la revue // l'art revu

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 16 août 2010

La route

Jean Pierre Potiers, Au-delà du Noir Musée Sainte Croix de Poitiers, 86000, jusqu’au 29 Août 2010.

En ces temps de transhumance estivale, lorsque la France défile sous vos yeux il est indispensable de s’arrêter face aux grandes images que Jean Pierre Potier expose jusqu’à fin Août à Poitiers. Sur les chemins de cette France Tranquille d’où « la Force » du même nom explosa en 1981 avec son village dont le clocher restait le maître incontesté des campagnes, un nouveau PAP (Paysage Architectural Paysan) est fleurit aujourd’hui sur nos routes automobiles et ferroviaires hexagonales. Un paysage rythmé au grè de majestueuses et muettes silhouettes qui accompagnent nos voyages : les Silos.

JPP1.jpg JPP2.jpg JPP3.jpg

Car, ce ne sont pas les éoliennes que Jean Pierre Potier peint avec obstination. Mais les bâtiments industriels qui hantent nos paysages campagnards, telle la maison sur la colline du Psychose d’Alfred Hitchcock (inspiré d’Edward Hopper) ou les granges inquiétantes de La Mort Aux Trousses. Qu’ils soient Usines, Entrepôts, Coopératives, ou simples Bâtiments agricoles, ces « Silos » veillent sur notre route et Jean Pierre Potier les croque dans les paysages lunaires d’un monde qui semble n’appartenir qu’à eux. En effet, les dessins grands formats presque carrés 1,5X2m, de ces architectures de béton et d’acier, réalisés au fusain sur Drop Paper (papier contemporain en fibres synthétiques) sont isolés de leur contexte paysager tant est si bien qu’ils en deviennent eux même le paysage au gré du trait de Jean Pierre Potier.

JPP6.jpg JPP5.jpg JPP4.jpg

Cet artiste nantais, qui vit et travaille à Poitiers, est présent sur la scène internationale et nationale à travers différentes institutions et collections renommées. Jean Pierre Potier revient aujourd’hui avec Au-Dela du Noir, une série figurative propre à relancer le paysage français contemporain.

JPP.jpg

Lire la suite...

samedi 7 août 2010

Dynasty 2010

Dynasty Palais de Tokyo/Musée d’art Moderne de la Ville de Paris jusqu’au 5 septembre 2010.

 Depuis longtemps l’avenue du président Wilson présente deux lieux d’art institutionnel qui s’ignorent magistralement. Les numéros 11 et 13 sont à la fois le même ensemble architecturale (construit pour l’exposition universelle de 1937) dont les deux ailes présentent : au 11, le vénérable Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (créé en 1961), et au 13, le jeune et bouillonnant Palais de Tokyo (créé en 1999). Mais il fallait compter avec le dynamisme volontaire de leurs deux directeurs, respectivement Fabrice Hergott et Marc-Olivier Wahler, pour donner corps à un projet commun appelé Dynasty.

Dynasty propose tout l’été de réunir dans ces deux lieux sur 5000 m2 une quarantaine de jeunes artistes et ainsi de prendre le pouls de la sensibilité émergente en France. S’en suit une superbe et rare exposition où il est enfin possible de voir enfin rassemblés une génération d’artistes plasticiens, peintres, sculpteurs, vidéastes, graphistes… qui ont été vus confidentiellement dans des centres d’arts, des Fracs, des expo d’écoles ou de Galeries, mais jamais ensemble. Dynasty leur propose enfin d’exposer deux pièces, une au 13 et une au 11 au sein d’une événement unique et révélateur de l'art contemporain français. ils ont entre 25 et 35 ans et présentent la multiplicité ses techniques et des approches conceptuelles originales quelques soient leurs médiums de prédilections.   Bien sur nous ne citerons pas toutes ces œuvres à voir et déguster longuement mais arrêtons nous sur des sculpteurs et des peintres qui, entres autres, marquent cette Dynasty.

Lire la suite...

Gosse de riche

Gosse de peintre Beat Takeshi Kitano Fondation Cartier pour l’Art Contemporain jusqu’au 12 septembre 2010.

Le tapage médiatique de la star japonaise Takeshi Kitano revue et corrigée en plasticien naïf et provocateur fait long feu !…

Fort de 110 000 visiteurs cette exposition se révèle pourtant celle d'un gosse de peintre, devenu grâce à sa célébrité un gosse de riche dont les blagues de potache mise en scènes avec moult moyens financiers et artistiques par la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain donnent vie à un gigantesque spectacle populaire et populiste qui n’a, on le regrette, plus grand chose à voir avec l’art contemporain.

Pourtant le style picturale de ce gigantesque acteur et réalisateur du cinéma nippon et international vient tout de même nous surprendre et nous laisse entrevoir le gosse de peintre qu’il est resté. En effet ses immenses toiles reproduites en transparent et collées sur les murs de verre de la fondation, apportent une aura mystique et esthétique inédite. Ces "Vitraux du troisième millénaires" sont à peu près la seule surprise de cette exposition, car ils magnifient un Style Kitano composé de peintures naïves (dont les originaux sur toiles sont exposés au sous-sol) et colorées surgies comme des nouvelles icônes qui magnifient le bâtiment de verre de Jean Nouvel.

Lire la suite...

mercredi 9 juin 2010

La jeune fille et la mort… à Bordeaux

"La jeune fille de Bordeaux de Christian Boltanski à travers l'exposition la vie saisie par l'art'' Jusqu'au dimanche 21 novembre 2010 au CAPC de Bordeaux.

Le CAPC de Bordeaux est un grand vaisseau dédié à l'art contemporain qui a et à eu ses heures de gloire et ses scandales !

Oeuvre majeure de la collection du CAPC , cette "jeune fille de Bordeaux" vue par Boltanski a été visitée par Kenny Leguier (étudiant artiste à l'EESI) qui nous en livre ici son regard critique.

En route pour le CAPC… avec Kenny et sa rencontre avec la jeune fille… vue par… Christian Boltanski : JF3.jpg L'oeuvre permanente sur la Jeune fille de Bordeaux montée par Christian Boltanski au CAPC (musée d'art contemporain de la ville de Bordeaux) regroupe une collection d'objets ayant appartenu à une jeune inconnue habitante de la capitale de la Gironde. Ici, ce qui frappe d’abord est l'attention accordée à chacun de ces objets sur presque 17 années (de 1973 à 1990). En effet cette multitude d'objets et bidules, qui vont du simple courrier, en passant par les stylos et autres livres et revues, nous impressionne autant par la cohérence et l'obstination avec laquelle ils ont été réunis que par leurs imposantes quantités.JF1.jpg

Lire la suite...

Exposition KITANO TAKESHI ???????

GOSSE DE PEINTRE « Beat Takeshi » Fondation Cartier Pour l’Art Contemporain jusqu'au 12 Septembre

Comment qualifier cette exposition d'une star inconnue sur le plan des arts plastique comme Kitano? La Fondation Cartier est coutumière du fait. Après David (Linch) et Pattie (Smith) c'est Takeshi (Kitano) qui s'y colle… Enfin qui nous colle, car son art est (comme dirait Nathan Vignaud lui même étudiant en art) SURPRENANT__ Bonne lecture… KT2.jpgKT3.jpg ‘‘Surprenante’’, je pense que c’est le mot qui pourrait le mieux qualifier l’exposition de Takeshi Kitano qui se tient à la Fondation Cartier. Une exposition à la fois dédiée aux enfants et aux adultes et qui montre le monde de Beat Takeshi par l’intermédiaire d’une installation qui prend à contre-pied tous les principes. En effet on le découvre en tant que plasticien avec une oeuvre comique que ce soit dans la création de machines à faire du « Pollock » ou bien dans des démonstrations absurdes par exemple sur la raisons de l’extinction des dinosaures. Et à tout cela il ajoute un regard ludique, décontracté et accessible. KT1.jpgKT0.jpg

Lire la suite...

vendredi 28 mai 2010

Touchez-moi !!!

Maintenance, jusqu'au 4 juin à l'EESI Poitiers, renseignements sur le site de l'EESI.

Outre l'importance de l'échelle 1, ce qui nous semble caractériser d'un point de vue technique la présente exposition est le recours aux écrans tactiles. Parmi les cinq pièces exposées, quatre font appel à ce type d'interface et l'une d'elles a nécessité un développement spécifique de la part des ingénieurs de l'éesi : il s'agit de Contretemps développée en 2004 par et pour un environnement informatique classique (écran et souris) et aujourd'hui implémenté sur une interface tactile.

Lire la suite...

lundi 24 mai 2010

~ Ta garde/2010

Maintenance, jusqu'au 4 juin à l'EESI Poitiers, renseignements sur le site de l'EESI.

Présenté dans un premier temps sur internet en 2000 puis en installation en 2004 au Palais de Tokyo-Site de création contemporaine et donc en 2010 à l'École Européenne Supérieure de l'Image,  le dispositif Ta garde nous donne l'occasion de revenir sur  l'une des raisons qui a motivé cette exposition et que nous retrouvons aussi bien dans le terme de maintenance que dans celui de versionnalisation (voir billet du 16 mai 2010 par Jean-Jacques Gay). 

Dix années s'étant écoulées depuis sa conception, exposer à nouveau Ta garde relève à la fois d'un défi (technique comme technologique) mais aussi d'une logique interne propre aux  travaux de Samuel Bianchini. Précisons ce que nous entendons par là...

Lire la suite...

samedi 22 mai 2010

seul à seul(e)?

Maintenance, jusqu'au 4 juin à l'EESI Poitiers, renseignements sur le site de l'EESI.

Proposé dans une configuration inédite, seul à seul est actuellement exposé à l'EESI dans le cadre de l'exposition Maintenance de Samuel Bianchini. Dispositif interactif initialement sur internet, la version proposée est ici une installation. Placée dans le fond de la salle, derrière une cloison comme isolée du reste de l'exposition, l'oeuvre ne s'offre pas d'elle-même ; aussi le spectateur peut-il passer à côté de ladite cloison sans pour autant envisager d'en faire le tour, ignorant de ce fait la pièce exposée. Faisons le tour...

Lire la suite...

dimanche 16 mai 2010

Versionnalisation 2010

Maintenance, jusqu'au 4 juin à l'EESI Poitiers, renseignements : www.eesi.eu

Pour différentes raisons, réaliser l’exposition présentée à l’Ecole européenne supérieure de l’image Poitiers-Angoulême dans un centre d’art, un musée ou une galerie aurait été très difficile. La principale raison est que Maintenance est une exposition de recherche(s). Proposée ce mois de mai 2010, Maintenance se singularise en exposant cinq installations jamais vues dans cette configuration qui sont aussi cinq pièces manifestes crées entre 1999 et 2004 de l’œuvre déjà conséquente de Samuel Bianchini. À l'instar de la double acception de son titre, Maintenance est expérimentable autant qu'expérimentale : une exposition qui propose une maintenance à cinq pièces d’un artiste dont le travail sur l’interactivité entend « enrôler le public dans l’œuvre ». Maintenance d’installations qui renaissent, non pas de leurs cendres, mais de leurs précédentes versions. Maintenance qui implique la main et le tenant, et, de ce fait, place le Geste au cœur du travail de Bianchini, à travers un échange œuvre/visiteur. Geste(s) du public qui entretient une relation particulière avec ces œuvres interactives à formes variables. Geste(s) de l’artiste confronté à une réactualisation de ses œuvres. Contretemps02_2.jpg

Lire la suite...

samedi 15 mai 2010

Esther « Ton image me regarde » mais je ne comprends rien !

« Ton image me regarde » Esther Shalev-Gerz Musée du Jeu de paume jusqu’au 6 juin 2010 Renseignements : www.jeudepaume.org

On est déçu de la prestation de Ester Shalev-Gerz, cette artiste née en Lituanie, élevée en Israël et vivant à Paris depuis 25 ans. On est déçu par une exposition complexe et un travail éparpillé qui nous effleure d'autant plus que son sujet est fort. Une exposition qui nous laisse à la porte des obsessions d’une artistes généreuse qui semble avoir du mal à se faire un nom (celui de Jochen Gerz lui colle à la peau) et à révéler un axe de travail clair; un peu à l'image de sa sculpture "Les inséparables" des deux pendules jumelles qui font l'identification visuelle et on été produite pour cette exposition.

Lire la suite...

L’automne à Pékin, le printemps à Séoul

Printemps Perfume Présentation du Art Center Nabi de Séoul Centre des arts d’Enghien-les-Bains jusqu’au 30 juin 2010. Cette exposition d’œuvres numériques et interactives de jeunes artistes coréen soutenus par le Nabi Center de Séoul nous ouvre un porte de la création du « Pays du matin calme » (autre nom de la Corée). Ouvert depuis 2000, ce centre dédié aux arts numérique à aussi bien montré des artistes internationaux que des jeune créateurs Corée.

A voir un ensemble de créations interactives toutes plus surprenantes les unes que les autres dont la vue d’ensemble apporte une grande fraicheur. Car l’ensemble de ces artistes plus que de ce poser des questions existentialistes restent toujours au plus près des usages que vont en faire leurs contemporain qu’ils soient amateurs d’art ou industriels. Sans à priori, il se frottent au design et apportent une nouvelle vie à la vie. D’ailleurs le Nabi Center par la voix de Dooeun Choi (sa directrice et co-commissaire de cette exposition) ne s’en cache pas : « il travaille à rendre visible les convergences entre l’art et les technologies numériques actuelle » et il prétends « faire des arts numériques, un média répandu après du public le plus large » ce qui n’est pas toujours le cas en Europe et en France.

Lire la suite...

Madame Charley Toorop

Jusqu’au 9 mai 2010, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris Trop tard, il est trop tard pour déguster la merveilleuse exposition organisée par le Musée d’art Moderne de la Ville de Paris sur l’artiste hollandaise Charley Toorop. Cette peinture injustement méconnue d’une artiste qui a illuminée la première partie du 20e siècle réchauffe notre printemps nordique. Jamais Paris n’avait offert à Toorop une rétrospective. Celle ci était la première et ce fût la claque !  Car Charley (de son vrai prénom Annie Caroline surnommée Charlie puis Charley) fille de l’un des pères de l’art moderne néerlandais Jan Toorop (c’est dur d’avoir comme frère tout l’art moderne hollandais), fut aussi la meilleur élève de son père. Symboliste puis néo-impressionniste Jan Toorlop ouvrit la voie au Luminisme et sa fille sur ses traces exposa avec les meilleurs dont Piet Mondrian, Jan Sluyters et Léo Gestel (quels merveilleux parrains).    Femme de tête, femme libérée, amie du sculpteur Ossip Zadkin, de Fernand Léger et du cinéaste Joris Ivens, Charley fût toujours entourée de plein de gens, créateurs, anarchistes, intellectuels, critiques d’arts, collectionneurs, écrivains, poètes et sa peinture portée part ces courants de pensée. Une peinture généreuse qui empile les modèles dans son cadre pictural toujours trop petit. Une peinture dure et froide par laquelle toute la raideur nordique de la nouvelle objectivité se retrouve… stricte et travailleuse. Une peinture exigence, acharnée dans ses recherches autours d’autoportraits sans cesse renouvelés.

Lire la suite...

mercredi 31 mars 2010

Giselle, points de suspensions…

G, Australian Dance Theater, pièce chorégraphique de Garry Stewart en tournée en France ce début 2010. Lorsqu'un Ballet des Antipodes revoit et corrige un classique de la danse occidentale, ça donne un coup de fouet à l'art chorégraphique. Iconoclaste en diable Garry Stewart fait frissonner son public et l'enchante du désenchantement de Giselle. Revenons sur la tournée européenne de "G". et sur le regard d'Elodie Gaillard, étudiante en art, passionnée de danse et d'image, pour qui le spectacle de l'Australian Dance Theater est déjà l'événement Chorégraphique de l'année. JJG

Ils sont douze. Douze à torturer et magnifier la danse durant tout un spectacle. Lorsque le jeune australien Garry Stewart se lance dans une énième ré-interprétation de l'œuvre Giselle, c'est avec violence ; mais dans une puissance chorégraphique unique. Face à cette pièce du 19ème siècle, Stewart met la danse face à un miroir pour qu’elle s’y reflète. Alors, comme dans un mauvais rêve... s'y articule un vocabulaire gestuel autour de la Danse de l'Hystérie, de la danse éthérée comme de la danse classique. Mais résolument violente.

La petite fille qu'était la danse classique a grandi et se fait dépuceler par le chorégraphe.

Lire la suite...

lundi 29 mars 2010

Naked Lucian

Lucian Freud, L’atelier, Centre Pompidou, jusqu’au 19 juillet 2010.

L’homme, la femme, nu est au centre de l’œuvre de Lucian Freud. Le petit fils anglais, né à Berlin, de Sigmund Freud, le père autrichien de la Psychanalyse, nous livre une œuvre d’un autre temps.   Première exposition à Paris depuis 25 ans et devant sa peinture, ses autoportraits à nu, ses grandes toiles pour la bourgeoisie et la matière vivante de ses corps, on pense à Rembrandt, Saudek, Dubuffet, Witkin et, bien sur, son grand ami Francis Bacon. Une impression de confraternité avec ces écorchés vifs qui va et vient tout au long de cette exposition unique, où les paysages urbains réalistes puis des végétaux grouillant laissent place à la peinture du maitre : les nus. Les femmes sont rondes et puissantes, les compositions ardues, les portraits songeurs, la peinture organique. Lucian se met à nu encore et encore…

Lire la suite...

What about Frida

Frida Khalo, jusqu’au 18 avril 2010, Palais des Beaux Arts de Bruxelles.

Ironie de l’histoire, des 18 toiles exposées au Palais des Beaux arts, la plus grande partie vient de la collection d’une rivale en amour de Frida auprès de Diégo Rivéra. Celui ci séparé de la peintre mexicaine convainquit sa maitresse d’acquérir des œuvres de celle… qu’il ré-épousera par la suite. Vengeance de la vie, c’est aujourd’hui cette rivale qui nous propose de découvrir l’immense œuvre de Frida. image_60471032.jpg

La voici pour nous sous la plume d’Alexandra, jeune créatrice qui poursuit des études d’art en Belgique : Rencontre !''__

image_60470979.jpg

"Nous dévalons docilement les méandres du musée, quelque part, Frida Kahlo se retrouve. Dans la vieille Europe aux antipodes d’une culture expressive, charnelle et hautement spirituelle. Ici, où le ciel ouvert donne gris bleu, et le froid hivernal nous porte, « tiens, pourquoi pas le musée où ils exposent cette artiste célèbrissime qu’il faut voir au moins une fois dans sa vie ! ». Alors oui, pourquoi pas. Venir et se confronter à la différence.

Descendre, encore puis, derrière un rideau en velours rouge, silence et recueillement. Premiers pas intimidés dans un monde au souvenir clair obscur. Scénographie du gigantesque, symbolisme post modernisme. Toiles immenses, chevalets puissance trois mètres aux pieds lourds, entrecoupés des miroirs trompeurs où nous levons le visage pour contempler à notre tour ce qui fut, le temps d’une vie, l’espace restreint de Frida Kahlo…"

Lire la suite...

dimanche 31 janvier 2010

"J’aime l’autorité du noir…"

Rétrospective Soulages, Paris, Centre Pompidou jusqu’au 8 mars 2010  J’aime l’autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Son puissant pouvoir de contraste donne une présence intense à toutes les couleurs lorsqu’il illumine les plus obscures, il leur confère une grandeur sombre. Le noir a des possibilités insoupçonnées et, attentif à ce que j’ignore, je vais à leur rencontre. Cette profession de foi de Pierre Soulages au noir, est peut-être plus que tout autre image ce qui ressort de cette rétrospective. Image d'une peinture qui a totalement écrasé son créateur en même temps qu'elle le portait sous les feux de l'actualité. Car regarder "un Soulages" est aussi profond qu'un trou noir, ça absorbe tout de nous… c'est voir toutes les lumières de la création face à notre fatuité humaine et en même nier qu'un homme ai pu approcher un tel art d'absolu.

Pourtant lorsqu'au détour d'une salle du Louvre, un Soulage vient se confronter à la peinture Italienne, tout rentre dans l'ordre, aucune rivalité n'apparait, chacun est à sa place dans la grande time line de l'histoire de l'art. Alors quant on revient sur cette rétrospective du centre Pompidou, Soulages est bien seul, et on prends alors un plaisir extrême à regarder sa toile qui tout au long de ces 60 dernières années est captivée par le noir, nationalisée par le noir, phagocytée par le noir et… resplendissante de noir ! On aime le noir !

Lire la suite...

Plaid Houses : Plaidoyé pour un habitat de l'Imaginaire !

Laure Tixier Plaid Houses - Paris 75003 Galerie Polaris 15 rue des Arquebusiers jusqu’au 6 février.

Après le Mudam en l’hiver 2009, Chamarande cet été, et le musée du Feutre cet automne, la jeune plasticienne Laure Tixier présente enfin ces Plaid Houses à Paris ce début d'année 2010. LTMudamGene.jpg Il y a longtemps que nous attendions de voir les Plaid Houses grandeur nature de Laure Tixier… depuis que le Mudam du Luxembourg et le Musée du Feutre décidèrent de s’associer pour produire et exposer ces créations qui n’existaient qu’à l’état de maquettes. Ce travail, à la fois conceptuel et sculptural, présente une réflexion créative sur les matériaux comme sur une certaine sociologiques de l’habitat (histoire, usages et mythologies) à travers des dessins et un livre (My Cities/Frac Bourgogne). La réflexion de cette artiste trentenaire surfe sur les utopies artistiques, sociétales et architecturales de certaines écoles (Bauhaus), "mais aussi sur les fictions architecturales que les enfants se fabriquent avec leur couvertures". Avec pour résultat, un répertoire d'architectures originales dont la matière (en feutre) et les échelles (inhumaines) nous plonge dans un « Gullivérisme ». Voyage dans un jardin extraordinaire où nos rêves d’enfants rencontrent l’imagination débridée de l’artiste, où l’objet prends vie. LTgeneMud.jpg En effet, Laure Tixier injecte dans ses sculptures en feutre des détails qui renvoient face à face Calvino et Escher, Piranèse et Absalon, Joseph Beuys et Claude Parent pour se créer un monde à part de maisons molles, d’habitats vivants, de structures en mouvement. Mais si ces sculptures « habitables » et « jouable » par notre imagination, flirtent entre le monumental et la maison de poupées, entre la sculpture et l’objet architectural, ces Plaid Houses sont les fruits d’une aventure entrepris par l’artiste il y a plusieurs années. Retour sur image…

Lire la suite...

PERSONNES pour tous

Monumenta 2010 - Personnes de Christian Boltanski au Grand Palais jusqu’au 21 février 2010.

Pour la troisième fois, le Ministère de la Culture et de la Communication investit magnifiquement le Grand Palais et assure sans conteste la réputation de son Monumenta. Evénement qui, s’il en est, assume l’appellation "Communication et Culture". Les deux premières réussites de Monumenta signées par l’allemand Anselme Kieffer et l’américain Richard Serra mirent sans aucun doute la pression au premier français à entreprendre l’exercice Monumenta…l.  De la même génération que ses prédécesseurs, Boltanski remporte ici une gageure d’importance pour un artiste qui travaille sur l’intime, le souvenir et la disparition… « habiter » avec brio les 13000 m2 de verre et d’acier du Grand Palais. Pour relever ce défit, Christian Boltanski nous propose plus qu’une mise en scène, mais une véritable réflexion en 4 temps de cet espace monumental construit au cœur de Paris au début du siècle dernier. Au départ, l’artiste bouche l’entrée visuelle de l’espace d’exposition Personnes au visiteur. Un mur de classeurs métalliques oxydés efface la perspective du Grand Palais. Puis, il nous accroche l’œil par une sculpture monumentale « vivante » composée d’une grue et d’un tas de vêtements abandonnées. Le grappin acéré de cette grue pioche aléatoirement dans ces vêtements qu’il tire en haut des 45 mètres de la verrière, puis qu’il laisse planer dans les airs. Le troisième moment de Personnes est un jardin du souvenir dont on peut parcourir les allées. Stalag virtuel composé de carrés de vêtements.

Puis l’ultime pièce est sonore, c’est l’ambiance de battements de cœurs qui prévaut à tous les sons et rythme l'ensemble de l’exposition. Battements de cœurs obsédants, travaillés de façon à faire résonner en nous de multiples convois de chemins de fer.

 Mais, est-ce une coïncidence, lors que l’on commémore les 65 ans de la libération des camps nazis, de se retrouver dans ce parc de l’absence, dans ce jardin du souvenir qu’est Personnes ? Ici planent les âmes des milliers de personnes qui ont habités ces vêtements. Vêtements abandonnés qui sont la matière même du travail de Boltanski. Ici et depuis toujours, il y a une absence, il n’y a personne(s)… sinon qu'avec Personnes nous spectateurs vivons enfin ici une impression absente depuis si longtemps : être réellement partie prenante d’une œuvre d’art.

Lire la suite...

mardi 22 décembre 2009

Né sous X (suite)

De retour de la biennale de Lyon, le spectacle (n') a (pas) eu lieu… et de grandes déceptions côtoient les vraies découvertes. Ce qui explique en partie le retard de ce billet…

Du point de vue de cette DiXième Biennale de Lyon notre monde de l’art contemporain Français semble à la fois avant-gardiste et bien triste. Triste car la vitalité artistique est conduite par une noria de plasticiens jeunes ou moins jeunes en provenance des pays émergents. Avant-gardiste car ces artistes manipulent des concepts venues d’une Europe, ou d’un occident, toujours créatif mais sclérosé par un marché dictatorial (qu’il soit public ou privé). Ces concepts revus et corrigés, descendent de Fluxus, de Support Surface des nouveaux réalistes ou d’artistes en vogue tels que : Lévèque, Vaillant, Mercier, Barbier et Hyber… un savoir montrer qu’ils ont pu sublimer grâce à une culture propre, heureusement pour eux, pas encore récupérée par la mondialisation d’une esthétique convenue et commerciale. Pourtant le résultat est décevant, et cette biennale malheureusement résumée au "carnet d'adresse" de son commissaire…

Lire la suite...

Union mixtes, mariages libres et noces barbares

ORLAN, Abbaye de Maubuisson (val d’oise) jusqu’au 8 mars 2010

Depuis fin septembre, ORLAN occupe une abbaye du XIIIe siècle au cœur du Val d’Oise. Un travail qui se tient à l’Abbaye de Maubuisson depuis presque un an. Puisqu’elle y crée en résidence, et que toutes les pièces de cette exposition ont été réalisées in situe. orlan Confrontant les nouvelles technologies contemporaines à l’architecture de ce lieu de réclusion et de prières, dans un titre provocateur : Unions Mixtes, mariages libres et noces Barbares, ORLAN la scandaleuse stéphanoise renait à Maubuisson dans la peau et sous les plis d’une surprenante et incontournable sculpteur (trice) contemporaine. ITW et Suite

Lire la suite...

- page 1 de 7