un tel art d'absolu.

Pourtant lorsqu'au détour d'une salle du Louvre, un Soulage vient se confronter à la peinture Italienne, tout rentre dans l'ordre, aucune rivalité n'apparait, chacun est à sa place dans la grande time line de l'histoire de l'art. Alors quant on revient sur cette rétrospective du centre Pompidou, Soulages est bien seul, et on prends alors un plaisir extrême à regarder sa toile qui tout au long de ces 60 dernières années est captivée par le noir, nationalisée par le noir, phagocytée par le noir et… resplendissante de noir ! On aime le noir !

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Plaid Houses : Plaidoyé pour un habitat de l'Imaginaire !

Laure Tixier Plaid Houses - Paris 75003 Galerie Polaris 15 rue des Arquebusiers jusqu’au 6 février.

Après le Mudam en l’hiver 2009, Chamarande cet été, et le musée du Feutre cet automne, la jeune plasticienne Laure Tixier présente enfin ces Plaid Houses à Paris ce début d'année 2010. LTMudamGene.jpg Il y a longtemps que nous attendions de voir les Plaid Houses grandeur nature de Laure Tixier… depuis que le Mudam du Luxembourg et le Musée du Feutre décidèrent de s’associer pour produire et exposer ces créations qui n’existaient qu’à l’état de maquettes. Ce travail, à la fois conceptuel et sculptural, présente une réflexion créative sur les matériaux comme sur une certaine sociologiques de l’habitat (histoire, usages et mythologies) à travers des dessins et un livre (My Cities/Frac Bourgogne). La réflexion de cette artiste trentenaire surfe sur les utopies artistiques, sociétales et architecturales de certaines écoles (Bauhaus), "mais aussi sur les fictions architecturales que les enfants se fabriquent avec leur couvertures". Avec pour résultat, un répertoire d'architectures originales dont la matière (en feutre) et les échelles (inhumaines) nous plonge dans un « Gullivérisme ». Voyage dans un jardin extraordinaire où nos rêves d’enfants rencontrent l’imagination débridée de l’artiste, où l’objet prends vie. LTgeneMud.jpg En effet, Laure Tixier injecte dans ses sculptures en feutre des détails qui renvoient face à face Calvino et Escher, Piranèse et Absalon, Joseph Beuys et Claude Parent pour se créer un monde à part de maisons molles, d’habitats vivants, de structures en mouvement. Mais si ces sculptures « habitables » et « jouable » par notre imagination, flirtent entre le monumental et la maison de poupées, entre la sculpture et l’objet architectural, ces Plaid Houses sont les fruits d’une aventure entrepris par l’artiste il y a plusieurs années. Retour sur image…

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mardi 22 décembre 2009

Union mixtes, mariages libres et noces barbares

ORLAN, Abbaye de Maubuisson (val d’oise) jusqu’au 8 mars 2010

Depuis fin septembre, ORLAN occupe une abbaye du XIIIe siècle au cœur du Val d’Oise. Un travail qui se tient à l’Abbaye de Maubuisson depuis presque un an. Puisqu’elle y crée en résidence, et que toutes les pièces de cette exposition ont été réalisées in situe. orlan Confrontant les nouvelles technologies contemporaines à l’architecture de ce lieu de réclusion et de prières, dans un titre provocateur : Unions Mixtes, mariages libres et noces Barbares, ORLAN la scandaleuse stéphanoise renait à Maubuisson dans la peau et sous les plis d’une surprenante et incontournable sculpteur (trice) contemporaine. ITW et Suite

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mardi 15 décembre 2009

Lebel l’insoumi

A Paris Jean Jacques Lebel Soulèvements à la Maison Rouge Jusqu’au 17 Janvier 2010.

Comment imaginer Lebel ?… ce dandy mondain, septuagénaire à la crinière blanche, croisé au détour d’un vernissage, comme l'une des personnalités françaises de l’art international les plus importantes de ces cinquante dernières années. Comment ne pas penser, lorsque le nom de Jean Jacques Lebel fleurit sur les cartels de prêt des plus beaux Picasso ou Duchamp des grandes expositions, que notre homme est l'un des collectionneurs français les plus avisé. Pourtant Lebel n’est rien de tout ça, artiste, poête et agitateur depuis son adolescence, il fut de tous les mouvements. Car ce fils de critique, tombé tout petit dans l’art, ami de beaucoup d'incroyables artistes vivants et disparus, est un insoumis. _DSC3181.jpg

S’il philosophe, écrit, peint, sculpte, filme, édite, dessine, rassemble, glane avec passion depuis plus d’un demi siècle… Lebel collecte, forge, assemble, hommes et concepts, événements et objets, images et rêves au sein d’une œuvre unique qu’il propose à la Maison Rouge comme un « montrage » politique et non une exposition de plus. ITW4SEMAINES_logo_moyen.jpg

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world Interactivité

Artiste de l’interactivité et du numérique, Samuel Bianchini entre-ouvre la porte d’une Galerie Nationale Contemporaine : le Jeu de Paume, avec une œuvre, All Over , qui bat au rythme du monde et de ses bourses. bianchini.jpg

Une exposition à tester de chez soi, jusqu’au 30 mars 2010 en un clic …

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lundi 7 septembre 2009

DERNIERS JOURS !!!! Henri Cartier Bresson "L’imaginaire d’après nature"

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris jusqu’au 13 septembre 2009 Le Musée d’art Moderne de la Ville de Paris a plus d’une fois rendu hommage à Henri Cartier Bresson, si bien que l’imaginaire d’après nature semble une exposition 100 fois vue et revue. Et ce n’est pas qu’une illusion. Car ici le Musée rend aujourd'hui hommage au centenaire du maitre de la photographie né en 1908 en Seine et Marne, photographe à 19 ans, ami de Manuel Alvarez-Bravo, assistant de Paul Strand et de Jean Renoir, militant humaniste sur tous les fronts de la Guerre d’Espagne, à la résistance, de la grande marche à la guerre froide et qui nous quitta en Aout 2004. Quelle Vie !

Retour en images et en mots sur l’imaginaire de Cartier-Bresson !!!

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lundi 11 mai 2009

Un peu de poudre… …magique

"Décollez-vous du bitume et n’ayez plus peur de rien, ni des monstrueuses files d’attentes, des escalators en panne ou encore de toute claustrophobie Beaubouresque, une exposition nous transporte dans une parenthèse d’enfance, dans le rêve excentrique d’Alexander Calder. "  Alexandra Gaudechaux nous fait vivre sa visite à Alexander, celui qui su transformer le fil de fer en fil d'Ariane de son imaginaire.

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mardi 24 mars 2009

Où vas-tu JIMMIE D

Pierres rejetées… /// pas n’importe où !

Jusqu’au 12 avril 2009__ Derniers jours, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente Pierres rejetées… à l’ARC, une exposition de Jimmie Durham, qui retrace le parcourt européen de cet artiste amérindien en rupture de tribu depuis 1994. Résident Italien après avoir passé 7 ans en Allemagne, (il croit beaucoup au cycle des 7 ans) on imagine Jimmie D choisir la France comme prochaine escale de sa vie d’éternel nomade, tel un Indien en rupture de réserve, à l’image du hollandais volant condamné à porter son mythe (là son art) comme une croix (ici une pierre).  À travers une soixantaine de travaux de son œuvre européenne, dont certains inédits, l’originalité de la vision de Durham explose. Cheminement à travers une œuvre (dont on ne voit que la production européenne) d’un des sculpteurs majeurs de la scène internationale contemporaine, pourtant largement méconnu.

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vendredi 13 février 2009

La Chapelle à la Monnaie

L’enfant chéri de la photo de mode, le pape du porno chic, la star du papier glacé et de la couleur criarde David LaChapelle expose à Paris… et, il n’y a pas de fausses coïncidences, le photographe des stars bling-bling expose jusqu’au 31 mai 2009 dans les salles de la monnaie de Paris !  Le jeune prodige qui « a 15 ans prenait le premier cliché de sa mère… en bikini et avec un verre de Martini à la main sur un balcon de Puerto Rico », qui a 19 ans publiait ses nus dans l’INTERVIEW d’Andy Warhol est peut-être en passe de devenir un vrai plasticien et de faire son dernier shoot.

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mercredi 10 décembre 2008

PROFESSION collectionneuse.

Ce qui est passé n'est pas passé, mais après le 20 décembre 2008 l'exposition de Valérie Mréjen à l'École Européenne Supérieur de l'image sera totalement passée. hpMrejen.jpg Lors de son exposition parisienne du Jeu de Paume Place de la Concorde ce printemps 2008, Valérie Mréjen avait organisé une rencontre. Un face à face original entre des personnages du quotidien, collectionnés depuis 10 ans et le petit monde de l’art contemporain parisien. Accrochées sur des cimaises, les courtes vidéos de Valérie Mréjen – plans-séquences fixes, portraits animés figés devant l’objectif qu’ils scrutent - étaient là autant de regards que les personnages ordinaires de Mréjen, acteurs ou vrais gens, portaient sur leur vie autant que sur nos regards de visiteurs/voyeurs. Là, baignés par ces témoignages (car ces portraits vidéo parlent) les aficionados de la photographie et de l’art contemporain se retrouvaient face à l’ordinaire d’une vie, de vies, exposée(s) sans artifices ni grandiloquence. Le langage de ces "photomatons" livrait alors un intime à notre regard, celui de gens qui devenaient ainsi autant de miroirs à la banalité (de la vie) de chaque visiteur. A l'EESI Valérie Mréjen installe deux films de sa collection Portraits filmés (2002) et Ils respirent (2008).

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mardi 16 septembre 2008

AVEDON l'Ami Américain

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mardi 13 mai 2008

Le regard de Valérie

Jusqu’au 15 juin Valérie Mréjen habite le Rez de chaussez du Jeu de Paume pour une exposition titre La place de la concorde . mrejen3 Un titre qui donne non seulement l’adresse du musée : place de la concorde, mais qui adresse un clin d’œil au travail de cette jeune artiste Française chez laquelle la concorde n’est que du conflit. conflit intérieur, de couple, de traditions, de coutumes ; discorde perpétuelle dont l'unique but est la concorde. Place !

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lundi 12 mai 2008

2+1=3

Trois carrés, 3 rectangles, 3 peintures, 3 images et 1 question : Qu’y a-t-il entre 2 images ? 1 image potentielle ! L’œuvre de Stéphane est aujourd’hui plus que jamais soutenue par ces trois carrés à la recherche du carré manquant. Car derrière le Stéphane au carré, il y a le Stéphane chercheur, celui qui traque l’invisible, spectre qui hante nos (les) images et nos (les) regards. Collègue de Pierre Huyghe, Claude Closky, Nina Childress, (entre autres) à travers le groupe des années 85 "les frères Ripoulins ", Stéphane Trois Carré est un trublion de l’art, un empêcheur de peindre en rond. Déjà avec la bande des Ripoulins inspirés de la peinture industrielle "Ripolin" et du verlan « ripou » ils annonçaient la couleur. La peinture sera autre… ou ne sera pas !

Stéphane trois carrés L’ENTRE IMAGES jusqu'au 16 mai 2008 et c'est à Poitiers Ecole Européenne Supérieure de l’Image www.eesi.eu

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mercredi 7 mai 2008

Valérie Belin c’est vachement bien !

Valérie Belin est photographe mais depuis ses débuts sa photo se singularise de tous les codes, elle s’invente un monde qui s’accorde à ses désirs d’image. Collant les noirs, explosant les blancs de façons tellement différentes des usages que ses séries de portraits, ses natures mortes de Verres, d'Accidents, de Robes ou de Mécaniques, ses Bodybuilders, ses Mannequins, Transsexuels, femmes noires ou jeunes femmes métisses appartiennent à un seul univers, le sien. Devant les images de Valérie Belin on se sent dépossédé, pillé, volés… mais tellement heureux de découvrir le monde de Valérie, un monde qui s'accorde à des désirs qu'on avait oublié : voir le monde autrement.

C'est jusqu'au 8 juin 2008 à la MEP de la ville de Paris www.mep-fr.org

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lundi 28 janvier 2008

On est tous des Giacometti - ENCORE 15 JOURS !

Tout le monde pense que le sculpteur Alberto Giacometti, qui a essentiellement travaillé en France, est Italien. Or il n’en est rien, il est Suisse, Suisse Italien certes, mais Suisse tout de même.

Autre erreur sur Giacometti, on imagine que ce grand sculpteur avait un grand atelier. Et il n’en est rien ! Alberto Giacometti travaillait dans 33 M2. Aujourd’hui heureusement le Centre Pompidou lui rends un hommage appuyé « L’atelier d’Alberto Giacometti » . Mais rassurez vous (on n'est pas serré) car Beaubourg lui offre un atelier-galerie de près de 300M2, où la collection de la Fondation Alberto et Annette Giacometti explore toute l’oeuvre du maître Suisse. De ses dessins (Ah les dessins des sculpteurs) à ses toiles, de ses sculptures ethniques, ou abstraites, jusqu’aux ébauches squelettiques cet architecte du corps a su imprimer un geste, presque picturale dans une sculpture renouvelée pour l’occasion (ous étions dans une mode minimaliste).

Ainsi, serré, oppressé par les murs de son minuscule atelier on imagine Alberto compressant de ces 10 doigts ses corps vers le haut pour les faire émerger vers la lumière. Et l’œuvre de Giacometti se déroule devant nos yeux : de ses objets désagréables à ses familles oubliées, des couples aux œuvres cubistes. Dans ce cheminement le visiteur perçoit de près comme de loin le geste du sculpteur. Pénétrant le côté organique de ses matières puis se laissant apostropher par une de ces formes échalas qui fait signe par sa fragilité et sa force, par sa vie et son immobilité suspendue.

A cet instant-là, on sait que nous sommes tous de Giacometti.

Centre Georges Pompidou jusqu'au 11 février 2008

dimanche 20 janvier 2008

Si beau, le monde à l'envers...

Georg Baselitz (1938-1999) Remix (Œuvres sur papier) Du 17 Novembre 2007 au 26 Janvier 2008 Galerie Catherine PUTMAN g baselitz On se laisse séduire. Très vite. On entre dans l’univers d’un artiste singulier qui nous submerge, nous renverse. Et pour cause: étrange particularité que de présenter ses œuvres à l’envers…! Qu’interroge-t-il?Que veut-il exprimer? Y a-t-il une incidence sur la lisibilité de son travail? On pourrait penser que cette extravagance cherche simplement à perturber, à troubler le spectateur. On peut prendre cela comme un jeu, peut-être même un grand « merde » aux représentations conventionnelles du monde à l’endroit… En tout cas, cela interpelle et pousse à regarder plus attentivement l’image. La plupart des œuvres de la galerie Putman ne sont pas, comme on pourrait s’y attendre de la part de Baselitz, des peintures, mais essentiellement des gravures. Linos, zincs et eaux fortes, pointe sèche et vernis mous…Quelques encres malgré tout, qui viennent à fluidifier cette unité scarifiée de traits vifs et incisifs, de coupures noires qui blessent un fond bien souvent uni et soigné. Plaisir énorme à déambuler dans cette petite exposition et découvrir de œuvres d’une qualité assez exceptionnelle, un amour du papier (ce beau, très beau papier orné d’un filigrane révélateur) Un travail intemporel, pour ma part… Les plus belles œuvres sont-elles posthumes? L’Œuvre de Baselitz est riche, et n’aura sans doute jamais fini de nous éblouir…

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