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jeudi 7 décembre 2017

Pour un Fresnoy augmenté ! (Rencontre avec Alain Fleischer)

Si Le Fresnoy fête ces 20 ans il y a plus de 30 ans que son directeur historique l’artiste Alain Fleischer est à la manœuvre. Mai 1987, une conversation avec Dominique Bozo (1935-1993) dans les jardins de la Villa Médicis jette Alain Fleischer dans l’aventure. Puis une rencontre avec Bernard Faivre d’Arcier (Directeur du Festival d’Avignon pendant 15 ans, conseillé du premier Ministre entre 1984/85 et fondateur de la Chaine La Sept/Arte) et de Michel Delebarre (Président de la région Nord-Pas de Calais) assurent la faisabilité de cette utopie. Mais c’est un rendez vous avec le Ministre de la culture de François Mitterrand, Jack Lang qui en 2 heures concrétise Le Fresnoy.

A l’époque des dystopies en cascade il est rare d’observer une telle utopie pédagogique et artistique prendre forme, durer et même se renforcer d’année en années. Comme si le terreau d’un territoire (hier le Nord-Pas de Calais, aujourd’hui les Hauts de France) et une certaine idée de l’enseignement de l’art avaient su garantir le succès de ce qui est aujourd’hui le passage obligé pour tout jeune artiste désireux de travailler avec les technologies de son temps: le numérique. Un modèle d’école/atelier international qui non seulement dure, mais ambitionne une mutation perpétuelle, des collaborations nouvelles à l’image d’une société augmentée. Rencontre avec Alain Fleischer aujourd’hui en route pour un Fresnoy Augmenté.

Propos recueillis par Jean Jacques Gay

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Panorama19 sur des Arts Etonnants !

Panorama 19, jusqu'au 31 décembre 2017, Le Fresnoy Studio National des arts Contemporains, Tourcoing, renseignements www.lefresnoy.et ou www.panorama19.net

Les Arts Etonnants : c’est ainsi que se préfigura en 1991 Le Fresnoy. A travers une exposition qui porta sur les fonds baptismaux le Studio National des arts contemporains situé dans l’ex-centre de loisirs de Tourcoing Le Fresnoy. Nous étions au XXe siècle dans une France du nord en pleine mutation, et 25 ans après cette idée folle, 20 ans après avoir accueilli sa première promotion, cette étrange école destinée à “faire exemple” présente une fois de plus des œuvres ambitieuse et des arts étonnants sur les traces du nouveaux millénaire.

Le Fresnoy fête ses 20 ans. ArtPress titre “L’Effet Fresnoy”, le Palais de Tokyo expose Le Rêve des Formes rencontre concrète entre Artistes et Scientifiques. Dé-monstration consolidée par un colloque au Collège de France de 3 jours titré Arts, Sciences et Compagnie. Autant d’événements qui s’associent au Panorama annuel, cette année le # 19. Panorama des travaux des deux promotions en instance, des étudiants-artistes et des professeurs-artistes de cette école pas comme les autres dont le leitmotiv est de donner à leurs résidents (étudiants et professeurs) les moyens de produire des œuvres grandeurs réelle. Pour notre plus grand plaisir.

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Je ne suis qu’une image !

Passages Clandestins, rétrospective choisie d’Alain Fleischer jusqu’au 31 décembre au Centre Des Arts d’Enghien les Bains, renseignements www.CDA95.fr

Passages Clandestins est l’exposition qui “réconcilie” les deux faces d’Alain Fleischer. L’écrivain et le plasticien rassemblés dans une exposition qui aurait aussi dû affirmer les espaces d’exposition du Centre des Arts d’Enghein-les-Bains à travers une vraie méta-curation pourtant juste suggérée. Pourtant il semble urgent de se plonger dans cette exposition rétro-futuriste où nous sont révélés les passages de l'art clandestin d'une œuvre essentielle.

C’est seulement en entrant dans les trente pages de la nouvelle éponyme qui introduit le magnifique catalogue de Passages clandestins que le spectateur du Centre Des Arts d’Enghien les Bains va comprendre, après coup, la subtilité de l’homme Alain Fleischer et de l’exposition qui associe ses Passages Clandestins de créateur protéiforme. Passages qui ne sont non moins que les errances d’une vie d’artiste, de créateur et d’homme fasciné par l’image mécanique. Errances artistiques d’un Homme à la Caméra (au sens francophone et anglophone du terme), photographe et cinéaste visionnaire qui devint écrivain par nécessité, celle de tenir la barre du projet pédagogique artistique le plus ambitieux de ce passage de siècle : Le Fresnoy, d’un homme précurseur d’une certaine idée du dialogue de l’art et des technologies numériques contemporaines.

Passages Clandestins est une exposition qui regroupe des travaux anciens d’Alain Fleischer réactualisés (les projecteurs 16mm ont été remplacés par des vidéo-projecteurs numériques) et des travaux récents de ce plasticiens/cinéaste condamné depuis 20 ans à conduire une école et à concentrer sa création sur l’écriture. Mais comme dans tous les contes de fées le sort tombe et le héros renait. Et c’est ce que semble nous promettre Alain Fleischer avec cette exposition (et ce qu’il nous confirme dans son entretien à lire ci dessous). Le Fleischer cinéaste revient et cette exposition en est peut-être le plus beau des scénarios.

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mardi 12 septembre 2017

Vidéo(s) Expérimentale(s)

Instruments, exposition d’Ismaïl Bahri jusqu’au 24 sept 2017 au jeu de paume, Paris

Docteur en art plastique à la Sorbonne, lauréat de résidences internationales, Ismaïl Bahri propose huit œuvres, huit vidéos qui interrogent à la fois le monde des choses et des images. Foyer (2016), Revers (2017), Ligne (2011), Sondes (2017), Esquisse… (2017), Source (2016), Dénouement (2011), Film (2012) sont autant d’expériences que Bahri met en scène en agençant des énergies qui se répondent à travers une exposition où le spectateur est pris à témoin d’étonnantes fulgurances.

Rencontre avec un autodidacte de la vidéo, chercheur impénitent qui donne vie à des intuitions et instrumente ses spectateurs au sein d’une œuvre exposition où naissent accidents, surgissements et étonnements ; fenêtre sur un art qui active notre curiosité.

Dans le monde des images en mouvement, du cinéma et de la vidéo, le terme Expérimental a toujours été le vocable à la peine pour qualifier l’inqualifiable, la marge, les mixités de genres, les sorties de routes entre les grands couloirs aériens de l’art, de la fiction ou du documentaire. Avec Instruments, sa septième exposition personnelle, le jeune artiste franco tunisien Ismaïl Bahri nous apporte une nouvelle lecture d’un Expérimental plus expérimentable que jamais. Une jeune œuvre qui fait rentrer ce plasticien dans le cercle restreint des créateurs qui donnent tout son sens à l’Expérimental, et ce grâce à une recherche poussée jusqu’à la conceptualisation de cette exposition organique dans les espaces du Jeu de Paume.

Propos recueillis par Jean Jacques Gay le 7 septembre 2017

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lundi 5 juin 2017

L’art de dé-peindre le monde.

"Endless Portraits, 2014/2016" - Galerie Ephémère CENTQUATRE-PARIS jusqu’au 6 Aout 2017. Renseignements www.104.fr "Agora(s)" - MAMBO, Bogota, Colombie - jusqu’au 24 juin 2017 "Agora(s)" - XVI Festival de la Imagen, Manizales, Colombie / Festival ISEA jusqu’au 18 juin 2017.

Voici venir le temps de l’Image interminable et générative qui des réseaux aux Smatphones, des publicités géantes de l’espace publique aux millions de milliards de selfies, délimitent l’empire des GAFA face à notre sphère personnelle. Dans cette conjoncture de l’intime et de l’extime, c’est au tournant du siècle que le jeune peintre français Nicolas Clauss déposa ses pinceaux pour pratiquer la vidéo et maitriser programmation. Enfin c’est ce que dis la légende de Nicolas Clauss. Depuis, il enchaine installations, films multi-écrans, et tableaux d’un genre nouveau qu’il considère comme des œuvres génératives, tableau non-figées, images en « ré-écriture » constante au gré de leur vie propre et de leurs faces à faces avec leurs spectateurs. A partir de ce changement de cap, notre ex-peintre marseillais ne fut pas qu’un vidéographe interactif mais un plasticien de l’image animée dont la démarche ne cesse de questionner le statut de l’image en mouvement à travers une forme d’anthropologie visuelle proche du documentaire, avec une temporalité chorégraphique qui magnifie la figure et la réalité humaine tout en proposant d'autres modes de narration et d’expériences de monstration. par Jean Jacques Gay OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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lundi 15 mai 2017

Anne Marie Duguet ; les Nouveaux Médias des origines à après demain sur les traces de Peter Campus.

Curatrice de l’exposition de Peter Campus Video Ergo Sum, événement du Jeu de Paume de Paris et prochaine exposition du Centre Andalou d’Art Contemporain de Séville, Anne Marie Duguet est universitaire à la retraite, mais toujours historienne, critique d’art ainsi qu’éditrice de la collection Anarchive.
Si de sa longue carrière universitaire on doit à Anne Marie Duguet l’éclosion d’artistes-chercheurs phares comme Maurice Benayoun, Samuel Bianchini ou Grégory Chatonsky (entre autres…), il ne faut pas oublier qu’elle est aussi a l’origine (avec Jean-Louis Boissier) des 4 éditions de la Biennale dédiée à la création en arts numériques Artifices (de 1990 à 1996 à Saint Denis) ainsi que de grandes expositions historiques sur les nouveaux médias (elle soutint Jean Christophe Averty et Thierry Kuntzel…). Sa collection d’éditions vivantes Anarchive l’occupe aujourd’hui à plein temps. Le catalogue Video Ergo Sum de Peter Campus en est le septième opus. Anarchive donne non seulement la parole aux artistes des technologies contemporaines, mais proposent une vision panoramiques d’œuvres vidéo, technologiques et virtuelles, au plus large public. OLYMPUS DIGITAL CAMERA Entre la réflexion et l’action Anne Marie Duguet reste une figure incontournable de l’histoire de l’art et des technologies. Car elle n’oublie jamais que c’est la vidéo qui a été la charnière entre le factuel et le virtuel du support artistique c’est d’ailleurs par son ouvrage-manifeste Vidéo, la Mémoire au Poing (1981) qu’Anne-Marie Duguet a conceptualisé les rapports entre l’art contemporain et ce médium vidéo, qui de l’électronique au numérique de la contemplation à l’interaction, a ouvert la voix (voie) à l’art des nouveaux médias.

Par Jean Jacques Gay

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vendredi 5 mai 2017

Je vois, donc je suis !

Peter Campus, video ergo sun A Paris jusqu’au 28 mai 2017 au Jeu de Paume, puis à Séville du 21 septembre 2017 au 21 janvier 2018 au Centre Andalou d’Art contemporain, curation Anne-Marie Duguet. http://www.jeudepaume.org http://www.caac.es/
Exposition_Peter_Campus-03.jpeg

Je vois, donc je suis ! La litote de l’artiste américain Peter Campus, est aussi ce que peut se dire chaque visiteur de son exposition éponyme.
Peter Campus, video ergo sum propose en effet de penser notre être vu. Photographies, projections, vidéos et six installations majeures de ce pionnier de la vidéo, de l’installation et des nouveaux médias... pour se voir et se penser au monde.

par Jean Jacques Gay

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lundi 1 mai 2017

Aéroports/Villes-Mondes, exposition manifeste pour un Paris Ville-monde.

Eclaireur de la mondialisation, le concept du village-global, théorisé au siècle dernier par le canadien Marshall Mac Luhan, annonçait à la fois le monde-ville et la ville-monde. Les années 90, en point d’orgue du 20 ième siècle, ont fait de l’Aéroport, le modèle des états cités imaginés par Al Gore (Vice-président de Bill Clinton lors des élection US de 1992 puis de 1996) comme complément des autoroutes de l’information des états cité, réseau des villes-monde, avec en vecteur principal l’aéroport et ses imaginaires d’ailleurs et de World Wild Web.
Ville voyage, méta-habitat, le siècle dernier à fait de l’aéroport le cadre de toutes les fictions et de tous les possibles. Le cinéaste Chris Marker l’a magnifié avec La Jetée (1962). En utilisant l’aéroport d’Orly (Premier aéroport moderne Parisien) comme le décor de son film d’anticipation Marker en fait déjà un espace de voyage temporel où se croise passé et futur. Il en sera un des visionnaire. Avec ses structures aéroportuaires (aérogare, zone de transit, tarmac, tour de contrôle, hall d’enregistrement, Duty-free) l’aéroport est le vecteur de tous les fantasmes temporels. La totalité des concepts spatiaux-temporels, technologiques et sociaux et sociétaux peuvent y être expérimentés. Des villes-mondes comme Dubaï ou Honk-Kong ont avant tout existé grâce à leur hub aéroportuaire et leur célèbre Duty Free. C’est cette vision de l’aéroport comme comme ville-Monde que La Gaité Lyrique explore aujourd’hui avec une vingtaine de jeunes artistes internationaux. Résultat une exposition manifeste intitulée Aéroports/Villes-Mondes. Par Jean Jacques Gay Aéroports/Villes-Mondes www.gaite-lyrique.net

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vendredi 28 avril 2017

Nicolas Clauss, collisions aléatoires.

__Peintre, truquiste, programmeur, vidéaste, montreur d’ombres, Nicolas Clauss est un artiste de son temps. Plasticien de l’aléatoire, la légende dit qu’“en 2000 Nicolas Clauss pose ses pinceaux pour pratiquer la vidéo et maitriser la programmation”. Or l’œuvre de ce jeune quinquagénaire est plus complexe qu’elle en a l’air et Agora, Endless Portraits ou Les traversants, ses dernières pièces, ont une genèse qui va puiser ses racines dans la peinture, la programmation, l’interactivité, le web, la matière, la vidéo mais surtout la sociologie et la psychologie, enrichit du parcours original d’un artiste pour qui le terrain d’expérimentation reste l’humain.__ Par Jean Jacques Gay

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lundi 18 janvier 2016

Prosopopées…

Prosopopée : quand les objets prennent vie… jusqu’au 31 janvier 2016 au 104 paris, renseignements

Version 2Exosquelet_-_1.jpg Cet hiver, Arcady et le CentQuatre proposent au Cent Quatre Paris, en point d’orgue de la Biennale Des Arts Numériques d'Arcady Némo 2015, une grande exposition spectacle d’art(s) et de technologie(s) nommée Prosopopées Et, quand les objets prennent vie, s'étonne t'on encore ? Version 2

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Le temps et la rage de l'artiste… 1 X 4 Exposition(s) ŒUVRE.

__Depuis les premières expérimentations performatives artistiques le temps a montré qu'il était non seulement est le médium, mais meilleur axiome de la création vidéo. De William Wegman à Nam June Païk… tous les performers des années 70 y reconnurent le miroir électronique pour modeler les aventures de leur corps, et ont par deçà construit des pans entiers de l'histoire de l'art en général et de l'art vidéo d'il est adoubé par le marché de l'art. A3D_-_1.jpgVersion 2 Dans ce paysage, la plasticienne française ORLAN est une de ces icônes vivantes. Elle propose aujourd'hui une exposition multiple de son œuvre vidéo. Une exposition "sur clé USB" capable de voyager aux 4 coins du monde. La première de ces étapes vidéographique eut lieu cet été en France au centre d'art le LAIT (acronyme de Laboratoire Artistique International du Tarn) d'Albi. Le voyage s'est ensuite poursuivi cet automne au CDA d'Enghein les Bains (près de Paris) avec une suite au Centre d'art contemporain BOLIT de Gérone en Catalogne puis au Sungkok Museum de Séoul en Corée du Sud.__

Retour sur une suite de monstration d'une seule EXPOSITION de lumière autour du monde et de l'histoire du corps star, du corps ORLAN où même le spectateur devient performeur.... et se prend au jeu (vidéo et en vidéo) de l'art contemporain.

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jeudi 8 mai 2014

De la Vanité Vidéo au Jeu Vidéo ! Entretien avec Bill Viola.

Exposition Bill Viola, au Grand Palais à Paris jusqu'au 21 juillet 2014. Une rétrospective organisée par la Réunion des Musées Nationaux et le Studio Bill Viola. Portraits : Jean François Robert. BVPortrait3.jpgBVPortrait4.jpgBVPortrait2.jpgBVPortrait1.jpg

__Qui est Bill Viola ? Premier vidéaste élu membre de la Nationale Accademy of New York ? Premier artiste des nouveaux médias a accrocher une œuvre vidéo (Self Portrait, Submerged 2014) dans la légendaire collection d'autoportraits du couloir Vasari des Offices de Florence ? Bill Viola est un sexagénaire américain qui depuis plus d'un demi siècle regarde la mort en face.__

Jeune artiste new-yorkais élevé dans les années 70 à la Kitchen d'Andy Warhol et de Steina et Woody Vasulka, aujourd'hui installé en Californie, ce grand mystique est à la fois un technicien avisé de l'image et du son et un éminent érudit. Il se réfère à la fois au poète islamique du 13ème siècle Rumi, au bouddhiste zen du 18ème Ryokan, au mystique espagnol du 16ème siècle Saint Jean de la Croix et au philosophe de 3ème siècle Plotin. Sans oublier que le maître zen Daien Tanaka est son "héros". Plus que la vidéo, la matière de prédilection de Bill Viola est le temps, celui qui passe et qui gère l'humanité. De fait son obsession est la vie. La vie avant la vie, pendant la vie et après la vie ; La vie en vidéo. Si vidéo veut dire "je vois" c'est avec cette vidéo que Viola regarde notre monde et façonne depuis presque cinquante ans une oeuvre de films, de sculptures et d'installations à vivre. Avant de parler et de filmer, Bill Viola commence toujours ses journées en écrivant chaque matin. Alors, derrière chacune de ses œuvres il y a ce journal de plus de 40 tomes… certain de 1973 à 1994 ont déjà été édités. Car Viola recherche toujours de nouvelles façons de nous faire voir ce que nous n'avons pas vu. Dernière expérience, un jeu vidéo en préparation : The Night Journey. Mais qui est Bill Viola ?

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jeudi 5 septembre 2013

Mueck, moins vrai que nature.

'' Ron Mueck Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris jusqu'au 29 septembre.'' MueckTitre.jpg Après la découverte exceptionnel que fut, en 2005, la première exposition parisienne de l’australien Ron Mueck à la Fondation Cartier. 8 ans plus tard la seconde se devait d'être l’événement de l’année. Or, cette nouvelle immersion dans le monde Gulliveriste de Mueck, laisse un gout de déception. En 2005 In Bed, cette femme géante au chevet de laquelle le public se pressait, était comme notre grands mère malade, un souvenir d'enfance. Le vieillard nu dont la texture de la peau plus vraie que nature était un phénomène de foire. Et la magie d’Alice fonctionnait. MueckGeanteFagots.jpg En 2013, même si le talent de ce sculpteur londonien est intacte, force est de constater que le choix de ses sujets et leurs mise en scène reste primordiale pour que la magie de mueck opère. C'est à ce prix que le gulliverisme de Mueck agisse. Mais rassurez vous l’art de Mueck reste malgré toute une merveilleuse expérience.

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Sous le plus grand chapiteau du monde.

Nouvelles Vagues Palais de Tokyo Paris jusqu'au 09 Septembre 2013. Voici une exposition à tiroirs qui se termine très bientôt. Ce n'est pas une curiosité, mais elle mérite le détour par ses excès de générosité et ses fausses notes répétées. NouvelleVagueTapis_Livre.jpg D'abord, on peut imagine naïvement qu'un lieu d'exposition ouvre ses portes à un ou deux curators indépendants qui choisissent à leur tour un ou deux artistes pour nous raconter une œuvre ou mettre en perspective des pratiques croisées. Or, ici ce n'est pas exactement le cas. Le Palais (nous appellerons comme ça le Palais de Tokyo) est au dessus de ça ! Alors il invite une nuée de jeunes commissaires qui a leur tour exposent (on pourrait dire explosent)une nuée de jeunes (?) artistes... Ce qui transforme le Palais en un jardin extraordinaires, un jardin plein de jeunes pousses, mais sans jardinier... un jardin d'enfants. En deux mots, c'est le grand cirque.

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mardi 23 avril 2013

Keith Haring : Mariage pour tous !

The Political Line Rétrospective Keith Haring au ''Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris'' et au Centquatre, jusqu'au 18 Aout 2013.

Comment imaginer que l'œuvre exposée ce printemps à Paris celle d'un artiste si jeune et depuis si longtemps disparu ? Keith Haring, ça pourrait déjà être de l'histoire ancienne. Il nous a quitté à l'age de 32 ans, c'était au siècle dernier. HaringCarton.jpg Victime du SIDA, il nous a pourtant légué un travail si novateur qu'on 'imagine sans mal comment cet art aurait tenu sa place aujourd'hui. Comment il aurait pu s'emparer des nouveaux medias et de cet espace public fou, spéculatif, interactif, underground et transversal qu'est internet. Comment il aurait pu changer singulièrement l'art et notre façon d'appréhender la vie.... Mais tout ça n'est que spéculations, et il nous aujourd'hui reste cette exposition a deux versants, œuvre testamentaires qui nous montre la voie. Une œuvre qui fait exemple… HaringTETE.jpg HaringTITRE.jpg Car la "peinture" de Keith Haring arrive toujours à marier les extrêmes. Qu'il intervienne dans la rue, dans le métro, dans les galeries, dans les musées, l'art de Haring apprivoise notre œil. Ce travail obsessionnel, du croquis de bittes au graphisme organique, les formes simples du trait de l'artiste fait sens dans une société du signe... tel un geste politique unique.

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mardi 9 avril 2013

De la "petite mort" à la mort photographique d'Antoine d'Agata.

Anticorps rétrospective d'Antoine d'Agata, au BAL jusqu'au 14 avril 2013 à Paris. ADAdebut.jpgADAcontacts.jpg

Il faut d'urgence se précipiter au BAL pour plonger dans l'œuvre mortifère d'Agata, un hymne à la vie. la première fois que j'ai rencontré l'œuvre d'Antoine d'Agat, c'était avec Vortex (un film en diaporama) il y a une dizaine d'années et la dérive morbide que l'on sentait, l'expérience dans la chaire de ce photographe était telle que certain de ses confrères ne voulaient pas partager des tables rondes avec d'Agata. Le sexe et la drogue semblent être les seuls crédos de ce jeune photographe dont les noires immersions dans les no-man land de la lie de l'humanité nous mettent face à face avec notre part d'ombre, celle de voyeur et d'homme poursuivit par sa fin. ADAprotituees.jpg Comme l'esclave chargé de chuchoter à l'oreille des césars "n'oublie pas que tu es mortel", la photographie d'Antoine d'Agata nous renvoie sans cesse à cette fin, qu'elle soit physique ou sociétale au grée d'une mortelle randonnée du corps, des habitats et de l'histoire des peuples. D'Agata poursuivit une plongé personnelle et suicidaire jusqu'au boutiste qui construit un travail de photo journalisme pour l'agence VU tout autour du monde tout à fait singulier. Il revient aujourd'hui avec un constat foudroyant : face aux photos anthropométriques de prostituées et de drogués délinquants trouvés sur internet, face à ces visages ravagées par la vie… ses photos seront jamais à la hauteur de sa vision. Dernière exposition ? Pour un photographie prêt à s'engager dans la fiction du cinéma ? ADAexpovisit.jpg

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mardi 26 mars 2013

Le médias est le bonhomme !

L'Homme Médias Numéro 1 - Fred Forest Centre Des Arts d'Enghien les Bains jusqu'au 31 mars 2013 Fred Forest, est certainement l'artiste qui illustre le plus profondément la pensée Mac Luhannienne "le médias est le médium !" Et ce que le spectateur peut voir à travers cette rétrospective c'est un Homme Médias Numéro 1 qui manipule les médias jusqu'à plus soif depuis plus de quarante ans. Portait_Fred_Forest.jpg En effet nous allons découvrir ou redécouvrir un artiste trop peu montré (souvent censuré ! dit il ) qui donne deux directions à une œuvre unique au monde. D'abord celle d'un art performatif hors normes (performance à laquelle il ajoute une troisième dimension, celle du temps des médias). Et puis une immersion dans le virtuel et les nouveaux médias pour lesquels il demeure à jamais un des grands pionniers.

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samedi 22 décembre 2012

Tableaux pour une exposition(s)

Histoires de fantômes pour grandes personnes. Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger - Le Fresnoy, Studio National d’Art Contemporain, jusqu’au 30 décembre 2012.

Le Fresnoy est un lieu étonnant. Et les expositions que propose cette École, Studio National des Arts Contemporains, sont toujours surprenantes. Histoires de fantômes pour grandes personnes la dernière exposition confiée au théoricien de l’art, philosophe et anthropologue Georges Didi-Huberman, avec la complicité du jeune photographe autrichien Arno Gisinger, en affolera plus d'un.

FantomeDispoangle.jpg

Non seulement parce qu’elle remet en cause l'objet Exposition en réunissant deux réflexions qui font œuvres. Mais parce qu’elle propose des objets artistiques totalement virtuels à travers deux points de vues, un théoriques et un artistiques qui se rejoignent sur trois espaces de monstration.

Fantomeimages_fosse1.jpg

Trois tableaux (au sens scénique du terme) qui nous immergent plus dans une pensée que dans une exposition telle que l’entendent galeries et musées. Voilà une exposition qui risque de faire date dans notre rapport à la vie des images qui nous entourent… et nous habitent.

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dimanche 23 septembre 2012

Tunnels : la grande évasion !

Ça y est, le grand projet de Tunnels autour du monde de Maurice Benayoun (AKA Moben) est en route. BenTunTitre.png Depuis le 11 septembre entre la biennale de San José Zéro un (en Californie) et le Média City de Séoul. Tunnel virtuel, ce premier «des tunnels rhizomatiques», exploration icônographique et lien culurel est en marche… et les visiteurs de la biennale Zéro Un peuvent creuser dans la base de données des images de la Réunion des Musées Nationaux, à la rencontre de leurs homologues coréens… et vis versa. Tunnel_SpeHp.pngTun_Flo.png

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mercredi 12 septembre 2012

Richter Peintre Objectif !

Gerhard Richter, Panorama, Centre Pompidou jusqu’au 26 septembre 2012

Vite, vite… pressez vous vite au centre Pompidou pour cette rétrospective du dernier des peintres classicistes (depuis la mort de Lucien Freud). Peintre Pompier ? Peinture Classique ? S’il sanctuarise sa peinture, Gerhard Richter est un peintre caméléon. Peintre touche à tout dont l’œuvre est d’une clarté sans failles. Artiste d’une génération pour laquelle la peinture s’effaçait devant les grands médias, où la représentation était l’affaire de la photographie et de l’abstraction, époque où l’art émergeant allait de la performance au conceptuel, Richter s’est arcbouté à son art, agrippé à son pinceau en gardant l’œil figuratif. RichAutoportrait.pngRich_Ema.png Devant la soif de capturer, d’imiter, de concurrencer les médias de ses contemporains et des postures conceptuelles de son époque Richter a trouvé sa place et demeure LE peintre contemporain des technologies de l'image qui l’ont accompagnées dans toute cette fin de 20ième siècle. En demeurant peintre, il a su proposer à son médium une rencontre avec la photographie, la vidéo (on n’oublie pas la télé), le polaroid, l’image numérique, sans parler des masse-médias. "J'aime l'insécurité permanente !" proclame cet enfant de la guerre. Le petit Gerhard à 13 ans dans Allemagne en ruine de 1945, des sympathisants nazis dans sa famille et un monde à reconstruire.

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